Sermon du : 08.04.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Mariage et principes de vie pour un musulman

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) explique qu’il nous incombe d’analyser jusqu’à quel point nos œuvres, nos actions et nos décisions sont conformes au Saint Coran et aux Hadiths. Si après réflexion, on ne trouve pas de solution à une question donnée dans le Coran et les Hadiths, il faudra s’en remettre aux dires et aux décisions des oulémas du passé.

On demanda une fois au Messie Promis (a.s.) : « Comment résoudre les difficultés auxquelles nous faisons face ? Où trouver la direction nécessaire ? » Il répondit : « Je me tourne en premier vers la décision du Coran. S’il ne m’offre pas de solution, je la cherche dans les hadiths. Si je n’en trouve pas, je me remets aux conclusions tirées, aux décisions prises et aux arguments présentés au sein de la Oummah. »

Le Messie Promis (a.s.) affirma aussi que la Sounnah a prééminence sur les hadiths. Il faudra appliquer tout conseil que préconise la Sounnah avant de se tourner vers les hadiths.

La Sounnah comprend les pratiques du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) transmises à ses compagnons. Les Tabiine [disciples des compagnons] les ont appris de ces derniers et les ont transmis à [leurs disciples], les Taba Tabiine. Ces pratiques ont ensuite été disséminées au sein de la Oummah. En tout cas, selon Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) nos actions doivent avoir l’aval de Dieu et du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

D’aucuns se croient trop vertueux au point de sombrer dans l’excès : ils se mettent en difficultés, commettent des excès contre leurs propres personnes. La majorité [des musulmans] accorde peu d’importance à la parole de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.) et n’applique pas leurs conseils avec l’attention nécessaire. Ce sont là les deux catégories qui vont aux extrêmes et qui enfreignent les commandements de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.).

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) a cité l’exemple d’une femme partie à l’extrême dans l’accomplissement de bonnes œuvres. Elle voulait accomplir une action interdite par Allah et Son Prophète (s.a.w.) au nom de la vertu.

Ce récit comporte aussi des leçons pour ceux qui accordent trop d’importance à leurs rêves. Ils ne jouissent pas d’un statut si élevé au point d’affirmer que tous leurs rêves sont vrais et comportent un sens quelconque.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate : « Une des anciennes habitantes de Qadian m’a rencontré récemment. Elle est victime de troubles mentaux et m’a raconté ceci : « J’ai vu le Messie Promis (a.s.) en rêve et il m’a dit : « Si tu jeûnes pendant six mois d’affilée, le Calife recouvra sa santé. »

Le deuxième Calife (r.a.) était [en effet] souffrant durant ces jours.

« Or, commenta la femme, tous les oulémas que j’ai consultés m’ont avisé qu’il est interdit de jeûner pendant six mois d’affilée. Mian Bashir Saheb m’a demandé de jeûner le lundi et le jeudi. Dans un autre rêve le Messie Promis (a.s.) m’a dit : « Je t’ai demandé de jeûner pendant six mois. Pourquoi tu ne l’as pas fait ? »

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) lui a répondu : « Ton rêve n’est pas plus important que les révélations du Messie Promis (a.s.). Il disait à ce propos : « Si jamais l’une d’elles contredisait le Coran et la Sounnah, je l’éliminerai comme du crachat. » Voilà les précautions que prenait le Messie Promis (a.s.) afin de conformer les révélations [qu’il avait reçues] au Saint Coran et aux Hadiths. Nos rêves doivent s’accorder à ses injonctions. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a interdit que l’on jeûne continuellement sur une longue période. Si un rêve contredit cette injonction, il est de Satan, même si vous affirmez qu’il est du Messie Promis (a.s.). En tout cas, il ne vient pas de Dieu. S’il l’était, il aurait confirmé la parole du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et pas le contraire.

Ainsi tout rêve qui contredit le Saint Coran, une fatwa ou la Sounah du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) mérite d’être rejeté. Pareil rêve ne peut être vrai. Se fier à des rêves pour une action quelconque, voire pour une bonne œuvre, et accomplir des actions qui dépassent ses capacités, est condamnable. Elle se transforme en péchés. Or, Allah traite différemment celui qu’Il choisit comme son envoyé : il n’est pas un homme ordinaire.

D’aucuns diront que le Messie Promis (a.s.) avait jeûné pendant six mois d’affilée. Sachez que Dieu était sur le point de le choisir comme prophète. Voyons aussi ses déclarations à ce sujet ainsi que ses conseils à ce propos. Il relate : « J’ai vu en rêve un vieux sage au visage noble. Il m’a informé que jeûner pour un certain temps est le prélude à la réception de la lumière divine. D’ailleurs, c’était la pratique de la famille du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il voulait m’indiquer que je devais suivre cette Sounnah. Ainsi, j’ai jeûné pendant quelque temps et des visions sublimes étaient parmi les merveilles dont je fus le récipiendaire durant ces jours de jeûnes. »

Par la suite, Dieu a accordé toute une série de révélations et de visions au Messie Promis (a.s.).

Le Messie Promis (a.s.) ajoute : « Cependant, je n’autorise à personne d’agir de la sorte, ni l’ai-je fait de mon propre chef. Sachez que c’est suite à une révélation divine claire et évidente que j’ai enduré ces peines physiques pendant huit à neuf mois. J’ai enduré les affres de la faim et de la soif. Je n’ai plus jeûné ainsi de manière continue par la suite. »

Dieu voulait lui conférer un statut particulier, d’où cette permission de Sa part. Jamais, après cet épisode, le Messie Promis (a.s.) n’a eu recours à cette pratique, quoiqu’il jeûnait de temps en temps. D’ailleurs, il a interdit à ses disciples de jeûner pour une longue période.

On accuse le Messie Promis (a.s.) d’avoir fomenté la dissension en fondant une 73esecte parmi les musulmans. L’on porte les mêmes accusations contre les prophètes quand ils sont envoyés. Les Mecquois avaient accusé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de la même chose : à savoir qu’il avait divisé les frères, semé la discorde parmi ses concitoyens et créé de la mésentente. Or, ces troubles existaient bien avant l’avènement du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Le cas des musulmans d’aujourd’hui et du passé est le même : ils étaient déjà divisés [avant l’arrivée du Messie Promis (a.s.)]. Dieu envoie le prophète afin de mettre fin au chaos et de réunir les hommes. Ceux qui l’acceptent sont unis et à l’abri des troubles : les ennemis, quant à eux, sont en proie aux conflits. Nos détracteurs ont beau nous opposer tous ensemble, ils sont divisés et sont en conflits. Cette situation perdurera tant qu’ils rejetteront l’Imam de l’époque. Ils peuvent nous traiter de non musulmans ou de tous les noms : selon la définition de Dieu et de Son Prophète (s.a.w.), nous sommes de véritables musulmans et personne ne pourra nous empêcher de le proclamer.

Décrivant ces agitations, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate : « On m’a raconté [qu’un membre de la communauté des] Ahlé Hadith était parti accomplir la prière en congrégation dans la mosquée des Hannafites. Pendant l’Atahiyat, il a soulevé l’index en prononçant le Tashahhud. Les autres fidèles ont rompu leurs prières sur-le-champ, lui sont tombés dessus et lui ont traité d’infidèle. Les Hannafites ne levaient pas l’index quand ils récitaient le Tashahhud. Ceux qui priaient ont rompu leur Salat sans se soucier de l’énormité de l’acte : c’est l’index de l’autre qu’ils avaient en vue.

Pareille discorde existait avant même l’avènement du Messie Promis (a.s.) qui est venu apporter la réforme. Qui fomente des troubles : celui qui lèse autrui ou le médecin ? D’aucuns occasionnent des plaies pour nuire à autrui : le médecin le fait afin de guérir le souffrant. Personne ne reprochera au médecin d’avoir rendu amer la bouche du fiévreux en lui administrant de la quinine. Si le médecin ne débarrasse pas le corps du mucus, la santé détériorera. Pourquoi critiquer pareille thérapie ? Sans nettoyer la plaie avec les instruments [nécessaires], l’os ne se ressoudera pas. Sans l’usage de produits brûlants, le malade ne se rétablira pas et sa vie sera en danger. Comment pourra-t-on, en pareille situation, condamner le médecin ? Quand il fait souffrir quelqu’un c’est pour mieux le traiter.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) raconte : « Quelqu’un critiqua le Messie Promis (a.s.) pour avoir semé la discorde chez les musulmans, quoiqu’ils étaient déjà divisés. Le Messie Promis (a.s.) lui répondit : « Pour préserver ton lait, est-ce que tu le place avec du yaourt ? Du lait d’excellente qualité ne sera point en bon état pour une seule minute avec du yaourt. La communauté fondée par le prophète doit se distinguer des corrompus. Si le bien-portant n’évite pas le souffrant, il tombera lui aussi malade. Telle est la Sounnah de Dieu : il dissocie la communauté du prophète de ceux qui sont malades spirituellement. C’est pour cette raison qu’Allah a ordonné que leurs funérailles, leurs mariages et leurs Salat doivent être tenir séparément.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Les femmes s’opposent à ces pratiques. Le bien-portant est en danger s’il partage la compagnie d’un malade. Telle sera votre condition si vous partagez la compagnie des non-ahmadis. La plupart des femmes disent : « Comment rompre ma relation avec mon frère ou ma sœur ? »

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) ajoute : « Si un séisme frappe ou s’il y a un incendie, la sœur ne se souciera pas de son frère. Dans sa fuite, elle repoussera ce dernier dans un coin de peur que le toit ne lui tombe sur la tête. Pourquoi réfléchir autrement quand il est question de la religion ? Pareils sentiments [animent le cœur] quand on vit dans l’aisance. Face à un malheur, on ne pose pas pareille question, on ne demande pas pourquoi s’être séparé de l’autre.

Ces sentiments sont le fruit d’une condition aisée : ils dominent vos cœurs car vous n’avez pas compris l’importance des faits spirituels. La réaction sera tout autre quand frappent les malheurs et qu’on est pris par d’autres pensées. Si Dieu vous envoie l’ange de la mort pendant la nuit et que ce dernier vous dit : « Certes j’ai reçu l’ordre de prendre la vie de ton frère ou d’un autre proche, mais j’ai décidé de prendre la tienne. » Aucune personne n’acceptera cela, ni la femme en question d’ailleurs.

Allah déclare :

قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا

C’est-à-dire, préservez-vous ainsi que vos proches du feu.

Si une disciple du Messie Promis (a.s.) est mariée à un non-ahmadi, elle s’éloignera irrémédiablement de l’Ahmadiyya suite à l’influence de son mari ou mourra affligée de brimades. Elle sera tenue à l’écart de ses proches en raison des préjugés religieux. » Il en est de même aujourd’hui.

« C’est un feu. Est-ce qu’une mère placera de ses mains, sa fille dans le feu ? Or, elle le fait rien que [pour maintenir] cette relation insignifiante. On doit éviter pareille pratique. »

On accuse les ahmadis de ne pas se marier avec ceux qui appartiennent à d’autres communautés. Ce n’est point semer la discorde : il s’agit d’un effort pour se protéger, pour préférer la foi à ce monde. Or, seul celui qui a compris ce principe saisira ce point. Cela concerne aussi les jeunes hommes ahmadis qui se marient à l’extérieur de la communauté. S’ils se disent de véritables ahmadis, qu’ils n’accordent point prééminence à leurs désirs personnels et qu’ils se marient avec des jeunes femmes ahmadies. Préférez les générations futures et la foi à vos désirs matériels.

Les générations futures ne sont pas détruites uniquement lorsque les femmes ahmadies se marient avec des non-ahmadis : c’est aussi le cas lorsque des hommes ahmadis se marient à l’extérieur de la communauté.

Que tout ahmadi sache qu’il ne doit point appartenir à l’Ahmadiyya en raison de la pression de la société ou en raison de ses liens de parentés. Il faut qu’il tente de comprendre les préceptes de sa foi. Si tous les jeunes hommes ahmadis se marient à l’extérieur, avec qui marierons-nous les filles ahmadis ? Que les hommes réfléchissent à ce sujet. Cette tendance a pris de l’ampleur et si l’on n’y est pas attentif, elle s’accentuera et l’Ahmadiyya ne durera pas dans les générations futures. À moins qu’Allah n’accorde ses faveurs spéciales. Je demande aussi aux jeunes hommes qui désirent se marier à l’extérieur de la djama’at de s’acquitter de leurs devoirs envers les jeunes femmes ahmadies. Si pour quelque raison, un jeune veut se marier à l’extérieur de la djama’at, il doit fait entrer un autre dans l’Ahmadiyya, faire de lui un ahmadi sincère et le marier à une ahmadie. Il sera ainsi enclin à prêcher le message de l’Ahmadiyya et en raison de cette prise de conscience, il pourrait se marier à une jeune femme ahmadie [au lieu de chercher ailleurs]. En tout cas, des difficultés subsistent concernant les mariages des jeunes femmes et cela ne date pas d’aujourd’hui.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate à ce sujet : « Je veux discuter aujourd’hui à propos du mariage entre ahmadis et les non-ahmadis. La question de la comptabilité [entre époux] découle de cette question. J’étais au courant des difficultés auxquelles font face les ahmadis concernant le mariage. Or, j’en ai pris connaissance de leur ampleur rien qu’au cours de ces neuf derniers mois. »

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) prononçait ce discours au cours de la Jalsa, en 1914, soit neuf mois après son élection comme Calife.

« Dans leurs lettres les ahmadis m’informent qu’ils font face à d’énormes difficultés en ce sens. »

Cette situation perdure aujourd’hui encore. Or, nous allons devoir les résoudre.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) déclare : « Quelqu’un avait suggéré au Messie Promis (a.s.) de faire consigner les noms des jeunes femmes et des jeunes hommes ahmadis [en âge de se marier] dans un registre en disant : « Nous connaissons de grandes difficultés concernant le mariage. Vous nous demandez de ne pas nous marier avec des non-ahmadis et notre djama’at est différente. Que devons-nous faire ? Ouvrons un registre des jeunes hommes et des jeunes femmes qui ne se sont pas encore mariés afin que nous puissions aisément établir ces liens matrimoniaux. Si quelqu’un fait une demande au Messie Promis (a.s.) à ce sujet, l’on pourra s’y référer et arranger un mariage. Car, aucun ahmadi ne rejettera vos conseils. »

Or, d’aucuns font des suggestions en y mêlant quelque intérêt. Ceux-là se retrouvent certainement en difficultés, ajoute Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.). On dirait que ses intentions n’étaient pas bonnes. Durant ces jours, un ahmadis très sincère et vertueux était à la recherche d’une femme pour se marier. Celui qui avait suggéré au Messie Promis (a.s.) d’ouvrir ce registre avait une fille. Le Messie Promis (a.s.) propos à l’ahmadi en question de demander la main de cette fille. Or, le père rejeta sa demande en présentant des prétextes illogiques et maria sa fille chez des non ahmadis. Quand le Messie Promis (a.s.) en eut connaissance, il déclara : « À partir d’aujourd’hui je ne me mêlerai plus de ces questions de mariage. » Ainsi on ne donna pas suite à cette suggestion. Or, si ce système avait perduré ces difficultés auraient disparu. »

Rejeter la suggestion d’un prophète se transforme en épreuve permanente pour la djama’at. Ceux qui se sont mariés à l’extérieur de la djama’at prennent conscience de leur erreur et des grandes difficultés après quelque temps. Les jeunes femmes qui se sont mariées à l’extérieur ou leurs parents m’informent qu’ils sont en en train de subir les conséquences fâcheuses de leur décision. La jeune femme s’est éloignée de la foi : ses beaux-parents ou son mari l’empêchent de rencontrer ses parents et ses proches.

Or, il en est d’autres qui, en raison de leur ego, rejettent de bonnes propositions de la part des ahmadis, tandis que le jeune homme et la jeune femme ahmadis sont d’accord pour se marier. Dans certains cas, j’ai moi-même fait des suggestions qui ont été rejetées par orgueil. S’il existait des gens qui rejetaient les suggestions du Messie Promis (a.s.), le fait qu’on rejette les miennes importe peu. Or, pareilles personnes connaissent aussi une mauvaise fin.

Il est un incident similaire en Allemagne. Des parents ont tué leur fille parce qu’elle voulait se marier avec un ahmadi qui ne leur plaisait pas. Le père et la mère sont à présent en prison. Si les jeunes hommes et les jeunes femmes ahmadis désirent se marier, leurs parents ne doivent pas s’entêter à refuser. Il ne faut pas s’empêtrer dans ces questions de castes et d’ego.

Que les jeunes femmes sachent aussi qu’en sus de la nécessité de leur consentement lors du mariage – un droit accordé par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) – le Nikah ne sera pas valide sans la permission de leur Wali (Tuteur) selon l’Islam.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) déclare : « Nous affirmons que le Messie Promis (a.s.) a été envoyé par Dieu et c’est là une réalité. L’Islam affirme que le Nikah n’est pas valable sans la permission du Wali, hormis dans les exceptions prévues par laShariah. Il nous incombe d’expliquer cela aux concernés : s’ils ne saisissent pas cela, il faudra rompre tout lien avec eux.

Ce genre de cas existait à l’époque du Messie Promis (a.s.). Une jeune femme voulait se marier sans le consentement de son père. Le jeune homme et la jeune femme sont partis à Nagal, un village dans les alentours de Qadian où un mollah a célébré leurNikah. Ils ont annoncé qu’ils se sont mariés et sont ensuite retournés à Qadian. Quand le Messie Promis (a.s.) en a eu connaissance, il les a expulsés tout deux de Qadian en déclarant : « Cela est contraire à la Shariah. On ne peut célébrer le Nikah, en se basant uniquement sur le consentement de la fille et sans la permission du Wali. »

Il eut un cas similaire à l’époque du deuxième Calife : il déclara que ce Nikah n’était point permis. Il relata à ce sujet : « La mère du jeune homme disait pourquoi faire tant de bruit concernant le mariage de mon fils avec cette jeune femme, étant donné qu’elle consentant à cette union. » Je lui ai répondu : « Tu affirmes que la permission du Wali n’est pas nécessaire parce que ton fils a trouvé une fille pour se marier et que cette dernière y consent. Or, tu as aussi des filles. Elles sont peut-être déjà mariées, mais elles ont peut-être des filles. Seras-tu d’accord si l’une d’elles se marie de cette manière à un étranger ? »

Comme je l’ai dit auparavant, d’une part les parents ne doivent pas être sévères à outrance, au point de ne pas marier leur fille en raison de leur ego déplacé, sans présenter de raison valable et allant jusqu’à commettre l’acte ignoble de tuer leur fille. D’autre part, l’Islam ne permet pas aux jeunes femmes d’abandonner leurs maisons et de se présenter devant une instance légale ou un mollah pour faire célébrer leur Nikah. Si les filles font face à certaines contraintes, elles peuvent écrire au Calife, celui-ci prendra toute décision appropriée eu égard à la situation. Quand les jeunes hommes et les jeunes femmes respecteront le principe de préférer la foi au monde ils mériteront la grâce divine.

Dans un sermon, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) explique qu’il est essentiel d’avoir à l’esprit les attributs divins et de méditer à ce sujet : ce faisant l’on se souviendra de Dieu et l’on pourra établir une relation avec Lui. C’est en renforçant ce lien personnel par l’entremise de ces attributs que l’on comprendra la portée réelle de l’amour divin. C’est là une loi naturelle : pour établir une relation physique et d’affection, il est essentiel de se rapprocher de son bien aimé ou d’avoir son image devant soi. C’est là que l’on pourra exprimer sa relation d’amour.

En expliquant ces points davantage, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) déclare : « Pour faire foisonner l’amour, on doit avoir devant soi l’être aimé en personne ou sa photo. C’est ce que préconise l’Islam. »

Ainsi le fait d’échanger des photos lors des propositions de mariage n’est pas quelque chose de nouveau. Selon l’Islam il faut voir le visage de la personne avec qui l’on désire se marier. S’il est impossible de le faire physiquement, on peut regarder sa photo. » C’était le cas dans le passé et il en est de même aujourd’hui.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) ajoute : « J’étais jeune quand je me suis marié. Le Messie Promis (a.s.) avait demandé au Dr Rashid Ud Dine de lui envoyer la photo de la fille. Une fois reçue, le Messie Promis (a.s.) me l’a présentée. Je lui ai dit que la fille me plaisait et il m’a marié. Il ne peut y avoir d’amour sans voir l’autre. »

Comment aimer Dieu si l’on place ses mains sur les yeux lorsqu’Il se présente à soi, demande Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.).

Le Messie Promis (a.s.) disait dans un vers :

Si je ne peux voir mon bien-aimé, que j’entende sa voix tout au moins,

Laissez-moi au moins voir les signes de Sa beauté.

Quelles sont les images de Dieu : Il est Rab, Rahman, Rahim, Maliki Yaumidine, Sattar, Quddus, Momin, Muhaiymin, Salam, Jabbar, Qahhar. Il possède aussi d’autres attributs divins. Voilà les images que l’on arrive à se former à l’esprit. Quand on se remémore ces attributs et que l’on se grave à l’esprit leur sens, un attribut divin se transformera en l’oreille de Dieu, l’autre en Ses yeux, d’autres deviendront ses mains et d’autres sa charpente. Tous les attributs dans leur ensemble présenteront l’image complète de Dieu. Se faire une image des attributs divins et les avoir constamment à l’esprit est un moyen pour acquérir l’amour divin véritable. C’est là que l’on tentera de se rapprocher de Dieu.

Un véritable croyant doit faire montre d’un sens de l’honneur et de la passion à l’égard de la foi. En évoquant ce point Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) déclare : « À maintes reprises j’ai entendu la parole suivante du Messie Promis (a.s.) et d’ailleurs des centaines de compagnons vivant parmi l’ont aussi entendue. Messie Promis (a.s.) disait : « D’aucuns, en raison de leurs prédispositions naturelles, ne peuvent adopter une méthode appropriée, en dépit de leurs bonnes intentions. Quelqu’un demanda à son ami de trouver un mari pour sa fille. Après quelques jours, l’ami l’informa qu’il avait trouvé un bon pair. Le père demanda : « Décris-moi le jeune homme. » L’ami répondit : « Il est très bon et très respectable. » « Dis-moi quelque chose d’autre à son sujet », demanda le père.

« Que dire d’autre, répondit l’ami, il est vraiment très bon et respectable. » Le père insista. Et l’autre lui donna la même réponse. Le père de la fille commenta : « Je ne peux offrir la main de ma fille à celui dont les seules qualités sont la bonté et la respectabilité. On ne connaît rien de sa situation. Il est tout simplement bon et respectable. Si quelqu’un enlève ma fille un de ses jours, il restera les bras croisés en raison de sa bonté. »

Ainsi d’aucuns ont pour seule qualité leur bonne nature : ils n’ont aucun sens de l’honneur pour la foi, aucune passion pour cette dernière. En raison de leurs bonnes intentions, ils méritent certainement le titre de croyant. Or, leur respectabilité est à la fois nuisible à leur personne et à la djama’at. Il faut faire montre de son sens de l’honneur pour religion. Il est d’aucuns qui critiquent la djama’at : et ceux que l’on dit respectables et bons partagent leur compagnie. Pareil acte est condamnable.

La respectabilité et la bonté ne suffisent pas. Rester en compagnie de ceux qui critiquent la djama’at transforme cette respectabilité en indignité. En raison du sens de l’honneur [pour la djama’at] de quitter ces réunions où l’on critique la Nizam et informer les responsables à propos de ceux qui sèment ces discordes de manière constante. La Nizam-e-djama’at doit en informer le Calife, afin qu’il prenne les mesures appropriées pour y remédier. Voici un récit concernant les mollahs qui attisent de la haine du Messie Promis dans les cœurs d’autrui et qui colportent des mensonges à son sujet.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate : « On accusait le Messie Promis (a.s.) de s’adonner à la magie. Un ami m’a raconté qu’un mollah de Ferozpur interdisait aux autres de lire les ouvrages des ahmadis ou de visiter Qadian. Ce fieffé menteur a rapporté une histoire farfelue pour soutenir sa déclaration. Il a raconté : « J’étais parti à Qadian accompagné d’un chef. Nous avons logé dans la résidence des invités et nous avons demandé de rencontrer Mirza Saheb. Après quelque temps Maulvi Nour-oud-dine s’est présenté et il a énoncé des paroles très mielleuses. Quelqu’un nous a apporté du halva (une confiserie) et Maulvi Nour-oud-dine a déclaré : « Ceci a été préparé pour vous. »

Le mollah a commenté : « Je savais qu’on avait jeté un sort sur ce halva et je n’en ai pas touché. Mais mon ami l’ignorait et il en a mangé. Je me suis éclipsé en présentant quelque excuse et Maulvi Nour-oud-dine ignorait que je n’en n’avais pas mangé. Après quelque temps mon compagnon m’a informé qu’il était fort enclin à faire labai’ah. En somme la confiserie avait eu de l’effet sur lui. Étant donné que je l’avais évité, le milieu n’a pas eu d’effet sur moi. Après quelque temps le Messie Promis (a.s.) a fait venir sa calèche : il y a pris place, nous a demandé à moi et à Maulvi Nour-oud-dine d’en faire de même. Mirza Saheb a commencé à me parler, j’ai opiné de la tête afin de voir ce qu’il en serait. Il croyait que j’allais l’accepter étant donné que j’avais mangé du halva sur laquelle il avait jeté un sort. Mirza Ghulam Ahmad (a.s.) s’est dit prophète. Ensuite il s’est dit supérieur au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et s’est proclamé Dieu (qu’Allah nous en préserve). En entendant tout cela, j’ai ditAstaghfirullah. Tout cela n’est que mensonge. Sur ce Mirza Saheb a demandé, tout étonné, au Maulvi Nour-oud-dine : « Est-ce qu’il n’a pas mangé du halva ? Le sort n’a pas eu d’effet sur lui. » Mauvli Nour-oud-dine a répondu : « On lui en a donné. Il est fort étonnant que le sort n’a pas eu d’effet sur lui. »

Or, parfois Allah dévoile leur mensonge sur-le-champ. Un avocat non ahmadi se trouvait dans l’assistance. Il était de nature noble et s’était fait traiter par le premier Calife. En entendant cette histoire, il a déclaré : « J’avais des doutes à propos des mollahs et je me disais qu’ils étaient de grands menteurs. J’ai compris, à présent, qu’il n’y a pas de plus grands menteurs que les mollahs. Je ne suis pas ahmadi, mais j’étais parti à Qadian pour me faire traiter. Tout ce qu’a raconté le mollah n’est que mensonge. Loin d’une calèche [à quatre roues], il n’y a pas à Qadian, la moindre voiture à deux roues [tirée par un cheval]. »

« À l’heure où je vous parle, dit le deuxième Calife, il n’y en a pas encore. D’aucuns croient que nous avons recours à la magie, car ils constatent que ceux qui se joignent à cette djama’at, sont tabassés, insultés, avilis. On leur fait subir des pertes matérielles, or, ils n’abandonnent point la djama’at. On croit que cette persécution et ces insultes auraient dû les effrayer. Mais tout cela n’a aucun effet sur eux. C’est certainement en raison de la magie qu’ils sont fermes dans leur foi, [pensent les détracteurs de l’Ahmadiyya]. Qu’Allah protège l’Oummah de ces mollahs menteurs et qu’Il permette aux gens de reconnaître la vérité et qu’Il fasse que nous puissions comprendre nos responsabilités.

À la fin de son sermon Sa Sainteté le Calife a mentionné le décès de Mme Sakina Nahid épouse de Sheikh Mohammad Rashid. Elle avait 90 ans et avait embrassé l’Ahmadiyya à l’âge de 16 ans en dépit d’hostilité qu’elle a dû endurer au Kashmir sa région natale. En 1974, lors des troubles anti-ahmadis, on avait pillé et brûlé sa maison. Elle était vertueuse et régulière dans ses prières Tahajjud. La défunte laisse derrière elle 3 fils et 3 filles.

Sa Sainteté le Calife a aussi dirigé la prière funéraire de Shawqat Ghani, qui est tombé en martyr le 3 avril 2016. Le défunt avait 21 ans et s’était engagé dans l’armée pakistanaise. Il était stationné dans la région du Baloutchistan et participait à des opérations anti-terroristes, quand il a été par de balles ennemies. Le jeune Shawqat Ghani possédait de nombreuses nobles qualités et avait servi la djama’at à différent niveau. Sa dépouille a été transportée de Karachi jusqu’à Rabwah et il a été enterré avec tous les honneurs militaires.

Voir & écouter

Télécharger audio
[/vc_column][/vc_row]
Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text.

Start typing and press Enter to search