Sermon du : 22.01.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Châtiment et pardon en Islam

وَجَزَاءُ سَيِّئَةٍ سَيِّئَةٌ مِثْلُهَا فَمَنْ عَفَا وَأَصْلَحَ فَأَجْرُهُ عَلَى اللَّهِ إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الظَّالِمِينَ

« Le paiement d’un préjudice est une sanction proportionnelle ; mais celui qui pardonne et par là apporte une réforme, sa récompense est auprès d’Allāh. Assurément, Il n’aime pas les injustes. » (Saint Coran, chapitre 42, verset 41)

Les préceptes de l’Islam préconisent la réforme à l’égard de toute personne coupable d’un préjudice – que ses conséquences soient mineures ou majeures – ou qu’il soit un ennemi. Le concept du châtiment existe certes en Islam, or, il préconise aussi le pardon et la clémence. Ce verset nous ordonne de punir celui qui est coupable d’un délit : cependant, le châtiment doit avoir pour motif la réforme du malfaiteur.

Étant donné que l’objectif est la réforme, avant d’infliger une peine on doit se demander s’il sera propice. Si après avoir étudié le cas du coupable, l’on conclut que la clémence sera favorable à sa réforme, il faudra le pardonner. Au cas contraire, il faudra le punir afin qu’il se corrige. Votre mansuétude, déclare Allah, vous fera mériter la meilleure des récompenses.

À la fin de ce verset Allah déclare qu’Il n’aime pas les injustes afin de clarifier que si le châtiment infligé est excessif, l’on sera du nombre des iniques.

Le Saint Coran nous présente une loi et un principe fondamentaux qui régissent nos affaires personnelles, celles de l’État, voire les relations internationales.

Le but d’une sanction imposée à un coupable est sa réforme et son perfectionnement moral. L’Islam nous demande de respecter ce principe : ne point mettre l’accent sur le châtiment, mais sur la réforme. Si l’on constate que la clémence sera plus propice à la réforme, il faudra pardonner le coupable, au cas contraire il faudra le châtier, mais la punition doit être proportionnelle au mal commis sinon l’on sera coupable d’injustice, une action qui déplait à Allah. Ainsi, les préceptes de l’Islam ne vont pas aux extrêmes à l’instar de ceux des religions précédentes.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous présente l’exemple parfait à cet effet : quand les coupables se sont réformés, il leur a pardonné, même à ses ennemis les plus cruels, qui avaient commis tout type d’exaction contre lui, ses proches et ses compagnons.

Quand l’ennemi a demandé pardon, promettant de vivre sa vie en accord aux injonctions d’Allah et de Son Prophète (s.a.w.), le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a tout oublié et lui a pardonné.

Selon les hadiths, lorsque Zaïnab, la fille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) quittait La Mecque, Habbar Bin Aswad, un infâme [ennemi de l’Islam], lui lança un coup de lance. Zaïnab était enceinte : elle fut [grièvement] atteinte, perdit son enfant et mourut [des suites de sa blessure.]

Habbar fut condamné à mort pour son crime. Il s’enfuit de La Mecque après la conquête de cette ville. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) retourna à Medine, Habbar se présenta à lui et déclara : « Je m’étais enfui parce que j’avais peur de vous. J’ai commis de grands crimes et vous m’aviez condamné à mort. Cependant, l’étendu de votre clémence – dont j’ai pris connaissance – m’a attiré vers vous. En dépit de ma condamnation à mort, votre indulgence est si grande que j’ai eu le courage de me présenter à vous. Ô Prophète d’Allah ! Nous étions empêtrés dans l’ignorance et le polythéisme. Allah guidé notre peuple par votre entremise, nous protégeant ainsi de la destruction. J’avoue mes crimes et mes excès : daignez pardonner mon ignorance ! »

[Ayant entendu cette] plaidoirie, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pardonna l’assassin de sa fille, en déclarant : « Va Habbar ! Allah t’a permis d’embrasser l’Islam de par Sa grâce. Il t’a accordé l’occasion de te repentir sincèrement. »

Selon un autre récit, un poète du nom de Ka’ab Bin Zaheer déclamait des poèmes grossiers sur les femmes musulmanes, s’attaquant à leur chasteté et leur honneur. Ses excès lui avaient fait mériter la peine capitale.

Après la conquête de La Mecque, le frère de Ka’ab lui conseilla de quémander la clémence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il vint à Médine et logea chez une connaissance. Le matin, il partit accomplir la prière de Fajr en compagnie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Sans dévoiler son identité il déclara : « Ô Prophète d’Allah ! Ka’ab Bin Zaheer s’est repenti et se trouve ici. Il implore votre pardon. Permettez-lui de se présenter à vous. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ignorait la physionomie de Ka’ab Bin Zaheer ou peut-être que ce dernier s’était déguisé et que les compagnons ne l’avaient pas reconnu. Sur quoi l’intéressé déclara : « Je suis Ka’ab Bin Zaheer. »

Un Ansari voulut le tuer en raison de sa condamnation à mort. Or, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), faisant preuve d’une grande compassion, affirma : « Pardonnez-lui ! Il est venu solliciter ma clémence. »

Ka’ab Bin Zaheer présenta aussi un poème au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Celui-ci lui offrit un beau manteau en récompense.

Ainsi, cet ennemi, naguère condamné à mort, sortit de la cour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pardonné et, de surcroît, récompensé.

D’innombrables récits relatent la réforme des ennemis du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et la clémence de celui-ci à leur égard. Il a pardonné les ennemis de ses proches parents et ceux de l’Islam. Or, il a infligé un châtiment là où il était nécessaire pour la réforme. Le but principal de cette injonction importante est la réforme et non la vengeance.

En de nombreux endroits, le Messie Promis (a.s.) a commenté sur ce verset 41 de la sourate As-Shoura. Il existe environs 22 références à ce propos dans 13 de ses ouvrages. Il a aussi évoqué ce sujet lors de ses réunions.

Dns son livre « La Philosophie des enseignements de l’Islam », il explique la philosophie des châtiments et de la clémence :

« La punition d’un mal doit être proportionnelle au mal commis ; mais celui qui pardonne et apporte par là la réforme du coupable, sans qu’il y ait risque de récidive du mal, c’est-à-dire, celui qui pardonne à bon escient, recevra sa récompense d’Allah. [Ces] versets démontrent que le Saint Coran ne nous enseigne pas de toujours fermer les yeux sur le mal en toutes circonstances, ou encore que les malfaiteurs et autres scélérats ne doivent jamais être punis. Sa philosophie est que l’on doit peser le pour et le contre, voir si l’occasion exige le châtiment ou le pardon, et adopter la solution qui serait la meilleure tant pour l’inculpé que pour le public. Parfois, le pardon amène le malfaiteur à abandonner le mal ; parfois, il empire la situation en l’incitant à commettre davantage de tort. C’est non sans cause que Dieu le Tout Puissant nous a ordonné de ne pas développer cette habitude de tout pardonner aveuglément. Au contraire, Il nous a conseillé de voir laquelle des deux solutions, à savoir le châtiment ou le pardon, serait la plus souhaitable et d’agir en conséquence.

Certaines personnes sont si vindicatives que de génération en génération elles n’oublient pas les crimes et injures commis contre leurs ancêtres. À l’encontre de cela, il y a celles qui tolèrent et pardonnent à de tels extrêmes qu’on dirait qu’elles ont toute honte bue. Leur faiblesse, pardon et tolérance sont totalement incompatibles avec le sens de la dignité, de l’honneur, de la jalousie, voir de la chasteté. Leur attitude est une tache à leur réputation, et le résultat final de leur pardon est que les gens finissent par se dégoûter d’elles. C’est la raison pour laquelle le Saint Coran a imposé à chaque qualité morale la condition qu’elle soit manifestée en temps et lieu, et il n’approuve pas la mise en jeu d’une qualité morale dans des moments inopportuns.

Voilà la philosophie des châtiments en l’Islam : il nous recommande la vertu et de chercher la réforme. La clémence est une œuvre méritoire quand la réforme en est le résultat. Or, l’indulgence est nuisible si elle incite le coupable à commettre plus de péchés. Le châtiment est parfois avantageux et méritoire à l’endroit du coupable car il l’empêche de commettre des méfaits et de ruiner ainsi sa vie future.

Dans les deux exemples de la clémence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) cités plus haut, nous voyons de très grands changements dans la vie des graciés. Ceux qui, naguère, étaient des ennemis de l’Islam et étaient coupables d’infamies, se sont réformés, pour ensuite accomplir de bonnes œuvres et servir l’Islam.

L’Islam est une religion équilibrée : à toute époque [et en tout lieu], il fait connaître l’importance de ses enseignements. [Dans le cas présent], il recommande de juger en faveur du coupable.

Or, les [prétendus] défenseurs des droits de l’homme contemporains se penchent dans une seule direction. Quel que soit le degré de culpabilité d’un criminel, ils lui accordent une importance telle au nom de la sympathie à l’égard de l’humanité, qu’il perd toute notion de culpabilité. Il existe des tueurs professionnels ou des personnes si arrogantes qu’elles n’accordent aucune importance à la vie d’autrui, hormis la leur. Pareils criminels méritent la peine capitale, à moins que les proches de la victime leur pardonnent. Or, la plupart des pays occidentaux ont aboli la peine capitale au nom des droits de l’homme. Les États ont amendé leur constitution afin de mettre fin à ce châtiment, tandis que les criminels [endurcis] ne sont pas en train de se réformer et qu’ils commettent davantage d’atrocités.

Les pays musulmans nous offrent un autre contraste. Si la population locale se soulève contre le chef de l’État et qu’elle lui chasse du pouvoir, elle l’exécute de manière atroce, au lieu de lui intenter un procès [en bonne et due forme], pour ensuite lui infliger la peine appropriée, s’il en mérite une. D’ailleurs quand les populations locales commettent des atrocités à l’encontre de leurs leaders, elles le font avec le soutien de certaines grandes puissances.

L’Islam interdit toute forme d’extrémisme. Les châtiments que préconisent Allah sont applicables à tous, riches et pauvres sans distinction. La peine infligée doit être proportionnelle au crime commis et doit être régie par des principes et des règles. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) régna à Médine : ses Califes appliquèrent ses principes et démontrèrent, [par leurs actes], la raison d’être des châtiments et leur légitimité.

Le Messie Promis (a.s.) explique aussi qu’il ne suffit pas de considérer les droits du coupable : il faut aussi se soucier de l’avantage de la société. Il faut sacrifier ce qui est inférieur en faveur de ce qui est supérieur. Les avantages les plus importants de la société doivent, parfois être pris en compte. Avant de prononcer une peine, il faudra étudier son impact général sur la société. L’acquittement d’un grand criminel laisse parfois une mauvaise impression sur la société. Les malfaiteurs se disent qu’ils seront innocentés après avoir demandé pardon pour leurs crimes. [Pareille indulgence] les incite à commettre d’autres délits.

Les honnêtes gens, quant à eux, vivent dans la peur ou l’anxiété et prennent des mesures afin de se débarrasser de ces sentiments. Quand règne l’anarchie, la majorité d’entre eux prend des mesures pour assurer leur protection. S’il y a manque de sécurité, même s’il n’y a pas d’anarchie, d’aucuns essayent de prendre la loi entre leurs mains.

En dépit de ces préceptes sublimes, nous constatons que malheureusement, pareille situation règne dans nombre de pays musulmans. L’injustice dans l’application des peines et une indulgence [excessive] ont créé tout une classe de criminels, poussant d’autres à commettre les mêmes méfaits.

Le Messie Promis (a.s.) affirme que l’effet de la punition ou de la clémence sur la société est un facteur important à prendre en considération. Si le pardon incite davantage les criminels, le châtiment doit primer.

Dans un écrit le Messie Promis (a.s.) a comparé les beaux enseignements de l’Islam avec ceux de la Torah et des Évangiles. Il déclare : « Les Évangiles annoncent qu’il ne faut point combattre le mal. Ses préceptes se penchent dans une seule direction et ne sont pas applicables hormis en des situations particulières.

Les préceptes de la Torah, quant à eux, sont l’autre extrême : ils mettent l’accent sur une seule manière d’agir, soit une vie pour une vie, un œil pour un œil, une oreille pour une oreille, une dent pour une dent. Il n’y a point la moindre évocation du pardon et de l’indulgence. En fait, ces ouvrages ne concernaient que des périodes et des peuples particuliers. Or, le Coran nous montre une voie sublime, exempte de toute démesure, conforme à la nature de l’homme.

A titre d’exemple le Coran affirme :

وَجَزَاءُ سَيِّئَةٍ سَيِّئَةٌ مِثْلُهَا فَمَنْ عَفَا وَأَصْلَحَ فَأَجْرُهُ عَلَى اللَّهِ إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الظَّالِمِينَ

C’est-à-dire le châtiment d’un mal doit être proportionnel au mal commis. Or, si l’on pardonne à bon escient afin qu’il y ait de la réforme, Allah récompensera celui qui fera montre de pareille indulgence.

Voyez à quel point cet enseignement est sublime et évite toute démesure. Dieu permet certes la vengeance, or Il encourage aussi le pardon, à condition que celui-ci favorise la réforme. C’est la troisième voie qu’offre le Coran au monde. Il sied à une personne douée de bon sens de jauger et de comparer ces préceptes afin de connaître celui qui correspond à la nature de l’homme et à la conscience. »

Les enseignements intemporels de l’Islam présentent la solution à tout problème du monde. L’Islam nous recommande de débarrasser nos cœurs de toute antipathie et de toute haine une fois qu’on ait pardonné le coupable.

Le Messie Promis (a.s.) déclare que d’aucuns n’oublient pas l’hostilité datant de l’époque de leurs ancêtres, nourrissant de la haine pour plusieurs générations et faisant fi de toute bienveillance. Il ne sied pas à un croyant de nourrir de l’antipathie, affirme-t-il.

Citons [encore une fois] l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Lors de la bataille d’Uhud, Hind – la femme d’Abu Sufyan – avait mutilé le cadavre de Hamza, l’oncle du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), lui tranchant le nez, les oreilles et d’autres parties [de son corps]. Elle avait aussi enlevé son foie pour le consommer et commis des actes extrêmement barbares. Quelle fut la réaction du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à son égard ? Après la conquête de La Mecque, Hind vint en la présence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en portant un voile. Elle ne pouvait se présenter au grand jour, étant condamnée à mort pour ses crimes. Ayant prêter allégeance au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et s’étant convertie à l’Islam elle posa quelques questions au Prophète d’Allah (s.a.w.). Celui-ci reconnut sa voix et lui demanda si elle était la femme d’Abu Sufyan. Elle répondit : « Oui ! Ô Prophete d’Allah ! Or, je suis musulmane de cœur à présent. Pardonnez-moi mon passé. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui accorda son pardon, qui eut sur elle un effet profond et la transforma davantage. Elle fit rôtir deux chèvres, les présenta au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui dit : « Nous n’avons pas beaucoup d’animaux ces temps-ci. Daignez accepter cet humble présent de ma part. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria pour elle en ces termes : « Ô Allah ! Béni les chèvres de Hind. » Cette dernière possédait, par la suite, un si grand troupeau qu’elle n’arrivait pas à s’en occuper.

Le Messie Promis (a.s.) affirme que certains ignorent ce qu’est le pardon. Ils ne cessent de nourrir une antipathie datant de l’époque de leurs aïeuls. À l’encontre de cela, il y a ceux qui n’ont aucun amour-propre et aucune dignité. Leur attitude est une tache à leur réputation. Au nom du pardon, ils ne font preuve d’aucun sens de l’honneur.

Il ne faut pas se départir de sa dignité. Il ne faut pas non plus commettre des exactions. Si l’on s’attaque à l’honneur et à la chasteté de sa fille ou de sa sœur, il faudra prendre les mesures appropriées, tout en respectant la loi. Il ne peut, ici, être question du pardon. Il y a aussi de la différence entre l’indulgence et un déficit de sens de la dignité.

Le Messie Promis (a.s.) présente des explications à ce sujet en maints endroits. En voici quelques-unes. L’on peut supposer, de prime abord, qu’il évoque un seul sujet. Or, il en souligne les différents aspects et nous prodigue différents conseils à cet effet.

Il déclare : « Le paiement d’un préjudice est une sanction proportionnelle. Mais celui qui pardonne, et par là apporte une réforme, sa récompense est auprès d’Allāh et Il méritera le plaisir divin. Selon le Coran, la vengeance n’est point louable en toute occasion, ni d’ailleurs l’indulgence. Toute situation mérite une réaction correspondante. Vengeance et clémence doivent être à bon escient et non illimitées. Voilà le sens des préceptes du Coran. »

Allah aime celui dont les intentions sont sincères, dont les actions visent à la réforme. Il n’aime point l’indulgence de celui qui est dénué de tout sens de la dignité, ni n’est-il satisfait de celui qui est animé par la vengeance. Voilà deux aspects qu’il faut avoir en tête. Il ne faut point être dénué de tout amour-propre et être si indulgent au point de se départir de tout sens de l’honneur et de toute notion de dignité.

La décision de pardonner ou de punir doit être prise en respectant ces deux limites. Les responsables de la djama’at doivent prendre cela en considération ; d’ailleurs ils le font en général. Je n’affirme point que c’est par esprit de vengeance que les responsables prennent des sanctions à l’encontre d’une personne ou envoient une recommandation à cet effet. Mais parfois, ceux qui recommandent la sanction sont naturellement enclins à être sévères. D’autres sont trop enclins à l’indulgence, une situation qui engendre d’autres maux par la suite. Ni le châtiment ni l’indulgence, sont louables en tant que tel.

La quête du plaisir divin est la chose essentielle. Or, cela sera possible quand l’objectif sera la réforme. Pour ce faire les départements concernés, la Oumour-é-Ama ou la Qada doivent faire leur recommandation ou prendre leur décision après mûre réflexion, afin que nous puissions établir, au sein de notre djama’at, l’organisation ou l’atmosphère la plus propice à attirer le plaisir divin. Pour ce faire, il faudra implorer le pardon de Dieu. Toute décision ou recommandation faite au Calife doit être accompagnée de prières, afin que la personne concernée et la Nizam-e-djama’at soient à l’abri de toute conséquence négative et afin qu’aucune décision prise par la djama’at ne soit la cause d’anxiété.

Évoquant ce sujet dans son ouvrage Naseem-e-Dawat, le Messie Promis (a.s.) déclare que les détracteurs de l’Islam et les non musulmans doivent connaître les beaux enseignements de l’Islam qui n’existe dans aucune autre religion.

Il déclare : « Si on nuit à votre personne, on vous brise une dent ou vous crève l’œil, la punition sera proportionnelle au préjudice commis. Or, si vous pardonnez le coupable, engendrant des effets positifs en sa personne, le poussant à se réformer et à éviter d’autres méfaits à l’avenir, votre clémence, en ce cas, sera préférable et attirera la récompense divine.

Ce verset prend en considération ces deux aspects : la clémence et la vengeance sont tout deux sujets aux exigences de la situation. C’est là la voie de la sagesse respectée par le monde. Avoir recours au chaud et au froid, selon les circonstances, est la sagesse. D’ailleurs, nous ne nous contentons pas d’un seul type de nourriture en toute situation. Nos préférences changent selon le climat : nous consommons tantôt des repas chauds et tantôt des repas froids. On parle aussi de repas équilibrés. Nous voyons cette loi de la nature applicable en toute situation.

Le Messie Promis (a.s.) affirme : « Nous portons des vêtements appropriés en été et en hiver. Notre comportement moral doit aussi s’adapter aux circonstances. »

Soit dit en passant, pour ce qui est de la mode vestimentaire, en été en Occident les gens se dénudent, en particulier les femmes. En hiver, elles se couvrent d’écharpes, portent un manteau et des vêtements appropriés. Si les femmes musulmanes se couvrent la tête en été l’on s’écrie qu’on les prive de leurs droits. L’État commence à s’immiscer dans pareilles polémiques avec d’autres [intentions]. Son but n’est pas la réforme, mais l’injustice. Quelques jours de cela le Premier ministre [du Royaume-Uni] a déclaré que l’on envisagerait de licencier les femmes musulmanes qui portent un voile sur leur lieu de travail [ou à prendre d’autres mesures contre celles qui la portent] en public. Les lois de ce monde partent à l’autre extrême, engendrant ainsi des troubles et de la frustration.

L’Islam interdit toute loi ou toute décision susceptible d’engendrer de la frustration. Il recommande des décisions propices au bien-être de la société et de la personne concernée. Pareille décision attirera le plaisir divin.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Notre comportement moral doit aussi s’adapter aux circonstances. En certaines occasions il faut faire montre de sa colère. Être bienveillant et indulgent en pareilles circonstances peut corrompre l’intéressé. En d’autres occasions, c’est la compassion et l’indulgence qui est recommandée. Faire montre de sa colère en pareilles circonstances est de l’ignominie. Ainsi, chaque situation exige un comportement approprié. Celui dont les actions s’opposent aux exigences de la situation est un animal, pas un homme, un sauvage et pas un être cultivé.

Le Messie Promis (a.s.) cite l’exemple des lois de la nature eu égard à la réaction appropriée dont on doit faire montre en toute situation.

On doit consommer des repas équilibrés et on ne peut pas se contenter d’un seul type de nourriture. Les nutritionnistes présentent des tableaux à leurs malades leur permettant de consommer des repas appropriés, affirmant qu’il s’y trouve la source de leur guérison.

Nous changeons de mode vestimentaire selon le climat. Le Messie Promis (a.s.) affirme que les lois de la nature affectent aussi l’application de nos valeurs éthiques et morales. Parfois la bienveillance et l’indulgence engendrent la corruption et parfois c’est la colère et la sévérité qui le font. Il incombe à l’homme de respecter ce principe : les changements doivent correspondre à sa nature. La réforme préconisée aussi doit l’être. C’est là la différence entre les hommes et les animaux.

Dans un autre endroit, le Messie Promis (a.s.) déclare : « Le Saint Coran a interdit tout pardon et toute indulgence nuisibles à l’état moral de l’homme et pouvant causer la désunion. Cependant, il permet la clémence qui engendre la réforme. »

C’est là un point hautement important. Si l’indulgence est déplacée, elle pourrait détruire tout le système et engendrer l’indiscipline en l’homme. Il commencera à outrepasser ses limites. Tout se retrouvera sens dessus dessous.

Ceux qui ont été sanctionnés au sein de la djama’at doivent se réformer et accomplir l’istighfar au lieu de s’entêter dans le mal. Personne n’est puni au sein de la djama’at par vengeance. On inflige une sanction afin que la personne se réforme. Voilà le but visé. Les responsables ne sont pas les seuls fautifs. Les membres de la djama’at le sont aussi. Si chacun examine, au quotidien ses relations mutuelles, ses sentiments à l’égard d’autrui et à l’égard de sa personne, la société en sortira embellie.

La quête du plaisir divin est la chose essentielle. Ceci est la cause de la réforme. Dans un de ses écrits, le Messie Promis (a.s.) déclare :

« Le paiement d’un tort est une punition proportionnelle ; mais celui qui pardonne et par là apporte une réforme, trouvera sa récompense auprès d’Allāh. Si l’on ne punit pas un voleur, il s’entêtera et deviendra un bandit de grand chemin. Or, si l’on a deux employés et qu’il suffit d’un regard sévère pour que le premier soit pris de remords, conscient de ses erreurs et pour qu’il se réforme, une punition sévère, dans son cas ne sera pas appropriée. Or, si le deuxième employé est malveillant à dessein, lui pardonner le corrompra davantage. Il faudra le punir afin qu’il se réforme. Est-ce donc le Coran ou les Évangiles qui nous présentent les enseignements les plus appropriés ? La loi de la nature exige l’étude des circonstances. L’enseignement préconisant la clémence afin d’engendrer la réforme est incomparable. C’est le principe que doit suivre toute personne cultivée. Il accorde à l’homme la perspicacité, l’aptitude à réfléchir ainsi que le discernement. »

On dit que l’Islam restreint la libre-pensée et la réflexion. Le Messie Promis (a.s.) déclare qu’il suffit de réfléchir sur ce seul commandement qui suffit pour affiner l’intelligence, la perspicacité et le discernement.

Il ajoute : « Si la clémence est avantageuse, il faudra pardonner. Quand on a affaire à des méchants, la récompense du mal et un mal similaire. Il est en de même des autres commandements divins qui brillent comme le soleil à toute époque. »

Voilà deux points à garder à l’esprit à tout instant, pour qu’il y ait de la réforme et afin que nous endiguions le mal. Il faudra faire foisonner la paix dans la société. Qui plus est, il faudra chercher le plaisir divin, car Il n’aime pas les injustes. Qu’Allah nous accorde la possibilité de comprendre les enseignements du Coran ainsi que l’occasion de les mettre en pratique.

Après la prière de Jummah [et d’Asr] je dirigerai la prière funéraire de Mokarram Bilal Mahmood Saheb, fils de Mumtaz Ahmad Saheb Sindhi, de Rabwah, qui est tombé en martyr dans la nuit du 16 janvier 2016. Inna Lillahi Wa Inna Ilaihi Rajeoune.

Bilal Mahmood Saheb retournait à la maison de son magasin vers 21.00 quand deux inconnus à moto lui ont tiré dessus avant de prendre la fuite. Le défunt a reçu cinq balles dont deux à la tête. Il a été transporté à l’hôpital Fazl-e-Umar pour ses premiers soins avant son transfert à Faisalabad. Là-bas, les médecins attendaient que son état soit stable avant de l’opérer quand il a rendu l’âme.

Bilal Mahmood Saheb est né en 1989 et était un Waqf-e-Naw. Après le décès de son père en 2003, sa famille s’est établie à Rabwah. Le défunt travaillait dans le bureau de la Wasiyyah de la Sadr Anjuman Ahmadiyya depuis 2008 jusqu’à son décès. Dans la soirée qu’il partait s’occuper de son petit magasin.

Bilal Mahmood Saheb a occupé plusieurs postes au sein de sa djama’at locale. Il servait notamment comme secrétaire de la Wasiyyah. Il s’était marié en avril 2015 et sa femme est enceinte. Qu’Allah accorde Ses faveurs à elle et à son futur enfant. Bilal Mahmood Saheb était une très bonne personne, imbue d’une grande sympathie et très amicale. Il était très sérieux dans son travail, très obéissant et avait une relation profonde avec le Califat. Il était très respectueux et très affectueux à l’égard de tout monde. Il vouait, pour sa mère et ses sœurs, une grande affection.

Le martyr laisse derrière lui son épouse, Mubashira Bilal Saheba, sa mère, Mubarika Mumtaz Saheba, un frère et deux sœurs. L’ancien et le secrétaire actuel de la Majlis Karpardaz ont tout deux déclaré que le défunt était très prometteur et très travailleur. Il n’a jamais fait preuve de négligence dans son travail et était très souriant. Il venait à l’heure au bureau et accomplissait avec célérité toute tâche qu’on lui confiait. On trouve rarement des employés qui soient toujours souriants à l’instar du défunt.

Il participait dans toutes les programmes de la djama’at. Nasir Saheb, le secrétaire de la Majlis Karpardaz, raconte que la relation que vouait le défunt au Califat était très enviable.

Qu’Allah exalte le statut du martyr et qu’Il accorde de la patience aux membres de sa famille.

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