Sermon du : 05.02.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Le mensonge : péché capital en Islam

Lors d’une Jalsa à l’époque du Messie Promis (a.s.), un orateur affirma dans son discours qu’une seule différence [d’opinion] démarquait la communauté Ahmadiyya des autres musulmans, notamment le fait que ces derniers croient que Jésus-Christ soit monté physiquement au ciel tandis que les ahmadis croient qu’il est mort. Étant donné que cette unique explication ne suffit guère pour clarifier plusieurs faits ainsi que le but de son avènement, le Messie Promis (a.s.) prit note de ladite explication en dépit d’être souffrant ce jour-là. Et le 27 décembre 1905, il prononça un discours pour clarifier cette question.

Dieu ne l’avait pas envoyé pour accentuer cette seule différence et n’était pas contraint de fonder cette communauté pour une tâche aussi minime, déclara le Messie Promis (a.s.). Son avènement comprend plusieurs objectifs. La croyance en la mort de Jésus nous distingue certes des autres musulmans : cependant ces derniers ont aussi sombré dans la décadence.

Allah a envoyé le Messie Promis (a.s.) pour la réforme des musulmans eu égard au renoncement du mensonge et au maintien de la vérité. [La violation de ces deux règles] est d’ailleurs la cause du déclin des musulmans.

Le Messie Promis (a.s.) conseille ses suivants de rehausser la norme de leur véridicité : les ahmadis doivent se distinguer des autres à cet égard. Il ne leur suffit pas de croire [en lui] et d’accepter [la raison d’être] de son avènement. Je citerai les propos du Messie Promis (a.s.) à cette fin.

Si nous analysons notre état à la lumière de ces conseils beaucoup parmi nous constateront que nous n’avons pas atteint la norme qu’exige le Messie Promis (a.s.) de la part de ses suivants.

Une distinction du véritable croyant selon Allah est :

لَا يَشْهَدُونَ الزُّورَ

à savoir qu’ils ne donnent pas de faux témoignages. Allah nous enjoint aussi de répudier le polythéisme et le mensonge. Il a lié ces deux péchés : le mensonge équivaut au Shirk.

Allah qualifie le mensonge d’Az-Zour dans le Coran. Zour signifie : le mensonge, les fausses déclarations, le faux témoignage, associer des partenaires à Dieu, les réunions où l’on s’adonne au mensonge impudemment, où l’on chante et l’on se livre à des actes puérils. Le croyant ne ment pas, il évite les lieux où se réunissent ceux qui commettent des actes puérils et ceux qui mentent. Il n’associe personne à Dieu et il évite aussi les lieux où l’on s’adonne à des pratiques polythéistes. Il ne donne d’ailleurs aucun faux témoignage. Si chacun d’entre nous évitait à ce point le mensonge, nous pourrions apporter en nous un changement qui fera de nous de véritables croyants.

Je citerai la partie du discours du Messie Promis (a.s.) dans lequel il évoque le mensonge. Ecoutez ses conseils attentivement. Beaucoup parmi nous doivent réfléchir à ce sujet aujourd’hui.

Évoquant les causes de la corruption et de la division des musulmans, le Messie Promis (a.s.) affirme : « L’amour de ce monde est la raison de la dissension interne qui mine les musulmans. S’ils préféraient le plaisir divin, ils auraient compris, sans grande difficulté, dans quelle communauté se trouvent les principes les plus louables et ils s’y seraient joints afin d’être unis.

Étant donné que ces maux ont pris naissance suite à leur amour de cette vie terrestre, comment conférer le titre de musulmans à ceux qui se dévient de la voie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ?

Allah déclare :

قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ

Si vous aimez Allah, suivez-moi [c’est-à-dire le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] et Allah sera votre ami.

Les musulmans préfèrent l’attachement de ce monde à l’amour divin et à l’obéissance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Abandonner la foi pour s’empêtrer dans le monde est-elle une manière de suivre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’était-il voué corps et âme à cette existence terrestre ? Etait-il coupable d’usure ? Négligeait-il le respect des ordonnances divines ? Était-il – qu’Allah nous en préserve – un hypocrite ? Préférait-il la vie d’ici-bas à la spiritualité ? Réfléchissez un tant soit peu. L’obéissance signifie suivre les pas du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il préférait la spiritualité à ce monde et pas le contraire. Marchez sur ses pas et constatez les faveurs que Dieu vous accordera.

Les compagnons ont suivi cette voie : voyez vers quels sommets Dieu les a portés. Ils avaient rejeté l’existence d’ici-bas et s’étaient entièrement départis de son attrait. Ils avaient tué leurs désirs. Comparez votre état aux siens. Suivez-vous leur voie ? Malheureusement les gens ne saisissent pas ce que Dieu souhaite de leur part. Le mal a engendré beaucoup d’enfants. L’on n’est point gêné de présenter un faux témoignage au tribunal pour quelques sous. Les avocats peuvent-ils jurer que tous leurs témoins sont véridiques ? »

Le deuxième Calife relate l’incident ci-dessus raconté par Mirza Sultan Beg Saheb, qui était un juge.

« Une connaissance s’est présentée au tribunal le jour où ses témoins devaient comparaître, raconte Mirza Sultan Beg Saheb, et il m’a demandé de lui fixer une autre date étant donné que son témoin n’était pas venu.

Je lui ai dit sur un ton plaisant : « Je te croyais plus intelligent, mais tu as prouvé le contraire. Pourquoi attendre ton témoin ? Sort du tribunal et offre quelques sous à n’importe qui et il témoignera en ta faveur ! »

L’intéressé a apporté trois personnes comme témoins quelques instants après. Quand je les interrogeais ils répondaient [sans hésiter] : « Oui ! J’ai vu cet incident. » Je pouffais de rire en mon for intérieur, voire je leur riais au visage. Suite à mon incitation, l’intéressé avait apporté des témoins qui me mentaient effrontément, en jurant au nom de Dieu et en posant la main sur le Coran. Quand ils ont fini de présenter leur témoignage je leur ai dit : « N’avez-vous pas honte de mentir la main posée sur le Coran et de vous présenter à moi ? »

Voilà l’état des témoins. La situation est la même aujourd’hui comme constaté dans la plupart des procès intentés contre la djama’at. Des individus ignorant tout de l’affaire en question sont présentés comme témoins.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « La situation du monde est encore plus grave aujourd’hui. Porter de faux témoignages et intenter de faux procès sont des pratiques courantes. On fabrique aussi de faux certificats (en offrant quelques sous à un fonctionnaire.) […] l’on s’écarte loin de la vérité en toute chose. »

La situation est pire aujourd’hui.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « Demandez à ceux qui considèrent que cette communauté n’a aucune raison d’être : [la pratique des musulmans] est-elle [conforme] à la religion apportée par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ?

Le Messie Promis (a.s.) a présenté les valeurs morales en raison desquelles Dieu a établi cette communauté. Celle-ci n’a pas pour seule vocation d’annoncer que Jésus n’est pas vivant au ciel et que [le Messie tant attendu] est déjà venu. Dieu a envoyé le Messie Promis (a.s.) afin d’établir de hautes valeurs morales.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Allah annonce que le mensonge est une abomination et qu’il faudra l’éviter.

فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ الْأَوْثَانِ وَاجْتَنِبُوا قَوْلَ الزُّورِ

Dieu associe l’idolâtrie au mensonge. Seul un imbécile abandonnera Allah pour se prosterner devant une pierre. De même, seul un imbécile abandonnera la vérité et la droiture pour avoir recours à l’idole du mensonge afin d’atteindre son objectif. C’est pour cette raison qu’Allah a lié le mensonge à l’idolâtrie. À l’instar de l’idolâtre qui cherche le salut par le biais d’un fétiche, le menteur fabrique une idole de ses mains, croyant mériter le salut par son truchement. Voilà le mal qui frappe le monde aujourd’hui.

Quand on demande à l’intéressé : « Pourquoi es-tu idolâtre ? Abandonne cette abomination. » Il réplique : « Comment puis-je le faire ? Je ne peux m’en passer ! » Existe-t-il malheur plus grand que de considérer le mensonge comme son unique soutien ? Or, je vous assure que la vérité triomphe toujours. Le salut et la victoire résident dans la vérité.

Le Messie Promis (a.s.) raconte : « Vingt-sept ans ou vingt-huit ans de cela, voire peut-être plus longtemps que cela, j’avais envoyé à un imprimeur chrétien d’Amritsar du nom de Ralyaram, un colis ouvert sur les deux côtés contenant un article défendant l’Islam contre le Aryas. Ralyaram était aussi un avocat et publiait un journal… »

C’est une histoire que beaucoup parmi nous ont entendue. Or, nous nous contentons de la relater : certains parmi nous n’appliquent pas les conseils qui y sont prodigués.

Le Messie Promis (a.s.) continue : « J’avais aussi placé une lettre dans ce colis. Étant donné que j’y défendais l’Islam et que je mettais à nue la fausseté des autres religions, et que je demandais à Ralyaram de publier l’article en question, son hostilité à l’égard de l’Islam a attisé sa furie. Le hasard des circonstances lui a offert l’occasion de s’attaquer à moi : il a affirmé que placer une lettre séparée dans un colis était un délit. J’ignorais, quant à moi, tout de cette loi. Ce délit était passible, selon la loi postale, d’une amende de 500 roupies ou de six mois d’emprisonnement. Ainsi il en a informé le directeur de la poste afin qu’il m’intente un procès. Avant que je n’aie connaissance de l’affaire, Allah, dans un rêve, m’a montré que Ralyaram m’avait envoyé un serpent pour me mordre. J’ai frit le reptile comme un poisson et je le lui ai renvoyé. J’ai compris que le verdict du tribunal dans cette affaire servira de précédent pour les avocats.

J’ai été sommé de comparaître dans le tribunal de Gurdaspur pour répondre de ce délit. Tous les avocats que j’avais consultés m’ont recommandé le mensonge : c’était la seule façon de gagner cette affaire. Selon eux, je n’avais qu’à dire que je n’avais pas placé cette lettre dans le colis, mais que c’était Ralyaram qui l’avait fait. Ils m’ont aussi rassuré que le verdict des affaires pareilles repose sur les témoignages : nous n’avions qu’à présenter deux ou trois faux témoins pour m’innocenter. [Sans ces subterfuges] le procès prendra une tournure difficile et nous pourrions le perdre, selon les avocats.

Or je leur ai dit que je n’abandonnerai jamais la vérité, quelles

que soient les conséquences. J’ai comparu dans le tribunal d’un Anglais, le même jour ou le lendemain. Le responsable de la poste représentait l’état pour l’accusation. Le juge a pris ma déposition de sa main et les premières questions qu’il m’a posées étaient : « Aviez-vous placé cette lettre dans le colis ? Ce colis et cette lettre vous appartiennent-ils ? »

Sans hésiter, j’ai déclaré : « La lettre et le colis m’appartiennent. J’avais placé la lettre dans le colis et je l’ai envoyé. Cependant je n’avais point de mauvaises intentions et je ne désirais pas nuire aux recettes de l’état. Selon moi, la lettre n’était qu’une partie de l’article et ne contenait rien de personnel. »

Dès que j’ai prononcé ces paroles, Dieu a tourné le cœur du juge en ma faveur. Le responsable de la poste, quant à lui, a fait beaucoup de bruit et de longs discours en langue anglaise, des propos que je ne saisissais pas. Or, le juge rejetait chacun de ses arguments en disant « No ! No ! ». Quand l’accusation avait épuisé ses arguments et avait fait sortir toute sa furie, le juge a consigné son verdict en une ligne ou peut-être une ligne et demie, et il m’a dit : « Vous êtes libre. »

Je suis sorti de la salle du tribunal et j’ai remercié mon Seigneur, mon véritable bienfaiteur qui m’a accordé la victoire face au responsable anglais de la poste. J’étais convaincu que Dieu m’avait sauvé de ce malheur en raison des bénédictions de la vérité. Avant cela, j’avais vu dans un rêve qu’une personne voulait enlever mon couvre-chef. Je lui ai demandé : « Que faites-vous là ? » Et il l’a laissé ma tête et m’a dit : « Ce n’est rien ! Ce n’est rien ! »

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Comment puis-je affirmer que l’on ne peut se passer du mensonge ? Pareils propos sont des infamies. En réalité, il n’y a pas d’issue sans la vérité. Je savoure avec grand plaisir le souvenir de cette affaire, car je m’étais rangé auprès de Dieu. Il m’a soutenu et Son soutien a servi de signe.

وَمَنْ يَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ فَهُوَ حَسْبُهُ

Allah suffit à celui qui place en lui une confiance aveugle.

Le Messie Promis (a.s.) affirme :

« Sachez qu’il n’existe rien de plus néfaste que le mensonge. Les gens de ce monde affirment que les véridiques sont punis. Mais comment puis-je attester pareilles déclarations ? On m’a intenté sept procès : en aucun j’ai été contraint d’écrire une seule contre-vérité. Allah m’a-t-Il fait échouer dans un seul de ces procès ? Il soutient la vérité. Comment peut-Il châtier les véridiques ? S’il en est ainsi personne au monde n’aura le courage de dire la vérité et la confiance en Dieu ainsi que tous les véridiques disparaîtront. »

Ensuite le Messie Promis (a.s.) a déclaré : « Si d’aucuns sont punis après avoir fait preuve de franchise, ils ne l’ont pas été pour avoir dit la vérité.

Ce châtiment a pour cause leurs méfaits les plus secrets […] et ils sont punis pour d’autres mensonges [qu’ils avaient proférés dans le passé]. Allah détient toute une liste de leurs méfaits et de leurs malfaisances. Ils ont commis maints péchés et sont punis en conséquence. »

Le Messie Promis (a.s.) nous explique aussi que parfois l’on subit une punition importante suite à un impair insignifiant.

Il raconte à cet effet : « J’avais un enseignant du nom de Gul Ali Shah. Il habitait Batala et enseignait Partap Singh, le fils de Sher Singh. Gul Ali Shah raconte qu’une foi Sher Singh a frappé son cuisinier pour la simple raison qu’il y avait trop de sel ou de piment dans le repas. Gul Ali Shah était un homme simple et il dit à Sher Singh : « Vous avez commis là une grave injustice ! » Le pauvre cuisinier n’avait ajouté que du sel en plus dans le repas. Sher Singh a répondu : « Mauvli Ji ! Vous ignorez qu’il a [aussi] volé cent de mes chèvres ! »

Il y a donc tout un capital de méfaits commis par l’homme. Il est attrapé tôt ou tard et subit le châtiment mérité. Celui qui se cramponne à la vérité ne subit jamais d’humiliation, car il jouit de la protection divine. D’ailleurs, il n’y a pas de forteresse plus imprenable que la protection divine. Or, une œuvre inachevée ne sert pas à grand chose. Peut-on affirmer qu’une seule goutte d’eau suffira pour désaltérer l’assoiffé ? Ou qu’un seul grain ou qu’une seule bouchée suffira pour rassasier l’affamé ? Certainement non. Tant que l’on ne boit pas ou l’on ne mange pas à satiété l’on ne sera point satisfait. De même, tant que les œuvres ne sont pas parfaites, elles ne pourront engendrer les fruits et les résultats escomptés. Des œuvres imparfaites ne plaisent point à Dieu. Elles ne sont point bénites non plus. Allah promet d’octroyer Ses bénédictions à condition que les œuvres soient en accord à Son plaisir.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Les gens de ce monde prétendent que l’on ne peut se passer du mensonge et de la tromperie. On dit qu’untel a été emprisonné pour quatre ans pour avoir dit la vérité lors d’un procès. Ce sont là des conclusions imaginaires résultant du manque de perception divine.

[…] Ce sont vos faiblesses qui invitent le mensonge.

Celui qui accompli de bonnes œuvres et qui place sa confiance en Allah, ne méritera pas pareilles punitions. »

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « C’est là le résultat de vos manquements. […] La perfection n’engendre pas pareils fruits. On ne peut affirmer qu’il sait coudre celui qui n’a placé qu’une aiguille dans un tissu de coton épais. On ne peut affirmer qu’il pourra coudre de la soie de grande qualité : il détruira [certainement] ce tissu onéreux si on le lui place entre les mains. Les bonnes œuvres accompagnées de souillure ne servent à rien : elles n’ont aucune valeur aux yeux d’Allah. Or, d’aucuns en sont fiers et souhaitent mériter le salut par l’entremise de [pareilles] actions. Quand il y a sincérité, Allah ne laisse pas partir à la perdition une seule particule de bonne œuvre. Il déclare à cet effet :

فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ

Alors quiconque fait un bien, même du poids d’un atome, le verra. Si l’on a accompli un bien, aussi léger qu’un atome l’on sera récompensé par Dieu. Pourquoi donc, en ce cas, n’est-on pas récompensé pour toutes ces œuvres accomplies ? La raison est qu’elles sont dénuées de toute sincérité. La sincérité est la condition que toute œuvre doit remplir. Allah déclare à ce sujet :

مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ

La sincérité anime les dévots. »

Ce sont là des conseils que le Messie Promis (a.s.) nous a prodigués avec une grande inquiétude au cœur. Il nous explique que se départir entièrement du shirk et débarrasser ses œuvres de tout relent de polythéisme importe plus que le rejet de la croyance en la descente du Jésus du Ciel. Il nous demande d’établir la vérité et d’honnir le mensonge.

Tout ahmadi doit accomplir son analyse [de conscience] à la lumière de ces conseils. Qu’ils se demandent s’ils n’ont pas recours au mensonge dans des procès ou dans leurs business pour faire quelque profit ? Est-ce qu’il y a de la franchise et des propos exempts de toute ambiguïté, de part et d’autre, quand ils concluent des mariages ? Est-ce qu’ils donnent toutes les informations sur le jeune homme et la jeune femme ? Est-ce qu’ils ne sont pas en train de mentir pour prendre des aides sociaux de l’État ? Est-ce qu’ils ne sont pas coupables d’évasion fiscale ?

Tous les États sont aux prises à des difficultés financières en raison de la situation économique du monde. Si un État ne l’a pas été, il le sera [tôt ou tard]. C’est pour cette raison que les autorités vont tout scruter de très près. Si elles tombent sur une infraction cela engendra des problèmes pour le concerné et ternira aussi l’image de la djama’at, si l’on sait que cette personne est ahmadie.

Celui qui a recours au mensonge ne doit pas prendre en considération les avantages mondains. Il doit se contenter de peu, éviter le mensonge et tenter de plaire à Allah.

Il y a aussi le cas des demandeurs d’asile : ils doivent se demander s’ils ont recours au mensonge. Certainement les avocats les poussent à le faire. Telle a été la vocation des avocats de tout temps, à l’instar de ceux qui ont demandé au Messie Promis (a.s.) de mentir et de présenter de faux témoins.

Les titulaires de poste au sein de la djama’at doivent aussi s’analyser : ne sont-ils pas en train de mentir dans leurs rapports ou ne sont-ils pas en train d’omettre des faits essentiels ? Certains ne mentent pas directement comme je l’ai dit dans un de mes sermons. Or, il sera tout à fait inconvenant de ne pas dire toute la vérité sur une affaire. Il faut avoir recours à la Taqwa en toute chose et étudier tout cas en profondeur. L’on doit mettre de côté ses avantages ainsi que son ego et exécuter ses œuvres en ayant la crainte de Dieu au cœur. Au cas contraire, on exprimera son amour pour ce monde tout comme l’a déclaré le Messie Promis (a.s.).

L’amour de ce monde mène à la division : l’on ne pourra maintenir l’unité qu’est venu établir le Messie Promis (a.s.) au sein de la djama’at, du moins dans la société ou le quartier concerné. L’amour de ce monde a engendré toutes ces sectes. Ainsi un mal engendre plusieurs maux, comme l’a dit le Messie Promis (a.s.).

De lourdes responsabilités reposent sur nos épaules en tant qu’Ahmadis. Nous ne devons jamais les oubliées. Le véritable ahmadi tente de suivre l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et d’appartenir à Dieu.

Le Messie Promis (a.s.) déclare :

« Sachez que Dieu appartient à celui qui se voue à Lui corps et âme. Personne ne peut Le tromper. Imbécile est celui qui croit duper Dieu par ses œuvres ostentatoires et ses ruses : il se trompe. L’attrait et l’amour de ce monde sont la racine des péchés. L’homme se consacre aveuglément à ce monde, il y perd tout de son humanité, ignorant les actions qu’il a accomplies et ce qu’il doit faire. On ne peut tromper une personne perspicace, comment croire que l’on peut tromper Allah ? La racine de ces mauvaises actions est l’amour de ce monde : c’est le plus grand péché qui détruit aujourd’hui les musulmans. Dans leur sommeil et à l’état d’éveil, à tout instant cette vie terrestre est leur unique souci. Ils ne s’inquiètent guère du moment où ils seront placés dans la tombe. S’ils craignaient Dieu et s’ils se souciaient le moindrement de leur foi, ils auront tiré de grands avantages.

Sa‘adi dit dans un vers en persan : « Si seulement le ministre craignait Dieu. » L’employé travaille diligemment afin de préserver son emploi, or à l’heure de la Salat de l’eau un tantinet froid l’en éloigne. Pourquoi cela ? Pour la simple raison qu’on ne nourrit pas la grandeur de Dieu en son cœur. Si on cultivait, un tant soit peu, la grandeur divine en son soi, si l’on gardait à l’esprit le moment de sa mort, si l’on avait la moindre certitude à cet effet, toute paresse et toute négligence disparaîtront.

D’où la raison de cultiver, à tout instant, la grandeur de Dieu en son cœur : il faudra Le craindre constamment. Sa poigne est dangereuse. Certes, Il ferme les yeux et fait preuve d’indulgence. Or, lorsqu’Il attrape, Sa prise est très ferme, tant et si bien qu’Il ne se soucie pas des descendants de l’intéressé, comme l’affirme le verset :

وَلَا يَخَافُ عُقْبَاهَا

Quant à ceux qui craignent Allah et qui cultivent en leur cœur Sa grandeur, Allah les honore et devient leur bouclier.

Il est dit dans un hadith :

من كان لله كان الله له

Allah appartient à celui qui Lui appartient. Mais malheureusement, même ceux qui se tournent dans cette direction et ceux qui désirent partir vers Dieu souhaitent tout acquérir d’un coup de bâton magique. Ils ignorent la patience et la persévérance qu’exige la voie de la religion. Or, quand il s’agit des œuvres de ce monde, pour lequel ils s’échinent matin et soir, ils patientent pendant des années. Le paysan s’arme de patience après avoir mis sa semence en terre. Or, quand il s’agit de la spiritualité ils souhaitent être les amis de Dieu rien qu’en leur soufflant dessus. Ils désirent atteindre le trône de Dieu dès le premier jour, sans endurer aucune peine et aucun labeur en sa voie, sans subir la moindre épreuve.

Ceci n’est point, sachez-le, en accord à la loi d’Allah. Tout progrès est graduel. L’on ne peut plaire à Allah rien qu’en annonçant : « Je suis musulman ou je suis un croyant ». Allah déclare à cet effet :

أَحَسِبَ النَّاسُ أَنْ يُتْرَكُوا أَنْ يَقُولُوا آَمَنَّا وَهُمْ لَا يُفْتَنُونَ

« Les hommes pensent-ils qu’ils seront laissés tranquilles parce qu’ils disent : « Nous croyons, » et qu’ils ne seront pas éprouvés ? »

Tentez d’être un Wali (Ami de Dieu) rien qu’en se faisant souffler dessus est contraire à la pratique divine. Si telle était le cas, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait soufflé sur ses compagnons pour en faire des amis de Dieu. Il ne les aurait pas éprouvés en leur faisant trancher la tête. Allah n’aurait pas déclaré à leur sujet :

فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا

Il y a parmi eux ceux qui ont accompli leur vœu, et il y en a qui attendent encore, et ils n’ont pas changé leur condition le moindrement. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Étant donné que l’on n’acquiert pas ce monde sans difficultés et efforts, il est un imbécile celui qui croit que la spiritualité est chose facile.

Certes la religion est facile à pratiquer. Or, toute faveur exige des efforts. D’ailleurs l’Islam ne prescrit pas des exercices difficiles. Chez les hindous leurs dévots et ascètes sont soumis à de rudes épreuves. On leur frappe les reins et certains doivent se laisser pousser les ongles. Le monachisme existe chez les chrétiens. Pareilles pratiques n’existent pas en Islam : il annonce tout simplement :

قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا

Le salut sera accordé à celui qui se purifie l’âme, c’est-à-dire à celui qui s’est démarqué de toute innovation, de tout péché et de tout désir charnel pour la cause de Dieu.

Celui-là préfère souffrir pour la cause de Dieu. Il méritera sans nul doute le salut celui qui préfère Dieu à la vie terrestre et ses artifices.

Qu’Allah fasse que nous puissions apporter en nos personnes ces changements pratiques. Que nous puissions comprendre l’importance de la vérité et que nous préférions la spiritualité à cette vie d’ici-bas. Ayant prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) que nous puissions comprendre la réalité du but de son avènement et que nous puissions parachever l’objectif de sa venue. Que nous puissions marcher la voie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et que nous préférions le plaisir de Dieu à toute chose et que nous nous évertuons à l’acquérir. Qu’Allah nous accorde la possibilité d’agir en ce sens.

Après la prière de Jummah je dirigerai la prière funéraire de Mokkaram Qasim Touré Saheb, missionnaire de la Côte d’Ivoire. Il est décédé le 25 janvier 2016. Il avait embrassé l’Ahmadiyya en 1986 et était propriétaire d’une madrasa qu’il a offerte à la djama’at après sa conversion. En 1990, il a complété ses études de missionnaire à la Jamia de la Côte d’Ivoire et par la suite il a entrepris de longues tournées dans le pays et a implanté l’Ahmadiyya dans nombre de villes et de villages. Il a servi pendant dix ans comme missionnaire régional de la région de Bassam. Le défunt était Musi.

Basit Saheb le missionnaire [Côte d’Ivoire] relate qu’il a connu le défunt en 1996. Il servait la djama’at depuis les trente dernières années. Il était fidèle envers la djama’at et éprouvait une grande passion pour le Califat et les paroles du Calife. Il était un travailleur infatigable.

Qasim Touré a appris à lire et à écrire l’Ourdou afin de profiter directement des écrits du Messie Promis (a.s.). Il a séjourné à deux reprises à Qadian afin d’apprendre l’Ourdou. De retour au pays, il a étudié les écrits du Messie Promis (a.s.) avec beaucoup d’intérêt. »

Basit Saheb ajoute : « Qasim Touré me téléphonait souvent et me demandait de lui expliquer certaines expressions ou termes difficiles. Il lisait aussi les poèmes du Messie Promis (a.s.) avec beaucoup de passion et tentait d’en connaître les sens. Allah lui a accordé une voix mélodieuse. Un jour il a appris 5 vers d’un poème persan [du Messie Promis (a.s.) en hommage au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).] lors d’un voyage. Quand nous sommes arrivés au village, il les a récités avec mélodie lors d’une rencontre et a présenté la traduction en dioula.

Il a composé d’innombrables vers – très appréciés d’ailleurs – en arabe, dioula et français sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’avènement de l’Imam Mahdi. Il les récitait mélodieusement.

En 2003, la région nord de la Côte d’Ivoire était sous le contrôle des rebelles et le pays était coupé en deux. Après le décès du 4e Calife, les ennemis de l’Ahmadiyya ont répandu la fausse rumeur que la djama’at n’existe plus. Cela à créer de l’émoi chez les ahmadis de la région. Qasim Touré a été envoyé dans le nord par le centre pour mettre fin à cette propagande mensongère.

Entreprendre des voyages dans cette région nord était très difficile à l’époque. Or, Qasim Touré a voyagé par bus, sur remorques de tracteurs, à moto, sur charrettes des tirées par les ânes et à pied. Il a traversé des forêts pour atteindre ces djama’at. Il y a prêché le message de l’Ahmadiyya de nouveau dans la région et a informé les ahmadis que le système du Califat existe encore. Cela a rehaussé la morale des ahmadis et grâce à sa tournée il a insufflé une nouvelle vie dans ces djama’at mettant fin à cette propagande mensongère.

Ses tournées de Tabligh duraient un mois et il était un travailleur infatigable. Qu’Allah exalte son statut et qu’Il fasse que ses descendants soient fidèles envers la djama’at. Amine.

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