Sermon du : 03.04.2020 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

La bataille d’Al-Jamal et Talha Bin Oubaydillah

Sermon du vendredi 03 avril 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak à Islamabad. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

En raison de la situation prévalant ces jours-ci et des lois promulguées par l’État, il est impossible de prononcer un sermon en ayant devant soi des fidèles et des auditeurs. On a pris les mesures nécessaires pour que je prononce le sermon de la mosquée dans le respect des lois. Il existe, en tout cas, des milliers, voire des centaines de milliers de personnes, qui écoutent le sermon dans le monde, même s’il y a ou pas des fidèles devant moi dans la mosquée. Nous devons nous évertuer à maintenir cette unité et prier en ce sens. Qu’Allah fasse que la situation s’améliore, qu’Il mette fin à cette épidémie et qu’Il fasse retourner la beauté de la mosquée [par la présence des fidèles].

Je me tourne à présent vers le sujet du sermon. Dans deux sermons précédents j’avais évoqué Talha Bin ‘Oubaydillah. Il était tombé en martyr lors de la bataille d’Al-Jamal et j’avais expliqué que j’en ferai mention à l’avenir. Aujourd’hui je vais en parler et répondrai, dans une certaine mesure, à certaines questions sur la bataille d’Al-Jamal.

Avant son décès [le Calife] ‘Oumar avait mis en place un comité sur le califat. Le récit suivant du Sahih d’Al-Boukhari présente des explications à ce propos. « Lorsque la mort d’Oumar était proche, le peuple lui a suggéré ceci : « Ô Émir des Croyants ! Nommez un successeur. » ‘Oumar a répondu : « À mes yeux, personne n’est plus digne de ce poste que ceux avec lesquels le Messager d’Allah (s.a.w.) était satisfait avant sa mort. » Puis ‘Oumar a mentionné ‘Ali, ‘Outhman, Zoubayr, Talha, Sa’d et ‘Abdour-Rahman bin ‘Awf et a dit : « ‘Abdoullah bin ‘Oumar participera avec vous mais ne sera pas éligible d’être élu [Calife]. » Ceci a été dit afin de réconforter ‘Abdoullah. « Si le califat est donné à Sa’d, il sera Calife : sinon, quiconque est élu Emir parmi vous devra demander son aide, car je ne l’ai pas écarté en raison de quelque incompétence ou quelque malhonnêteté. » ‘Oumar a ajouté : « Je recommande à mon successeur de prendre soin des premiers émigrants, de reconnaître leurs droits et de protéger leur honneur et tout ce qui leur est sacré. Je lui recommande également d’être bienveillant à l’égard des Ansar qui avaient fait de la place dans leurs demeures pour la foi avant d’y accueillir les émigrants. Je lui recommande d’accepter le bien des justes parmi eux. Je lui recommande d’être bienveillant à l’égard de tous les habitants de la ville, car ils sont les protecteurs de l’islam, la source de richesse et la source de contrariété pour l’ennemi. Je lui recommande également que rien ne leur soit pris, sauf de leur surplus avec leur consentement. Je recommande également qu’il soit bienveillant envers les Bédouins arabes, car ils sont à l’origine des Arabes et la matière [première] de l’islam. [Le prochain Calife] ne devra prendre de leurs biens que ce dont ils n’ont pas besoin et devra le distribuer aux pauvres parmi eux. Je lui recommande également de respecter l’engagement pris avec les protégés (Dhimmis) d’Allah et de Son Envoyé, de les défendre et de ne pas les surcharger de ce qui dépasse leurs capacités. »

[Le rapporteur ajoute] : « Quand ‘Oumar est décédé, nous l’avons transporté à pied. Abdoullah bin ‘Oumar a salué ‘Aïcha et a dit : « ’Oumar bin Al-Khattab demande la permission [d’entrer]. » ‘Aïcha a dit : « Amenez-le. » Il a été transporté [à l’intérieur de la chambre d’Aïcha] et inhumé aux côtés de ses deux Compagnons. L’enterrement terminé, le groupe (recommandé par ‘Oumar) a tenu une réunion. ‘Abdour-Rahman bin ‘Awf a déclaré : « Choisissez entre trois candidats [au poste de Calife]. » Zoubayr a commenté : « Je renonce à mon droit en faveur d’Abdour Rahman Bin ‘Awf. » Celui-ci de dire à ‘Ali et ‘Outhman : « Celui d’entre vous qui est prêt à renoncer à son droit de candidature, nous lui remettrons le Califat, en gardant à l’esprit qu’Allah et l’islam seront ses témoins. » C’est-à-dire, il devra suggérer le nom de celui qui le mérite ce rôle le plus aux yeux d’Allah.

Tous deux (c’est-à-dire ‘Outhman et ‘Ali) ont gardé le silence. ‘Abdour-Rahman a demandé : « Souhaitez-vous me confier le verdict ? Je prends Allah comme témoin que je ne choisirai que le meilleur d’entre vous. » Ils ont répondu : « Oui ! » ‘Abdour-Rahman a pris la main d’Ali et a dit : « Vous êtes apparenté au Messager d’Allah (s.a.w.) et l’un des premiers musulmans, comme vous le savez bien, et Allah est votre témoin. Je vous demande par Allah de promettre que vous dirigerez en toute équité si je vous sélectionne comme Emir et si je choisis ‘Outhman comme Emir, vous l’écouterez et lui obéirez. » Puis il a pris ‘Outhman en aparté et lui a demandé de faire la même promesse. Quand ‘Abdour-Rahman a obtenu leur promesse il a annoncé : « Ô ‘Outhman ! Etendez votre main ! » et il lui a prêté le serment d’allégeance. Puis ‘Ali lui a prêté allégeance ; et ensuite les autres membres de la famille sont venus prêter allégeance eux-aussi. » Ceci est un hadith tiré du recueil d’Al-Boukhari.

Le Mouslih Maw’oud (r.a.) explique ceci à propos de l’élection d’Outhman comme Calife. « Ayant été blessé et sentant qu’il vivait ses derniers moments, [le Calife] ‘Oumar a nommé six personnes d’entre lesquels le prochain Calife serait élu. Il s’agissait d’Outhman, d’Ali, d’Abdour Rahman Bin ‘Awf, Sa’d Bin Abi Waqqas, Zoubayr et Talha. Il avait aussi nommé ‘Abdoullah Bin ‘Oumar comme membre de ce conseil, mais il n’aurait pas le droit d’être candidat à l’élection de Calife. Le Calife [‘Oumar] a enjoint que l’élection devra se faire dans un délai de trois jours durant lesquels Souhayb officiera comme Imam. Miqdad Bin Al-Aswad devra superviser le conseil, réunir tous ses membres et leur enjoindre de rendre leur verdict. Il devra, lors des délibérations, monter la garde devant la porte, l’épée au clair. Tous les musulmans devront prêter allégeance à celui qui recevra le plus grand nombre de voix. Celui qui refusera de le faire sera mis à mort. Mais si deux [candidats] ont tout deux trois voix en leur faveur, celui que choisira ‘Abdoullah Bin ‘Oumar sera élu Calife. Si le conseil n’est pas satisfait du choix, celui que choisira ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf sera élu Calife. Étant donné que Talha n’était pas présent à Médine, les cinq membres [restants] ont tenu conseil mais ne sont pas arrivés à une décision. Après de longs débats, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a déclaré : « Celui qui souhaite retirer sa candidature peut le faire. » Étant donné que tout le monde était silencieux, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a retiré son nom de la liste de nominés. ‘Outhman en a fait de même ainsi que deux autres. ‘Ali est demeuré silencieux. En fin de compte il a demandé à ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf de promettre qu’il ne fera pas preuve de partialité dans sa décision. Celui-ci en a fait la promesse et le verdict a été placé entre ses mains. ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf a visité toutes les maisons de Médine durant trois jours et a demandé aux hommes et aux femmes de nommer celui qu’ils préféraient comme Calife. Tous ont parlé en faveur d’Outhman. C’est ainsi qu’Abdour Rahman Bin ‘Awf a nommé ‘Outhman, qui est devenu Calife. » C’était là un compte rendu du Mouslih Maw’oud basé sur divers récits historiques.

Selon Fath Al-Bari, l’exégèse du Sahih Al-Boukhari, Talha n’était pas présent au moment où le Calife ‘Oumar avait fait ses derniers vœux. Il se peut qu’il soit retourné à Médine après la mort d’Oumar. On dit aussi qu’il y était retourné après la fin du conseil [électoral]. Mais selon le récit le plus authentique, il est retourné après qu’on avait prêté allégeance au Calife ‘Outhman. En tout cas, ‘Outhman a été élu Calife et l’organisation a tourné comme à l’accoutumée. Quand le Calife ‘Outhman est tombé en martyr, tout le monde, dont les compagnons et les Tabi’ine, a couru vers ‘Ali. Ils clamaient tous [en cours de route] : « ‘Ali est l’Émir des Croyants » jusqu’à ce qu’ils soient arrivés devant sa porte. Ils lui ont annoncé : « Nous vous prêtons allégeance. Tendez votre main car vous êtes la personne la plus digne à cet égard. » ‘Ali a répondu : « Cette tâche ne vous revient pas, elle revient aux compagnons de Badr. Celui qu’ils choisiront sera élu Calife. » Tous les compagnons de Badr se sont présentés à Ali et ont déclaré : « Nous ne voyons personne qui soit plus digne que vous pour ce poste. Tendez votre main afin que nous puissions vous prêter allégeance ! »

‘Ali a demandé : « Où sont Talha et Zoubayr ? » Talha est le premier à lui prêter allégeance verbalement et Sa’d est celui qui lui a prêter allégeance sur sa main. Ensuite, ayant vu cela, ‘Ali est monté sur la chaire de la mosquée : Talha a été le premier à lui prêter allégeance. Zoubayr et les autres compagnons l’ont fait par la suite.

On demande si Talha, Zoubayr et ‘Aïcha avaient prêté allégeance ou non à ‘Ali. Le Mouslih Maw’oud en a fait mention dans un de ses discours en répondant à certaines objections de Khawaja Kamal-ud-Din. Ces explications sont très importantes : c’est pour cette raison que je les évoque ici. Le Mouslih Maw’oud déclare : « N’étayez pas vos arguments en vous basant [sur les récits affirmant] que Talha, Zoubayr et ‘Aïcha n’avaient pas prêté allégeance à ‘Ali. Ils n’avaient pas renié le califat : leur différend concernait les meurtriers d’Outhman. Celui qui vous a dit qu’ils n’ont pas prêté allégeance à ‘Ali se trompe. ‘Aïcha avait reconnu son erreur et elle était retournée à Médine. Talha et Zoubayr ne sont pas morts avant d’avoir prêté allégeance à ‘Ali. »

Je vous présente quelques références à ce propos. Ci-dessous est un récit tiré du deuxième volume d’Al-Khasa’is Al-Koubra. Je laisse de côté la partie arabe et présente la traduction. Hakim relate que Thawr Bin Majza lui a raconté ceci : « Je suis passé tout près de Talha le jour de la bataille d’Al-Jamal. Il était à l’agonie et m’a demandé : « À quel groupe appartiens-tu ? » J’ai répondu : « J’appartiens à la Jama’at d’Ali, l’Émir des Croyants. » Il m’a dit : « Tends-moi ta main afin que je puisse te prêter allégeance. » Ainsi, il a prêté allégeance sur mes mains avant de rendre l’âme. J’ai relaté tout l’incident à ‘Ali. Il a déclaré : « Allahou Akbar ! La parole de l’Envoyé d’Allah s’est accomplie ! Allah a souhaité que Talha n’entre pas au paradis sans m’avoir prêté allégeance. Il faisait partie en effet des Dix Bienheureux auxquels le paradis avait été promis. »

Un jour on avait relaté la bataille d’Al-Jamal à Aïcha. Elle a demandé : « Les gens parlent-ils à ce propos ? » Quelqu’un a répondu : « Oui. » Sur ce elle a dit : « Si seulement j’étais restée à la maison comme les autres ce jour-là ! J’aurais voulu enfanter pour le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dix fils ressemblant à ‘Abdour Rahman Bin al-Harith Bin Hicham ! »

Talha et Zoubayr faisaient partie des Dix Bienheureux auxquels le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait donné la bonne nouvelle du paradis. La parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’accomplira certainement. D’ailleurs ils avaient mis fin à leur soulèvement et s’en étaient repentis. » Ceci était un récit présenté par le Mouslih Maw’oud.

Il évoque ici-bas le martyre d’Outhman, le serment d’allégeance aux mains d’Ali et la bataille d’Al-Jamal. « Le groupe d’assassins s’était éparpillé et accusait les autres afin de s’absoudre. Quand ils ont su que les musulmans avaient prêté allégeance à ‘Ali, ils ont trouvé là une occasion propice pour lui faire porter le chapeau. D’ailleurs c’était vrai que certains des assassins d’Outhman s’étaient réunis autour d’Ali. Ceci a offert une occasion en or à ces rebelles et hypocrites. Ceux d’entre eux qui sont partis pour La Mecque ont poussé ‘Aïcha à annoncer le Jihad afin de venger ‘Outhman. Elle a fait cette annonce et a demandé l’aide des compagnons. Talha et Zoubayr avaient prêté allégeance à ‘Ali sur la condition qu’il se vengera dans les plus brefs délais contre les assassins d’Outhman. Or, ils n’ont pas bien interprété le sens de « dans les plus brefs délais ». ‘Ali quant à lui ne jugeait pas opportun d’agir avec empressement : en cela résidait leur différend. ‘Ali accordait prééminence à la consolidation de l’ordre dans les provinces et d’ensuite s’occuper de la punition des assassins. Cela, car l’objectif premier était la protection de l’islam : il n’y avait aucun mal remettre à plus tard l’affaire des assassins. Il existait aussi des différends concernant l’inculpation des assassins. ‘Ali, tout naturellement, ne doutait pas que les chefs de file de cette rébellion étaient ceux qui, à la première heure, s’étaient présentés à lui la mine toute triste pour lui faire part de leur crainte quant à la dissension menaçant l’islam. Les autres avaient des doutes à leur propos. En raison de cette différence d’opinions, Talha et Zoubayr ont cru qu’Ali ne respectait pas sa promesse. Ils lui avaient prêté allégeance sur une condition qu’Ali n’avait pas respectée. C’est pour cette raison qu’ils se croyaient absous du serment d’allégeance aux yeux de la Charia. Ils se sont joints à ‘Aïcha lorsqu’ils ont entendu son annonce. Tous sont partis vers Bassora. Le gouverneur de la ville a empêché les habitants de rencontrer ‘Aïcha. Mais lorsqu’ils ont su que Talha et Zoubayr avaient prêté allégeance à ‘Ali sur une condition, la majorité d’entre eux se sont joints à eux. Quand ‘Ali a eu la nouvelle de la présence de cette armée, il en sa préparé une autre et il est parti vers Bassora. Là-bas, il a envoyé un émissaire à ‘Aïcha, Talha et Zoubayr. L’émissaire s’est présenté en premier à Aïcha et lui a demandé qu’elles étaient ses intentions. Elle a répondu qu’elle ne souhaitait que la réforme. Ensuite l’émissaire est parti à la rencontre de Talha et de Zoubayr et leur a demandé s’ils se battaient pour les mêmes raisons. Ils ont répondu à l’affirmatif. L’émissaire a expliqué : « Si c’est bien là votre intention, la méthode que vous avez adoptée n’est pas propice à la réforme : elle n’engendrera que des troubles. La situation est telle dans le pays que si vous tuez un individu des milliers d’autres se soulèveront pour le venger. D’autres personnes se joindront à eux pour les soutenir. La réforme exige d’unir le pays dans un premier temps et de punir les fauteurs de troubles par la suite. Sinon châtier autrui dans cet état d’anarchie attisera davantage de troubles dans le pays. Il faudra établir l’autorité de l’Etat dans un premier temps : il châtiera les coupables. » En entendant cela, ils ont déclaré : « Si telle est l’intention d’Ali, qu’il vienne. Nous sommes prêts à le soutenir. Sur ce, cet individu a informé ‘Ali et les représentants des deux parties se sont rencontrés et ils sont arrivés à la conclusion que la bataille était malvenue et que la réconciliation était plus propice. »

Les suivants d’Abdoullah Bin Saba et les assassins d’Outhman ont été fort troublés lorsqu’ils ont entendu cela. Un groupe parmi eux s’est réuni dans le secret. Ils ont conclu que la réconciliation entre les musulmans leur sera très préjudiciable, car ils seront à l’abri du châtiment qu’ils méritent pour avoir tué ‘Outhman tant que les musulmans s’entre-tueront. S’il y a réconciliation et paix, ils ne seront pas en paix, quant à eux. C’est pour cette raison qu’il fallait empêcher la réconciliation coûte que coûte.

Entre-temps, ‘Ali est arrivé et le lendemain il a rencontré Zoubayr. Ali lui a demandé : « Vous avez préparé une armée pour vous battre contre moi. Mais avez-vous aussi préparé l’excuse que vous présenterez à Dieu pour avoir pris les armes contre moi ? Pourquoi souhaitez-vous détruire de vos mains cet islam établi au prix de grandes souffrances ? Ne suis-je pas votre frère ? Pourquoi naguère notre sang nous était-il interdit et qu’il nous est permis à présent de le faire couler ? Cela aurait été permis si la donne avait changé. Mais étant donné que rien n’a changé, qu’elle est la raison de ce conflit ? »

Talha, qui était avec Zoubayr, a déclaré : « Vous avez incité les gens à tuer ‘Outhman. » ‘Ali a répondu : « Je maudis ceux qui l’ont assassiné ! » Et il a dit à Zoubayr : « Te souviens-tu quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) t’avait dit : « Par Allah ! Tu te battras contre ‘Ali ! Et tu seras un injuste ! » En entendant cela Zoubayr est retourné vers son armée et a juré qu’il ne se battra pas contre ‘Ali. Il a aussi avoué qu’il avait commis une erreur de jugement. Quand la nouvelle s’est répandue, tout le monde était rassuré qu’il n’y aura pas de bataille et qu’on allait se réconcilier. Mais les fauteurs de troubles étaient fort tourmentés. La nuit, ils ont comploté pour mettre fin à la trêve. Ceux qui étaient avec ‘Ali devaient lancer la nuit un assaut contre l’armée d’Aïcha, de Talha et de Zoubayr. Et ceux [des rebelles] qui étaient dans l’armée de ces derniers devaient lancer un assaut de nuit sur l’armée d’Ali. Cela a semé la confusion et chacun pensait que l’autre l’avait trompé, tandis que c’était là un complot des partisans [d’Abdoullah bin] Saba. Quand la bataille a éclaté, ‘Ali a demandé qu’on en informe ‘Aïcha, dans l’espoir qu’Allah mette fin à cette anarchie par son entremise. On a fait avancer le chameau d’Aïcha mais les conséquences se sont révélés être encore plus dangereuses. Lorsque les fauteurs de troubles ont constaté que leur plan a été renversé, ils ont commencé à décocher des flèches contre le chameau d’Aïcha. Celle-ci a commencé à crier : « Cessez le combat ! Souvenez-vous d’Allah et du dernier Jour ! » Mais les rebelles n’ont pas cessé d’envoyer des flèches sur le chameau d’Aïcha. Les gens de Bassora, qui l’entouraient, ont été fort courroucés de constater cet outrage à l’endroit de la Mère des Croyants. Ils ont dégainé leurs épées et ont lancé l’assaut contre l’armée adverse et le chameau d’Aïcha s’est retrouvé au centre de la bataille. Les compagnons et des braves l’ont entouré et ils ont été tués un par un sans pour autant abandonner les rennes du chameau. Zoubayr, quant à lui, ne s’était pas joint à la bataille et s’était éloigné. Mais un infâme l’a poursuivi et l’a tué tandis qu’il était en prière. Talha a été tué par les rebelles en pleine bataille. Quand la bataille faisait rage, on a compris que celle-ci ne prendra pas fin tant qu’on n’écarte pas ‘Aïcha. C’est alors que certains ont tranché les pattes de son chameau et ont placé le hawdah à terre. C’est là que la bataille a pris fin. Cette bataille avait rendu le visage d’Ali rouge de tristesse ; mais le mal était fait. Il a été fort triste lorsqu’on a découvert la dépouille de Talha parmi les morts. Tout cela démontre que les compagnons n’étaient pas responsables de ce conflit. C’était un complot fomenté par les assassins d’Outhman.

Talha et Zoubayr ont rendu l’âme en ayant prêté allégeance à ‘Ali car ils avaient changé d’intention et avaient promis de le soutenir. Mais ils ont été tués par des fauteurs de troubles. ‘Ali a maudit leurs assassins. »

Le Mouslih Maw’oud a ainsi commenté sur la bataille d’Al-Jamal et le martyre de Talha : « Les plus éminentes personnalités, lorsqu’apparaissent les Prophètes, sont ceux qui l’acceptent au tout début. Tout musulman sait qu’après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), les plus éminents parmi les musulmans sont Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Outhman, ‘Ali, Talha, Zoubayr, ‘Abdour Rahman Bin ‘Awf, Sa’d et Sa’id. Ils n’étaient pas les plus éminents parce qu’ils étaient les plus aisés mais parce qu’ils avaient enduré le plus de souffrances pour la cause de la religion. Talha était vivant après le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lorsque des différends ont éclaté entre les musulmans après le martyre d’Outhman, les leaders du groupe qui affirmaient qu’on devait venger sa mort étaient Talha, Zoubayr et ‘Aïcha. Mais le deuxième groupe a déclaré que les musulmans étaient divisés : tout le monde d’ailleurs doit mourir tôt ou tard. Il fallait dans un premier temps réunir les musulmans afin de maintenir la gloire et la grandeur de l’islam. On pouvait se venger plus tard. Le leader de ce deuxième groupe était ‘Ali. Le différend a pris une telle ampleur que Talha, Zoubayr et ‘Aïcha sont allés jusqu’à dire qu’Ali souhaitait protéger ceux qui ont tué ‘Outhman. Ali, quant à lui, les a accusés d’accorder priorité à leurs desseins personnels sur les avantages de l’islam. Ces différends avaient atteint leur paroxysme et la bataille a débuté entre eux. ‘Aïcha était à la tête de son armée. Talha et Zoubayr avaient également participé à cette bataille. Zoubayr était dans la partie adverse, mais par la suite il s’était mis à l’écart après avoir entendu ‘Ali. Talha souhaitait également se réconcilier mais les hypocrites ou les fauteurs de trouble ont attisé la discorde. En tout cas, la bataille faisait rage entre les deux groupes quand un compagnon a rencontré Talha et lui a demandé : « Te souviens-tu du moment où nous étions en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et qu’il avait déclaré : « Talha ! Un jour, toi et ‘Ali serez dans deux armées différentes. ‘Ali aura raison et toi tu seras dans l’erreur. » Les yeux de Talha se sont ouverts en entendant cela. Il a déclaré : « Oui ! Je m’en souviens ! » Et il a quitté cette armée sur-le-champ. Lorsqu’il quittait la bataille afin que [le but de] la parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’accomplisse, un infâme appartenant aux soldats d’Ali l’a tué d’un coup de poignard dans le dos. L’assassin de Talha, croyant qu’il recevra une grande récompense, est parti voir ‘Ali et lui a annoncé : « Ô Émir des croyants ! Je vous donne la nouvelle de la mort de votre ennemi. » ‘Ali lui a demandé : « Quel ennemi ? » L’autre a dit : « Ô Émir des Croyants ! J’ai tué Talha ! » ‘Ali lui a dit : « Ô homme ! Je te donne la bonne nouvelle de la part du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) que tu finiras en enfer, car il avait dit en présence de Talha et de la mienne : « Ô Talha ! Tu seras humilié pour la cause de la vérité et de la justice. Quelqu’un te tuera, mais Allah le jettera en enfer. »

Les soldats d’Ali, de Talha et de Zoubayr étaient face à face. Talha était toujours sur place, avant qu’il ne quittât le champ de bataille après qu’un compagnon lui eut rappelé le hadith. Il était en train de présenter ses arguments lorsque quelqu’un lui dit : « Eh, toi, le manchot ! Tais-toi ! » En effet Talha avait complètement perdu l’usage d’une main. Lorsque l’autre a prononcé cette phrase, Talha lui a demandé : « Sais-tu comment j’ai perdu cette main ? Lors de la bataille d’Ouhoud, quand les musulmans se sont dispersés, il n’y avait que douze compagnons autour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Nous étions entourés de trois mille soldats mécréants et ils décochaient des flèches sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de toutes parts. Ils se disaient que s’il mourrait, ce conflit prendrait fin. Toutes les flèches des arcs ennemis étaient dirigées sur le visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’est là que j’ai placé ma main devant son visage. Toutes les flèches ennemies ont atteint cette main tant et si bien que je l’ai perdue et il ne me restait qu’un moignon. Mais je n’ai pas enlevé ma main du visage du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Le Mouslih Maw’oud (r.a.) a évoqué la bataille d’Al-Jamal en disant : « Une personne s’exclama « Le manchot est mort ! » Les compagnons qui l’entendirent lui dirent : « Malheureux ! Sais-tu comment a-t-il perdu l’usage de sa main ? Au cours de la bataille d’Ouhud, lorsqu’en raison d’un malentendu, les troupes des compagnons fuyaient le champ de bataille, les mécréants ont appris que le Saint Prophète (s.a.w.) était seul avec quelques compagnons. Dès lors, un groupe de près de trois mille soldats les a encerclés et des centaines d’archers ont brandi leurs arcs et ont visé le visage du Saint Prophète (s.a.w.) afin de le déchiqueter par une pluie de flèches. A ce moment, Talha s’était présentée pour protéger le visage béni du Saint Prophète (s.a.w.) : il plaça sa main devant le visage du Saint Prophète (s.a.w.) et chaque flèche qui était tirée atteignait sa main. Ainsi les flèches l’atteignaient, au point que les blessures s’aggravèrent. En raison d’un grand nombre de blessures les muscles de la main de Talha furent endommagés et il a ainsi perdu l’usage de sa main. Celui que tu appelles le manchot par mépris possède un handicap dont chacun d’entre nous jalouse la bénédiction. »

Rabi’ bin Hiraj rapporte qu’il était assis en compagnie d’Ali lorsque ‘Imran, fils de Talha s’est présenté. Il a salué ‘Ali, qui lui a dit : « Bienvenue, ‘Imran bin Talha ! Bienvenue ! » Imran bin Talha a déclaré : « O Émir des Croyants ! Vous me souhaitez la bienvenue tandis que vous avez tué mon père et avez pris mes biens. » ‘Ali a répondu : « Tes biens sont préservés séparément au sein de la Bait-ul-Mal. Demain matin, tu pourras les récupérer. » Selon une autre tradition, ‘Ali a déclaré : « Je les avais pris afin que les gens ne les détournent pas. Pour ce qui est de l’assassinat de ton père, j’espère que moi et ton père ferons partie des personnes au sujet desquelles Allah l’Exalté a déclaré :

وَنَزَعْنَا مَا فِي صُدُورِهِمْ مِنْ غِلٍّ إِخْوَانًا عَلَى سُرُرٍ مُتَقَابِلِينَ

« Nous effacerons toutes les rancœurs de leurs cœurs, ils seront tels des frères assis sur des canapés l’un en face de l’autre. » (15 : 47)

Muhammad al-Ansari rapporte de son père que lors de la bataille d’Al-Jamal, un homme est venu auprès d’Ali et a dit : « Permettez à l’assassin de Talha d’entrer. » Le rapporteur a déclaré qu’il a entendu ‘Ali dire : « Annonce à l’assassin qu’il mérite l’Enfer. » Lorsque Talha est tombé en martyr et qu’Ali a vu sa dépouille, la poussière au visage, il a déclaré : « Ô Abou Muhammad ! Cela est choquant pour moi de te voir sous les étoiles, enduit de poussière ! » Ensuite il a ajouté : « Je fais part à Allah de mes erreurs et de ma tristesse. » Ensuite il a prié qu’Allah répande Sa grâce sur Talha et a déclaré : « Si seulement j’avais quitté ce monde vingt ans plus tôt ! » ‘Ali et ses compagnons ont beaucoup pleuré. ‘Ali a entendu une fois une personne réciter ces vers : « Il était un jeune homme qui s’entourait de ses amis lorsqu’il était riche. Lorsqu’il était dans le besoin, il s’éloignait d’eux. » ‘Ali a déclaré : « Ces vers s’appliquent à Abou Muhammad Talha bin ‘Oubaydillah. Qu’Allah répande Sa grâce sur lui. » Ici se terminent les récits sur Talha.

Je vais présenter un écrit du Messie Promis (a.s.) par rapport à la situation actuelle. Un jour, il a déclaré à Mufti Saheb : « Permettez à la lumière d’entrer dans vos maisons (Il s’agit de l’époque où la peste se propageait) et maintenez-les très propres. Il faut également veiller à la propreté des vêtements. » Le Messie Promis (a.s.) ajouta : « Ces temps-ci les journées sont difficiles et l’air est toxique, et le fait de veiller à la propreté fait partie de la Sounnah. Le Saint Coran affirme aussi :

وَثِيَابَكَ فَطَهِّرْ ۞ وَالرُّجْزَ فَاهْجُرْ

« Et quant à tes vêtements, purifie-les. Et éloigne-toi de toute impureté. » (74 : 5-6)

À une autre occasion, le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Les habitants des villes et des villages où sévit la peste avec virulence ne doivent pas quitter ces endroits pour se rendre ailleurs. Veillez à la propreté de vos maisons, chauffez-les et prenez des précautions. Par-dessus tout repentez-vous sincèrement. Opérez des changements purs en vous et réconciliez-vous ainsi avec Dieu. Réveillez-vous la nuit pour la prière de Tahajjoud et faites des supplications. »

Le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Seule une véritable réforme peut préserver de ce châtiment divin. »

Qu’Allah permette à tous les ahmadis de prier à foison durant ces jours. Suivez également les consignes de leur gouvernement. Veiller à la propreté au sein de vos foyers. Purifier-les avec de l’encens. Utilisez également des aérosols désinfectants qui sont disponibles. Qu’Allah répande Sa grâce et Sa miséricorde sur tout le monde. Priez beaucoup durant ces jours. Qu’Allah nous en accorde l’opportunité à tous.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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