Sermon du : 29.01.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Progrès spirituel et l’éducation des enfants

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Allah est caché. Or, Il peut être reconnu par l’entremise de Ses pouvoirs. On peut aussi découvrir l’existence de Sa personne grâce à la prière. Que l’on soit Roi ou Empereur, [tôt ou tard] tout individu endure, sans nul doute, des tourments qui le poussent vers une immense détresse qui le rendent impuissant. En pareille situation, la solution de ses malheurs se trouve dans la prière. »

Le Messie Promis (a.s.) a évoqué l’importance de ce sujet sous différents angles et en de nombreux endroits. Les compagnons du Messie Promis (a.s.) avaient une grande compréhension de ce sujet. Ayant profité de la compagnie du Messie Promis (a.s.), ils avaient une telle conviction et une telle foi en la prière, que nombre de non-ahmadis furent impressionnés par leurs personnalités et savaient que nombre de leurs supplications étaient exaucées [par Dieu].

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) raconte qu’un incident à propos de Munshi Aroura Khan fit beaucoup rire au Messie Promis (a.s.).

« Munshi Aroura Khan venait souvent à Qadian au début [de l’histoire de la communauté], relate-t-il. En raison de ses grandes responsabilités, il lui était difficile, par la suite, d’avoir souvent des jours de congé. Cependant, il visitait régulièrement Qadian.

Quand nous étions enfants, sa venue ressemblait celle d’un frère qui visitait un proche après un an d’absence. En dépit de ses fréquentes visites, il nous rencontrait avec un grand amour et une grande chaleur.

Munshi Aroura Khan était capable d’effrayer un magistrat. Il travaillait, à l’époque, dans le bureau du juge de district, à qui il demanda une fois : « Je désire visiter Qadian. Donnez-moi un jour de congé. »

Suite au refus du juge, Munshi Aroura Khan insista : « Je dois certainement partir à Qadian. Donnez-moi mon jour de congé. »

Le juge répondit : « Il y a trop de travail. Cela est impossible. »

Munshi Aroura Khan répliqua : « Soit ! Je vais faire votre travail. Ne me donnez pas de congé si vous le désirez. Cependant, à partir d’aujourd’hui je souhaiterais votre malheur. »

Par la suite, le juge subit un malheur qui l’effraya. Le samedi il disait aux employés du tribunal : « Terminez vite votre travail, sinon Munshi Aroura Khan ratera son train [pour Qadian]. »

Ainsi, toutes les fois qu’il souhaitait visiter Qadian, le juge lui donnait congé. Les prières de Munshi Aroura Khan l’avaient apeuré.

Voilà ceux dont la piété et les supplications avaient impressionné les non musulmans.

C’est ce que nous devons avoir en tête aujourd’hui ; nous devons grandir dans notre relation avec Dieu.

J’évoque, à présent, d’autres faits concernant le Messie Promis (a.s.), mentionnés Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) et qui sont importants pour notre progrès spirituel et notre éducation morale.

En ce monde, la sensibilité et le caractère des gens diffèrent d’individu en individu. Les sens de certains sont très sensibles, pour d’autres ils le sont moins. Certains sont habitués à un climat ou une situation particulière qui peut être insupportable à d’autres. On est plus ou moins sensible à la chaleur, au froid, à des parfums ou des mauvaises odeurs dépendant de l’acuité de ses sens. Ce sont les sens de l’homme qui mettent en exergue cette différence.

Ceux qui y sont insensibles ne peuvent prouver que ces conditions sont inexistantes. Celui qui vit dans une région enneigée ne ressent pas le froid : d’aucuns porteront des chaussettes épaisses et auront froid aux pieds tandis que d’autres diront qu’ils ont les pieds chauds. Il est en de même des autres sens.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) nous explique cette différence dans la perception grâce à une histoire racontée par le Messie Promis (a.s.).

Quelques citadins discutaient à propos du sésame, affirmant qu’il a un effet très échauffant sur le corps. Personne ne peut consommer 230 grammes de graines de sésame, disaient-ils. On en sera malade sur-le-champ.

L’un d’entre eux déclara : « Je suis prêt à offrir 5 roupies en récompense à quiconque consommera autant de sésame. »

Un paysan passait par là. Étant donné que ces gens-là travaillent dur, ils ont l’habitude de consommer des denrées crues en grande quantité. Il écouta, tout étonné, la conversation. « Cela est fort étrange. Peut-on réellement recevoir 5 roupies comme récompense pour consommer quelque chose d’aussi délicieux ? » se dit-il.

Il demanda aux citadins : « Doit-on manger les graines de sésame avec les tiges ou sans ? »

Pour lui il était tout à fait étrange de recevoir 5 roupies comme récompense pour consommer des graines de sésame sans leurs tiges, tandis que pour les autres il était impossible d’en consommer autant.

Ces différences, en ce monde, ont trait aux perceptions. La même loi est en vigueur dans le monde spirituel.

D’aucuns sont plus ou moins influencés par leur Salat. D’aucuns l’accomplissent en apparence, se contentant de se cogner la tête au sol. La Salat ne leur est d’aucun bénéfice. Ainsi, le témoignage de ceux qui ont une plus grande sensibilité spirituelle sera le plus authentique. Ceux-là adorent Dieu et nous voyons en leurs personnes les effets des actes d’adoration.

Ainsi les facultés de la majorité des membres de la djama’at doivent être réceptives aux effets spirituels : ils doivent informer le monde ce qu’est la vraie Ibadah ainsi que les aptitudes que l’on doit engendrer en soi.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) évoque un fait relaté par le Premier Calife. Il y avait un érudit, expert en grammaire, et reconnu dans l’Inde tout entière. Or, il était d’apparence très simple. Celui qui ne le connaissait pas aurait cru qu’il avait affaire à un paysan qui venait de couper de l’herbe.

Il s’appelait Maulvi Khan Malik et visita Qadian après avoir entendu parler du Messie Promis (a.s.) pour lui prêter allégeance.

Lors de son chemin retour, il passa par Lahore afin de rencontrer Mauvli Ghulam Ahmad qui était prédicateur dans la grande mosquée et qui était naguère son élève.

Étant donné que les gens de Lahore étaient riches, Mauvli Ghulam Ahmad jouissait d’une bonne situation financière. Il avait d’ailleurs des centaines d’élèves.

Maulvi Khan Malik se présenta à la mosquée et les élèves ignoraient son éminent statut compte tenu de ses vêtements et son apparence simples.

Maulvi Khan Malik Saheb informa Maulvi Ghulam Ahmad Saheb qu’il revenait de Qadian et qu’il avait prêté allégeance au Messie Promis (a.s.). Maulvi Ghulam Ahmad Saheb lui demanda, tout étonné : « Vous qui êtes un si grand érudit, qu’avez-vous vu de bon en Mirza Ghulam Ahmad pour devenir son disciple ? »

Maulvi Khan Malik Saheb lui répondit : « Occupe-toi de ce qui te regarde ! Tu ne sais même pas conjuguer des verbes ! »

Maulvi Ghulam Ahmad Saheb était un érudit de renom. Ses élèves furent très courroucés d’entendre ces paroles.

Ils lancèrent à l’endroit de Maulvi Khan Malik Saheb : « Toi le vieux ! Que racontes-tu là ? » Maulvi Ghulam Ahmad Saheb leur dit : « Taisez-vous ! Tout ce qu’il dit est vrai. »

Il y avait ces âmes pieuses qui prêtaient allégeance au Messie Promis (a.s.) : ils n’étaient point entêtés et fiers de leur érudition.

Un jour un Arabe visita le Messie Promis (a.s.). En général ceux de la même origine sont des quémandeurs : avant son départ le Messie Promis (a.s.) lui offrit une somme pour ses frais de voyage. Le visiteur refusa et déclara : « J’ai entendu que vous vous êtes dit prophète de Dieu, d’où mon séjour ici. Je ne suis pas venu vous demander quoi que ce soit.

Le Messie Promis (a.s.) lui demanda de séjourner quelques jours de plus et confia à quelques personnes la tâche de lui prêcher son message. Or, leurs arguments n’eurent aucun effet sur lui. En fin de compte on vint informer le Messie Promis (a.s.) que l’invité était très passionné, qu’il n’était pas comme les autres et qu’il cherchait la vérité. En somme, il était à l’instar des Arabes qui embrassent l’Ahmadiyya aujourd’hui. Il était à la recherche de la vérité et on demanda au Messie Promis (a.s.) de prier pour lui.

Le Messie Promis (a.s.) supplia Dieu en sa faveur et Celui-ci l’informa qu’il sera guidé. La même nuit quelque chose le toucha et il fit la bai’ah le matin avant de repartir.

On raconta qu’il prêcha le message de l’Ahmadiyya à plusieurs délégations pendant le Hajj, relate Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.). On le tabassait jusqu’à ce qu’il perdît connaissance. Quand il revenait à lui, il partait voir la prochaine délégation pour lui prêcher le message de l’Ahmadiyya. Quand Allah ouvre le cœur, Il accorde une passion qui rend l’intéressé indifférent à tout.

Il y avait, à l’époque du Messie Promis (a.s.) le tout premier Américain qui embrassa l’Islam. Il s’appelait Alexander Russel Webb et travaillait dans l’ambassade américaine aux Philippines. Les annonces du Messie Promis (a.s.) publiées en Europe et aux États-Unis l’incitèrent à embrasser l’Islam. Il maintint une correspondance avec le Messie Promis (a.s.) et dédia, par la suite, sa vie à la diffusion de l’Islam.

Il visita aussi l’Inde et exprima le désir de rencontrer le Messie Promis (a.s.). Or, les mollahs l’en empêchèrent affirmant que les musulmans ne lui offriront aucune contribution afin qu’il puisse prêcher le message de l’Islam sur une grande échelle comme il voulait le faire.

Dépité, il quitta [l’Inde] sans rencontrer le Messie Promis (a.s.). D’ailleurs, les musulmans ne lui accordèrent aucun soutien.

Il écrivit ces paroles au Messie Promis (a.s.) quelque temps avant le décès de celui-ci : « J’ai beaucoup souffert de ne pas avoir suivi votre conseil. Vous m’aviez informé que les musulmans n’avaient aucune passion pour servir la foi. Or, j’ai ignoré votre recommandation, c’est pour cette raison que je n’ai pas pu vous rencontrer. »

En tout cas, il fut musulman pour le restant de ses jours et entretenait une relation sincère avec le Messie Promis (a.s.). Il était le premier musulman américain.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) dit : « Dans le monde occidental, c’est aux Etats-Unis que la djama’at accomplit de plus grand progrès. »

Qu’Allah fasse que la djama’at des États-Unis puisse trouver ces nobles âmes et qu’on puisse les amener sous la bannière du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Que la djama’at des États-Unis fasse des efforts importants en ce sens et que le désir de Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) devienne réalité.

À une époque il y avait beaucoup de convertis aux États-Unis : ils étaient très fermes dans leur foi en l’Ahmadiyya. Or, nombre de leurs descendants ne l’ont pas été en raison de l’attrait de ce monde, en raison d’un manque de contact ou pour d’autres motifs encore. La djama’at des États-Unis doit faire des efforts en ce sens.

Comment le Messie Promis (a.s.) traitait-il les enfants, à quel point était-il soucieux de leur éducation morale et spirituelle ?

La meilleure façon d’éduquer un enfant passe par les jeux. Au début, lorsqu’il est encore très petit, il faudra l’éduquer à travers des histoires. Pour un adulte un simple discours suffira. Or, les histoires sont importantes afin de maintenir l’intérêt durant l’enfance. Il n’est pas essentiel que ces histoires soient des fables. Le Messie Promis (a.s.) nous racontait les histoires des prophètes Joseph, Noé ou Moïse. Pour nous c’était de simples contes quoique les faits étaient réels. Il racontait l’histoire de l’envieux et de l’envié tirée des contes des milles et une nuit. Que l’histoire soit vraie ou fausse, n’avait aucune importance : elle recelait de leçons à tirer. Nous avons aussi appris nombre de proverbes de ces histoires. Ainsi raconter des histoires à des enfants est la meilleure méthode pour les éduquer. Certaines histoires n’ont aucun sens et sont futiles. Or, il en est d’autres qui enseignent de bonnes valeurs morales et qui regorgent de leçons. C’est ainsi que l’on peut éduquer un enfant en bas âge. Quand il grandit la meilleure façon de l’éduquer est travers le jeu.

Certains parents se plaignent que leur enfant joue beaucoup. S’il ne passe pas son temps sur des jeux vidéo et qu’il joue à l’extérieur il faudra le laisser. On peut enseigner grâce aux jeux ce que l’on peut enseigner grâce aux livres. Or, la période des histoires précède celle du jeu.

Les pères doivent aussi consacrer du temps à leurs enfants. Si les deux parents se soucient de leur instruction, s’ils entretiennent avec eux des relations amicales et s’ils les lient à eux, cela résoudra nombre de problèmes ayant trait à leur éducation morale et spirituelle, chose à propos de laquelle il y a nombre de doléances [de la part des parents].

Ces histoires avaient pour but de calmer les enfants afin qu’ils ne perdent pas le temps de leurs parents. Elles étaient encore plus louables si elles comportaient des leçons pour leur vie future.

Aujourd’hui pour calmer leurs enfants, les parents leur placent un Ipad entre les mains ou les mettent devant un ordinateur. S’ils y regardent de bonnes choses cela est louable, sinon ils seraient en train de perdre leur temps. D’ailleurs, il faut éviter de placer de petits enfants devant des écrans, car cela pourrait affecter leur vision s’ils y passent trop de temps. Les médecins affirment que cela peut aussi affecter les facultés mentales d’un enfant de moins de deux ans : leur [développement] psychique sera unilatérale et cela pourra engendrer des conséquences négatives.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) raconte : « Si le Messie Promis (a.s.) ne nous racontait pas ces histoires, nous aurions fait du bruit et cela l’aurait empêché de travailler. Quand il était libre la nuit, pour maintenir notre intérêt, il nous racontait des histoires afin que nous nous endormions et afin qu’il puisse travailler. Les enfants ignorent l’importance des œuvres de leurs parents. Si on n’éveille pas leurs intérêts ils font du bruit. »

À l’époque, les nouvelles technologies [d’aujourd’hui] n’existaient pas : les parents avaient beaucoup à faire. À présent, en raison des nouvelles avancées, d’une part les parents n’entreprennent rien pour l’éducation morale et spirituelle de leurs enfants, et d’autre part ils ne maintiennent pas de bonnes relations avec ces derniers. Il faudra être vigilant à cet égard.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) raconte : « Un parent racontera des histoires à l’enfant afin que le deuxième ou les autres membres de la famille puissent travailler à leur aise. On pourra atteindre cet objectif même si l’on raconte des histoires à dormir debout. Or, nous ne devons pas nous en contenter. Il faut que ces histoires comportent aussi des bénéfices immédiats.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) nous explique que l’amitié ne doit pas être source de destruction. Le Messie Promis (a.s.) racontait, à cet effet la veille fable suivante.

« Quelqu’un avait pris pour ami un ours. Il l’avait domestiqué ou lui avait fait quelque faveur dans un moment de détresse. Ce faisant l’ours était toujours en sa compagnie. Ce n’est là qu’une fable qui comporte une morale. D’aucuns élèvent des animaux à l’instar des ours. Quand je raconte une histoire citée par le Messie Promis (a.s.) c’est pour en tirer la morale. Je dois présenter ces explications afin que nos détracteurs ne disent pas que nous sommes des imbéciles et que nous croyons que des ours partagent la compagnie des hommes, ajoute Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.).

Ce sont des fables qui comportent une morale et ces analogies [aux animaux] servent à décrire les tempéraments et les actions des personnes concernées. Dans les vielles fables ont fait correspondre la cour d’un roi à celui d’un lion et on présente ses chefs et ses ministres sous forme d’autres animaux. Et le roi à propos de qui on racontait ces histoires en tirait grand plaisir.

En tout cas un homme avait pris un ours pour ami. Un jour sa mère tomba malade : il se mit à côté de lui pour l’éventer et pour repousser les mouches. Quand il dû sortir pour quelque affaire, il indiqua à l’ours de prendre sa place et de repousser les mouches. L’ours tenta d’accomplir diligemment la tâche confiée par son ami. Or, les membres d’un animal diffèrent de celui d’un homme : ils ne peuvent aisément agiter leurs pattes à l’instar de la main d’un homme. L’ours repoussait en vain les mouches qui revenaient de plus bel. Il s’est dit que les mouches doivent certainement beaucoup incommoder la mère de son ami. Pour résoudre ce problème, il leur lança dessus une grosse pierre. Il tua certainement les mouches et écrasa par la même occasion la mère.

La morale de l’histoire est que certains simples d’esprit ignorent qui prendre pour ami. Leurs amis sont animés de nobles sentiments, mais causent en fait leur destruction.

Celui qui souhaite sincèrement le bonheur de son ami ne le poussera point vers la malhonnêteté, voire il l’en retiendra s’il constate que son ami penche dans cette direction.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a très bien décrit le sens de l’amitié en déclarant : « Aidez votre frère, qu’il soit l’oppresseur ou l’opprimé. » Les compagnons ont demandé : « Ô Prophète d’Allah ! Devons-nous aider l’oppresseur ? »

« Vous l’aiderez en retenant sa main » répondit le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Cela signifie qu’il ne faut point, en toute situation, se porter au secours de son ami et satisfaire ses moindres désirs. L’amitié exige de chercher l’avantage de son ami, même s’il faut, pour cela, s’opposer à lui. Si l’ami n’agit pas de la sorte, il causera, par un moyen ou un autre, la destruction ou la perte de son compagnon. C’est là un point que la majorité des gens ne comprennent pas.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) en cite un exemple. Il eut, à Qadian, un différend entre deux personnes. L’ami d’un des deux protagonistes s’engagea corps et âme dans la dispute. De manière déraisonnable ou par sottise, il tentait de respecter ses liens d’amitié. En raison de son noble caractère, celui concerné par la dispute [directement], quant à lui, se réconcilia avec la partie adverse. Or, son ami, qui s’engagea dans la dispute par amitié, devint un apostat suite à ce différend.

L’amitié peut rapprocher d’Allah : elle est avantageuse aux amis. Mais elle peut aussi être source de destruction pour les concernés. Il faudra, de ce fait, user de son discernement dans le respect de ses liens d’amitié et maîtriser ses émotions.

Le Messie Promis (a.s.) racontait l’histoire de l’ours qui se lia d’amitié avec un homme. La femme de ce dernier se moqua de lui : « Quel genre d’homme es-tu pour prendre un ours pour ami ? »

Un jour elle prononça ses paroles blessantes à haute voix tant et si bien que l’ours l’entendit. Celui-ci prit une épée, vint voir son ami et lui dit : « Frappe-moi un coup sur la tête. »

Il ne faut pas s’étonner de pareille conversation. Ce n’est qu’une histoire pour nous faire comprendre qu’il s’agissait d’un homme ayant les caractéristiques d’un ours. Les hommes ont des tempéraments différents. On les assimile tantôt à des ours tantôt à d’autres animaux.

L’ami refusa de frapper l’ours : mais ce dernier insista. Il lui porta finalement un coup d’épée. Couvert de sang, l’ours prit refuge dans la forêt. Un an après il retourna auprès de son ami et lui dit : « Examine ma tête. Y vois-tu quelque trace de blessure ? »

« Non », répondit l’homme.

L’ours ajouta : « Je me suis traité avec des plantes thérapeutiques. Cette blessure-là est guérie. Or, celle causée par les paroles de ta femme est encore béante en mon cœur. »

Parfois la blessure causée par la langue est beaucoup plus grave que celle causée par une épée : on ne l’oublie point.

Tout le monde doit garder ce point à l’esprit afin de maintenir la paix de la société. Il faut respecter les sentiments d’autrui et éviter de lancer toute attaque verbale susceptible de causer des blessures qui seront à jamais béantes. C’est là un point que tout ahmadi doit avoir en tête.

Il incombe à tout ahmadi de préserver sa foi après avoir accepté le Messie Promis (a.s.). Parfois, des faits mineurs suffissent pour détruire la foi, à l’instar de celui qui a perdu la sienne en raison du soutien en faveur de son ami.

Parfois, l’on énonce des paroles contraires au souhait divin qui causent, elles aussi, la destruction de la foi. Il faudra accomplir, à cet égard, notre analyse de conscience à tout instant.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate que le Messie Promis (a.s.) racontait souvent une histoire ayant trait au prophète Moïse.

Quand celui-ci sortit d’Egypte il s’opposa, en cours de route, à la tribu de Amalécites, qui descendaient du Prophète Noé et qui était très hostile envers les Hébreux. Leur roi, craignant la victoire de ces derniers, demanda à un sage de prier [pour la défaite de Moïse]. Il pria mais reçut la révélation divine que Moïse était le prophète de Dieu et qu’il ne peut souhaiter sa destruction. Il en informa son souverain.

Celui-ci, constatant que ses efforts étaient en vain, usa du même subterfuge intemporel auquel Satan eut recours pour chasser Adam du paradis. Il avait eu recours, [souvenons-nous en] à Ève. Ainsi le roi offrit bijoux et parures à la femme du sage afin qu’elle l’incite à prier contre Moise. Le sage refusa dans un premier temps. « Cela concernait l’Égypte, lui dit le roi. Il est fort probable que la situation ait changé à présent. »

Le sage céda finalement à sa demande. On l’emmena dans un endroit : mais il n’y était point serein pour prier. Il changea ainsi d’endroits à deux ou trois reprises. Étant donné qu’il devait perdre sa foi, le sage commença à appeler sur Moïse la malédiction divine. Dès qu’il le fit, un malheur frappa les Hébreux, étant donné qu’il existait, dans le cœur du sage, une once de foi.

Ainsi les Hébreux subirent, temporairement un malheur, en raison des faiblesses qui affectaient leur foi. Celle du sage, quant à elle, prit son envol comme une colombe.

Ainsi il perdit sa foi, car Allah lui avait interdit de prier [contre Moïse] : il perdit son statut lié à sa piété ainsi que sa proximité avec Dieu.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) continue : « Cette histoire est peut-être une légende : or elle démontre que la foi peut disparaître du cœur à l’instar d’une colombe qui s’envole d’une main. L’on acquiert la foi au prix de grands efforts. On peut la perdre en énonçant une simple phrase.

Croire en quelque chose nécessite des efforts considérables et c’est au prix de grands efforts qu’on accroît sa foi. Or, un fait insignifiant, une simple parole contraire au souhait divin peut la réduire à néant. L’homme doit, pour cette raison, être à chaque instant vigilant à cet égard et accomplir son analyse de conscience.

Le Messie Promis (a.s.) répétait souvent, disait Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.), le dicton d’un sage : « Les mains de l’homme doivent s’affairer, mais son cœur être consacré à Dieu. »

Quelqu’un demanda à un sage : « Combien de fois dois-je me souvenir de Dieu ? » Il répondit : « Doit-on compter le nombre de fois que l’on évoque le nom de son bien-aimé ? »

On doit accomplir le dhikr sans compter. Or, il faudra consacrer un moment particulier pour se souvenir de son bien-aimé. Il faudra, pour se faire, mettre de côté toute autre occupation. Étant donné que ces deux conditions sont essentielles, il faudra aussi se consacrer au souvenir Dieu de manière particulière. Ceux qui se vouent corps et âme à ce monde ne comprennent pas ce point. D’où la raison de consacrer un moment particulier au rappel de Dieu pour se souvenir de Ses faveurs et de Ses grâces.

Il faudra aussi écouter avec attention les conseils ayant trait à la foi, s’en souvenir et les traduire dans la pratique. Ceci doit être l’objectif de tout ahmadi. Il n’est d’aucun avantage de se contenter d’écouter un sermon ou des discours pour ensuite oublier les conseils prodigués ou oublier de les mettre en pratique.

Le Messie Promis (a.s.) prononça des discours pendant plusieurs jours à l’endroit des femmes afin de favoriser leur épanouissement moral et spirituel.

Il déclara par la suite : « On doit aussi les mettre à l’épreuve afin de savoir jusqu’à quel point elles ont compris mes conseils. »

Le Messie Promis (a.s.) demanda à une femme qui était venue de l’extérieur : « Qu’avez-vous compris de tout ce que j’ai dit durant ces huit jours ? »

Elle répondit : « Vous y avez évoqué les paroles de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.), c’est tout. »

Cette réponse attrista profondément le Messie Promis (a.s.) tant et si bien qu’il cessa cette série de discours et déclara : « Nos femmes sont coupables de négligence. Elles ont besoin d’une éducation très élémentaire. Elles n’ont pas la capacité de comprendre des faits ayant trait aux grandes questions de la spiritualité. »

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) commenta : « Il en est de même dans le cas de certains hommes. »

Aujourd’hui je dirai même que c’est le cas de beaucoup d’hommes. Or, dans certaines régions nous voyons le contraire. Certaines femmes sont plus instruites que les hommes ; et quand elles font des rappels à leurs maris sur des faits ayant trait à la religion leur demandant de les mettre en pratique, certains répondent : « La religion raconte beaucoup de choses. Moi je ne changerai pas. J’agirai comme bon il me semble. »

La décadence guette ces hommes qui font preuve de pareille obstination. Ils s’éloignent d’ailleurs très loin de la religion.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) affirme : « Regardez par contre la condition des compagnons [du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)]. Matin et soir ils écoutaient les grands et les petits conseils du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), les mettaient en pratique et les ont diffusés dans le monde.

Il faudra aussi lire les ouvrages du Messie Promis (a.s.) et en profiter. C’est là une des obligations les plus importantes qui incombe à la djama’at. Il ne faut point les lire pour le plaisir intellectuel mais avec l’intention d’en tirer les avantages et pour les mettre en pratique. Vous pouvez lire le Coran pour le plaisir. Or, cette lecture ne vous sera d’aucun avantage. Cependant, si vous réfléchissez sur les attributs divins pour énoncer une seule fois Subhan-Allah avec passion, cette unique formule vous mènera aux sommités [de la spiritualité].

Le Messie Promis (a.s.) avait déclaré : « Parfois, une seule formule de glorification suffit pour nous porter aux pinacles de la spiritualité. »

Je n’étais pas présent quand il prononça ces paroles, dit Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.). Un jeune qui l’entendit vint me voir.

« Je n’ai pas compris ce que le Messie Promis (a.s.) a expliqué aujourd’hui », me dit-il.

Ce jeune n’avait pas fait l’expérience de ces choses-là. Je n’avais que 17 ou 18 ans à l’époque. Or j’en avais fait l’expérience.

« Il en est ainsi » ai-je dit.

« Comment cela ? » demanda-t-il.

« Souvent j’ai prononcé Subhan-Allah une seule foi et j’ai ressenti que ma spiritualité est montée à des sommets. C’est une glorification qui sort du cœur et pas des lèvres. »

Avec un grand mépris le jeune déclara : « La Hawla Wa La Qouwata Illa Billahi » pour la seule raison qu’il n’avait jamais réfléchi attentivement sur la parole Subhan-Allah. Il pouvait le faire pendant toute la journée sans en tirer le moindre avantage. Or, je sais, grâce à mon expérience personnelle, que la formule Subhan-Allah m’avait entièrement transformé.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a aussi décrit brillamment ce sujet. Je n’avais pas étudié les hadiths de Bukhari à l’époque, mais mon expérience était avérée.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait déclaré :

كلمتان حَبِيبَتَانِ إِلَى الرَّحْمَنِ خفيفتان على اللسان

Il est deux paroles qui plaisent beaucoup à Dieu. Elles sont légères sur la langue. L’homme peut aisément les énoncer. Or, elles pèseront lourdement dans la balance au jour de la rétribution quand on soupèsera les actes. Elles feront pencher entièrement un plateau de la balance. Ces paroles sont :

سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ سُبْحَانَ اللَّهِ الْعَظِيمِ

Saint est Allah dans Sa Gloire ; Saint est Allah dans Sa Majesté.

Je récite souvent ces expressions. En les énonçant une seule fois mon âme monte parfois au sommet de la spiritualité. »

Il est essentiel de réfléchir profondément sur les ordonnances divines et tenter de les mettre en pratique. La glorification et les louanges qui sortent des profondeurs du cœur ont parfois un profond effet.

Qu’Allah fasse naître en chacun d’entre nous la force agissante nécessaire, afin que nous puisions mériter Son plaisir, que nos glorifications et nos louanges portent nos âmes aux sommets de la spiritualité et qu’ils nous rapprochent de Dieu.

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