Allah suffit à celui qui se confie à Lui
Pour soigner une maladie, le Messie Promis (a.s.) ne se limitait jamais à un seul remède : il associait la médecine occidentale et la médecine traditionnelle, consultait les médecins, lisait des ouvrages de médecine et priait. Mais sa véritable confiance reposait sur Dieu seul. Le tawakkul n'interdit donc pas de prendre des dispositions : il faut utiliser les moyens, prier, puis s'en remettre pleinement à Allah.
L'inquiétude fait partie de la nature humaine, et les prophètes la ressentent aussi, comme le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille de Badr. Mais, à la différence des autres hommes, ils ne cèdent jamais au découragement : ils ont la certitude que Dieu ne les abandonnera pas. Le Messie Promis (a.s.) disait que même jeté dans un feu ardent, il resterait convaincu qu'une voix ordonnerait au feu d'être « fraîcheur et paix », comme pour Abraham (a.s.). Lorsque Hadhrat Maulana Nur-ud-Din (r.a.) interpréta le feu d'Abraham comme le feu de la guerre, le Messie Promis (a.s.) lui fit retirer ce passage : il avait reçu la révélation que « le feu est notre serviteur, et même le serviteur de nos serviteurs ». Le désespoir est le propre de ceux qui n'ont pas foi en Dieu ; le croyant, suivant l'exemple des prophètes, ne doit jamais s'y abandonner.
Un soir de Jalsa Salana, alors qu'il n'y avait plus de quoi nourrir les invités, le Messie Promis (a.s.) fit vendre un bijou de son épouse. Quelques jours plus tard, les provisions manquant de nouveau, il déclara : « Nous avons pris les dispositions apparentes ; désormais, Dieu s'en chargera Lui-même. » Le lendemain matin, le facteur apporta une quinzaine de mandats envoyés pour les frais des invités. Une autre fois, au responsable de la cuisine communautaire (Langar) qui demandait de l'argent pour la farine, il répondit qu'il n'en avait pas, mais que Celui dont ce sont les invités s'en occuperait. Peu après, un homme aux vêtements usés lui remit une bourse bien remplie, puis disparut sans laisser de trace. Le Messie Promis (a.s.) disait : « Certains se réjouissent de leurs biens ou de leurs enfants ; moi, je me réjouis que mon Dieu soit Tout-Puissant. »
En 1898, à la demande de son fils, Hadhrat Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad (r.a.), alors âgé de neuf ans, le Messie Promis (a.s.) raconta l'histoire d'un voleur qui renonça à voler après qu'un sage lui eut récité ce verset : « Et dans le ciel se trouvent votre subsistance et ce qui vous est promis. » Dieu pourvut dès lors à tous ses besoins. Il raconta aussi l'histoire d'un sage qui, après trois jours de faim, partit demander du pain en ville. Le chien qui gardait la maison de son ami le suivit, et le sage finit par lui reprocher son insistance, avant de comprendre la leçon : le chien, lui, n'avait jamais quitté le seuil de son maître malgré la faim. De retour chez lui, un repas l'attendait. L'essence du tawakkul est de ne placer sa confiance en personne d'autre qu'Allah. Ces récits montrent aussi que l'éducation à la confiance en Dieu doit commencer dès le plus jeune âge.
Le Messie Promis (a.s.) comparait ceux qui s'épuisent à chercher la fortune par des voies illégitimes à des alchimistes qui ne s'en remettent pas à Dieu. Il proposait, lui, une recette infaillible : « Quiconque craint Allah, Il lui ménage une issue et lui accorde sa subsistance par des voies qu'il n'imagine pas » (Le Saint Coran, 65 : 3-4). Celui qui acquiert la piété (taqwa) ne dépend de personne : Dieu lui accorde ce dont il a besoin avant même qu'il ne le demande. Il relata qu'Allah lui était apparu en vision et lui avait dit : « Si tu es à Moi, le monde entier sera à toi. »
À Delhi, alors que la police avait renoncé à assurer l'ordre lors d'un débat public, le Messie Promis (a.s.) s'y rendit malgré tout, accompagné de douze personnes seulement, face à des milliers d'opposants, sans la moindre trace de peur sur le visage ; Dieu le protégea. Lorsque l'échéance de la prophétie concernant Abdullah Atham approcha et que certains pleuraient d'inquiétude, il leur rappela que nul ne peut avoir plus de zèle que Dieu pour Sa propre parole : le rôle du croyant est de se fier à Lui. Lors du débat avec Atham, à ceux qui voulaient lui préparer des références, il répondit en souriant : « Votre prière suffit. » Une autre fois, à court d'argent, il renonça à emprunter, estimant que ce serait contraire au tawakkul ; au retour de la prière, il trouva dans sa poche un paquet contenant quatre à cinq cents roupies, glissé par un homme pauvrement vêtu. Il rappelait aussi l'histoire du sage qui, établi au rang de la confiance absolue, devait donner quarante et une roupies sur quarante, car il ne lui était pas permis d'accumuler. Et il disait à ses ennemis : « Crains le Jardinier céleste, car je suis un arbre fruitier qu'Il a planté de Sa propre main. »
Sa Sainteté a invité les jeunes, les responsables des Jama'ats et des auxiliaires, les missionnaires et les travailleurs de la Communauté à tirer leçon de cette patience, de cette persévérance et de cette confiance en Dieu : s'ils deviennent eux aussi des arbres porteurs de fruits, Allah les protégera de la même manière.
Hadhrat Maulana Nur-ud-Din (r.a.) égara un jour deux pages manuscrites en arabe du livre Aina-e-Kamalat-e-Islam, que le Messie Promis (a.s.) tenait en haute estime. Loin de se fâcher, celui-ci vint, souriant, s'excuser de la peine causée à Maulana Sahib, assurant qu'Allah lui permettrait d'écrire un texte meilleur encore. Une telle compassion et une telle confiance ne se trouvent que chez les serviteurs choisis de Dieu.
Citant le verset selon lequel Allah a uni les cœurs des croyants autour du Saint Prophète (s.a.w.), ce que tous les trésors de la terre n'auraient pu accomplir (Le Saint Coran, 8 : 64), le Messie Promis (a.s.) affirmait que le Dieu qui a fait cette œuvre par le passé la fera encore. Les groupes fondés sur la seule pensée humaine se divisent et déclinent ; la Communauté, elle, repose sur les promesses de Dieu. Il ne s'agit pas de s'enorgueillir du nombre, mais de transmettre le message de l'Islam au monde entier, ce qui ne peut se réaliser que par la grâce d'Allah, obtenue par une foi parfaite en Lui. Dans ses lettres, il exhortait les éprouvés à la patience et à la confiance en Dieu, évoquant le décès de son propre fils : « Celui qui donne la mort nous est plus cher que celui qui meurt. » À Alexander Russell Webb, il écrivit : comprenez l'Islam véritable, puis servez-le dès maintenant, en vous appuyant sur Dieu plutôt que sur de grands moyens matériels.
« Quiconque s'en remet à Allah, Il lui suffit » (Le Saint Coran, 65 : 4), à condition de le faire d'un cœur sincère, avec patience et persévérance, sans reculer devant les difficultés. Ce monde est passager : l'homme doit réduire ses soucis terrestres et se préoccuper davantage de l'au-delà ; lorsque le souci de la religion l'emporte, Dieu Se charge Lui-même de ses affaires. Évoquant les calamités qui frappent le monde sans que les gens n'y prêtent attention, Sa Sainteté a prié pour que l'humanité se tourne vers son Créateur, et pour que les membres de la Communauté grandissent en foi et en certitude et atteignent les plus hauts degrés de la confiance en Allah.
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