Sermon du : 01.07.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

L’importance de la prière du vendredi

Tout en évoquant l’obligation du jeûne du Ramadan, Allah déclare qu’il prescrit est pour un nombre de jours déterminé. Au début de ce mois, beaucoup se sont dits que [nous jeûnerons] durant de longues journées d’été et qu’il sera difficiles [d’endurer] ces 30 jours. Or, comme l’affirme Allah ces jours se sont écoulés [rapidement] et nous sommes aujourd’hui le 25e jour. Beaucoup m’ont informé qu’ils n’ont pas vu s’écouler ces jours. Au début on a l’impression que les journées seront longues, mais au fil des jours, l’on en perd conscience.

[Nous] sommes aujourd’hui le dernier vendredi du Ramadan : il ne reste que 5 ou 4 jours de jeûne. S’il y a eu des lacunes et [que l’on] n’a pas profité pleinement des jours du Ramadan, nous tenter de les dissiper. Prions qu’Allah couvre nos faiblesses, qu’Il nous accorde Sa miséricorde, et qu’Il ne nous prive pas des bénédictions du Ramadan.

Le dernier vendredi du Ramadan est connu comme la Jummah-Ul-Wida (vendredi d’adieu) dans le jargon populaire. Les musulmans ordinaires croient que toutes leurs supplications seront exaucées en ce jour et qu’en étant présents pour cette prière du vendredi, ils s’acquitteront de toutes leurs Salat, de leurs prières du vendredi et tous leurs actes d’adoration manqués au cours de l’année. Or, un véritable croyant honnit pareille ineptie : l’entretenir est synonyme de tourner la religion en dérision.

Dieu nous a accordé une immense faveur en nous permettant d’accepter [le Messie Promis (a.s.)], Son Envoyé et serviteur véritable du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il nous a débarrassés de ces concepts erronés afin de nous guider sur le droit chemin. Il nous a montré les véritables enseignements de l’Islam et nous a indiqué la voie pour se rapprocher de Dieu.

Lors d’une rencontre on posa la question suivante au Messie Promis (a.s.) : « Il est une tradition chez les musulmans d’accomplir quatre Raka’at de prière – connues comme la Qada-Umri – le dernier vendredi du Ramadan. Cette pratique sert d’expiation pour les Salat manquées. Cette pratique est-elle légitime ? Quelle en est la réalité ? Est-ce qu’elle est permise ? »

Le Messie Promis (a.s.) répondit : « C’est là une futilité.

Si une personne délaisse la Salat sciemment en croyant qu’elle pourra se rattraper [le dernier vendredi du Ramadan] en accomplissant la Qada-Umri, elle commet là un péché. Or, si elle prie parce qu’elle ressent un profond remords et se repent, et qu’elle accomplit cette prière avec l’intention de ne pas négliger la Salat à l’avenir, pourquoi l’en empêcher ? Je présente, en pareil cas, la réponse de Sayyedina Ali. »

L’incident, concernant la réponse de Sayyedina Ali est comme suit : une fois quelqu’un était en train de prier à un moment inapproprié. On dit à Sayyedina Ali : « Vous êtes le Calife. Pourquoi ne l’en empêchez-vous pas ? » Il répondit : « J’ai peur d’être de ceux évoqués dans le verset : « As-tu vu celui qui empêche un serviteur des Nôtres lorsqu’il prie ? »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute à cet effet : « Si la personne ressent du remords et qu’elle prie pour faire amende honorable, pourquoi l’empêcher de prier ? Elle ne fait que prier, rien de plus, quoiqu’elle manque sérieusement de volonté. »

Allah connaît les intentions : d’où la raison de la précaution prise par Sayyedina Ali (r.a.) à la lumière dudit verset. C’est pour cette raison qu’il ne l’empêcha pas de prier. Le Messie Promis (a.s.) a émis son décret en citant le même verset. Or, il nous explique clairement que c’est là une preuve de manque de volonté, si l’intention est d’accomplir la Qada-Umri et non pas de se réformer.

Cette pratique sera acceptable s’il accomplit ces quatre Raka’at en ce jour avec l’intention de se repentir et de prier régulièrement à l’avenir. Or, celui qui n’a pas l’intention de se réformer commet un péché.

Le concept de la Qada-Umri n’existe pas au sein de la djama’at Ahmadiyya. Nous avons, quant à nous, accepté l’Imam de l’époque avec pour condition d’éviter [toutes] innovations, de préférer le spirituel au temporel. Comment est-il possible d’abandonner la Salat et la prière du vendredi après avoir promis de préférer le spirituel ? Si le concept de la Jummah-tul-Wida existe chez nous, il est tout à fait différent. C’est le concept que doit entretenir un véritable ahmadi. En voici sa définition : c’est avec un cœur très lourd que nous souhaitons adieu à ce vendredi. D’ailleurs, nous ne souhaitons pas adieu à ce vendredi. Nous souhaitons adieu à ce mois, à ces jours bénis. »

Le vendredi réuni un grand nombre des nôtres. Nous sommes tous réunis aujourd'hui afin que nous puissions, par la grâce divine, [profiter] en permanence de ces jours et de ces vendredis vécus lors du Ramadan et des bénédictions acquises, pour que nous puissions ensuite accueillir le prochain Ramadan en usant de toutes nos aptitudes. Voilà [en somme] les pensées qui doivent nous animer.

On ne souhaite pas adieu à un être aimé en lui disant : « Va maintenant ! Bon débarras ! Nous allons t’oublier. À présent le souvenir de ta personne ne nous importe pas ! » Quand on souhaite adieu pour toujours à son bien-aimé, on n’oublie pas son souvenir. L’on s’évertue à préserver son souvenir et à perpétuer ses bonnes œuvres ; ou l’on tente d’accomplir de bonnes œuvres en son nom. S’il est un croyant, on prie pour lui. D’ailleurs on n’oublie jamais celui qui se sépare de nous temporairement, qui doit partir dans une autre ville ou un autre pays en raison de ses affaires ou de sa profession. On a recours aux nouvelles technologies d’aujourd’hui, à l’instar du téléphone ou de diverses formes de messagerie. À présent on a recours à Skype afin de pouvoir écouter ses proches ou les voir. Nous ne souhaitons pas adieu à un bien-aimé parce que son souvenir disparaîtra de nos cœurs pour un an ou deux. Nous ne lui disons pas : « Nous allons t’oublier qui tu es et qui tu étais. Quand tu reviendras nous rencontrer nous verrons si nous respecterons tes droits ou pas. Si nous ferons preuve de la même affection à ton égard ou pas. » A-t-on vu pareil comportement dans les relations de ce monde ? Celui qui agira de la sorte sera traité de fou.

Or il s’agit [dans notre cas de] Celui qui est le plus aimé d’entre tous, du Seigneur de tous les mondes, de notre Pourvoyeur, du Rahman du Rahim, de Celui qui nous demande de parfaire notre foi en Lui. Il nous dit : « Ne brisez pas ce lien empreint d’affection et de proximité [établit avec Moi] », « Obéissez-moi, car Je suis Celui qui vous aime le plus et Je m’acquitte de mes devoirs envers celui qui M’aime. Ne n’oubliez pas. » nous dit-Il.

Allons-nous Lui [annoncer] : « O Allah ! Nous Te remercions du Rappel [que Tu nous as fait] à propos de Ta personne, du culte [que nous T’avons voué] et de ces jours de jeûne déterminés que Tu nous as fait connaître. Nous sommes libres à présent. Tout est fini à présent. De quel Rab s’agit-il ? De quel Allah ? À partir de ce vendredi nous Te souhaitons adieu. Et nous allons complètement T’oublier pour un an. Lorsque viendra le prochain Ramadan, nous tenterons de nous rappeler de Toi par le truchement de Ton adoration et de bonnes œuvres. Tant que nous le permettra notre vie et notre santé, nous tenterons, tant bien que mal, de nous acquitter de nos obligations envers Toi. Si nous n’avons pas pu T’adorer ou accomplir de bonnes œuvres, viendra le vendredi d’adieu à la fin du Ramadan de toute manière. Nous nous acquitterons de nos devoirs envers Toi au cours de ce vendredi et Nous Te remercierons pour Ta Raboubiyya et Tes faveurs. »

Celui qui entretiendra de telles pensées ou qui se comportera ainsi sera qualifié, lui aussi, de dément. Or, l’on entretient, [en réalité], de telles pensées quoiqu’on ne l’exprime pas verbalement, mais par ses actions. On découvrira cela en comparant le nombre de fidèles présents aujourd’hui à leur nombre le vendredi prochain. L’on qualifiera pareil comportement d’ignorance, de méconnaissance des rudiments de la religion ou d’absence d’une foi infime en Dieu. Un croyant ne peut entretenir pareilles pensées : il en est bien au-delà. Le croyant est celui qui perpétue les bonnes œuvres d’Allah. Il est empli de gratitude à l’égard d’Allah. Il vit les jours du Ramadan afin de mériter le plaisir divin. Tout en respectant les commandements divins, il souhaite adieu au Ramadan le cœur lourd, se disant : « Nous nous séparons du Ramadan. Or, nous préserverons le souvenir de ces jours dans nos cœurs pour toujours. Nous nous remémorons les vertus que nous avons acquises au cours du Ramadan. Nous préserverons l’attention que nous portions à l’égard des actes d’adoration et jamais nous ne cesserons de nous rapprocher de Toi. Nous avons connu des expressions sublimes de Ton amour. Quand nous marchions dans Ta direction, Tu courrais vers nous comme Tu l’as promis. Il est impossible que nous préservions la mémoire de nos relations terrestres et que nous oublions [Celui que nous aimons] le plus ainsi que Ses faveurs. » Allah octroie des faveurs de manière merveilleuse. [En voici une autre grande faveur [de Sa part] : après cet adieu, afin de préserver ce doux souvenir, Il organise une autre réception après sept jours [pour nous rappeler les faveurs] que nous avons connues le dernier vendredi [du Ramadan]. Certes Il [nous] demande d’attendre un an avant le prochain Ramadan, or Il ne nous prive pas de Son expression d’amour et de Ses faveurs. En instituant la prière du vendredi après chaque sept jours, Il [nous] a accordé les mêmes faveurs octroyées le jour de la Jummah-tul-Wida. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Il est un moment le vendredi où les prières du croyant sont exaucées quand il se tient debout en prière. Or, ce laps de temps est très court. » Ce moment existe durant les vendredis ordinaires, tout comme c’est le cas durant le dernier vendredi du Ramadan. Ainsi, à partir d’aujourd’hui, nous ne nous éloignons pas de ces moments propices à la proximité divine : c’est un instant qui nous est octroyé après sept jours. Celui qui souhaite adieu à ces bonnes œuvres et à ces instants n’est pas croyant. Un croyant ne souhaite jamais adieu aux vertus. Un croyant ne s’éloigne jamais d’Allah, il s’évertue, au contraire, à préserver le souvenir des bonnes œuvres. Il cherche les moyens pour se rapprocher d’Allah. Les voies qui mènent à la proximité divine ne sont pas limitées : toute bonne œuvre mène à Dieu : c’est pour cette raison que le croyant tente de trouver chacune de ces voies. Il ne se limite pas au vendredi pour y trouver les moyens afin de se rapprocher de Dieu.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous explique, en ces termes, comment rencontrer Dieu au plus vite et comment mériter Son plaisir : « Les cinq prières [quotidiennes], les prières du vendredi consécutives et les Ramadan qui se succèdent expient les péchés commis entre ces œuvres, du moins tant que l’homme évite les grandes transgressions. » Afin de se rapprocher Lui, [Allah] nous offre cinq moments quotidiennement : grâce aux cinq Salats établissez un lien avec Allah, c’est ainsi que vous profiterez du pardon de Dieu et de Sa miséricorde, à condition que vous ne commettiez pas de grands péchés sciemment et effrontément. Participez dans chaque prière du vendredi et profitez de ces instants de l’exaucement des prières, c’est ainsi que vous éviterez les transgressions et que vous progresserez dans l’accomplissement de bonnes œuvres. Si vous préservez, tout au long de l’année, les bonnes œuvres accomplies au cours du Ramadan, et que vous évitez les péchés, vous ne mériterez pas la miséricorde et le pardon de Dieu uniquement au cours du Ramadan, mais tout au long de l’année : et vous serez à l’abri du feu. Aujourd’hui, chacun des nôtres doit promettre que ce vendredi et ce Ramadan nous inciteront à protéger nos Salats, et à être présents pour l’office de la prière du vendredi. Faisons la promesse de nous évertuer à perpétuer, jusqu’au prochain Ramadan, les bonnes œuvres accomplies et apprises au cours de ce mois.

Promettons de perpétuer les actes d’adorations et les bonnes œuvres que le Ramadan nous a incités à accomplir. Et ce afin que nous nous entraînions constamment pour accueillir le prochain Ramadan, afin que nous ayons parcouru une étape [de plus] jusqu’au prochain Ramadan, afin que nous puissions fixer un nouveau but pour sortir avec succès du prochain Ramadan, afin que nous progressions dans la voie de la vertu, et afin que nous puissions nous rapprocher davantage de Dieu et acquérir une plus grande connaissance de Sa personne. D’ailleurs, nombre d’entre nous doivent parcourir de nombreuses étapes menant à la proximité d’Allah. Nous ne pouvons affirmer que nous les avons parcouru toutes. Si nous attendons le Ramadan afin de les franchir, nous y passerons toute notre vie, sans atteindre, peut-être, notre objectif. Nous n’atteindrons pas notre but en dépit d’y avoir passé toute notre vie. Une année d’inactions nous ramènera à la case de départ.

Pendant ce mois de Ramadan, j’ai abordé, dans mes sermons, les sujets de la piété, de la prière, des devoirs que l’on doit envers Dieu, particulièrement celui de l’adoration le plus important d’entre tous, étant le but même de notre création. [J’ai aussi abordé le thème de] nos obligations mutuelles et de l’importance de faire montre de hautes valeurs morales.

Après chaque sermon, beaucoup m’écrivaient, m’informant qu’ils leur ont servi de rappel et que les extraits du Messie Promis (as) les ont aidés à mieux comprendre ces sujets. Certes c’est très bien de les comprendre, mais ils seraient bénéfiques quand ils feront partie intégrante de notre existence.

J’ai cité plusieurs Hadiths mentionnant l’importance de chaque prière du vendredi, il est donc clair que son importance n’est pas liée au mois du Ramadan ni avec laJummat-ul-Wida (vendredi d’adieu). L’importance du Ramadan gît dans le fait que nous soyons constamment vigilants quant à l’accomplissement de la prière du vendredi et des cinq prières quotidiennes. Ce mois de Ramadan nous encourage à continuer à prier, à faire des bonnes œuvres et d’accomplir les prières de vendredi en congrégation et de ne pas délaisser ces bonnes habitudes, mais de les protéger jusqu’au Ramadan prochain. Les versets que j’ai cités évoquent également l’importance de la prière du vendredi. En voici la traduction :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque l’appel à la prière est fait le vendredi, hâtez-vous vers le souvenir d’Allah, et laissez de côté toute autre affaire. Cela vaut mieux pour vous, si seulement vous saviez. Et lorsque la Prière est terminée, alors dispersez-vous dans le pays, et recherchez quelque grâce de la part d’Allāh, et souvenez-vous beaucoup d’Allāh, afin que vous prospériez. Mais lorsqu’ils voient quelque commerce ou divertissement, ils s’y précipitent et te laissent debout seul. Dis : « Ce qui est avec Allāh vaut mieux que le divertissement et le commerce, et Allāh est le Meilleur des pourvoyeurs. »

Ces versets mettent en évidence l’importance de la prière du vendredi. Lorsque vous entendez l’appel à la prière – ou de nos jours chacun sait à quelle heure [se déroule la prière de Jummah] – hâtez-vous y et laissez de côté toute autre affaire et commerce. Le sermon du vendredi fait aussi partie de la prière. Ne soyez pas paresseux en vous disant que vous parviendrez à la mosquée quand débutera la prière et que vous pourriez vous y joindre. Au contraire, tenter d’arriver [tôt] pour le sermon.

Je dois ajouter, en passant – voire c’est là un rappel important – qu’à notre époque, Dieu nous a accordé cette facilité qu’est la MTA. En Europe et dans certains pays d’Afrique, la prière du vendredi se déroule au même moment [qu’à Londres]. Ce faisant, il faut essayer d’écouter le sermon du Calife. Ce moyen est une autre faveur qu’Allah nous a accordée afin de préserver l’unité de la djama’at. Même s’il y a un décalage horaire, les ahmadis doivent écouter les sermons. S’il leur est difficile d’écouter le sermon en direct, qu’ils écoutent l’enregistrement. Ainsi, ceux qui prononcent des sermons ou les missionnaires doivent présenter, à leur djama’at, mes sermons le même jour, le jour prochain ou la semaine d’après. Plus l’on s’avance vers l’Ouest, plus il fait tôt : ils peuvent écouter [mon sermon en direct] très tôt et le présenter le même jour [à leur djama’at]. La journée s’est déjà écoulée quand on s’éloigne vers l’Est. On peut présenter [mon] sermon la semaine prochaine. Ceci est un très grand moyen pour engendrer l’unité au sein de la djama’at. […] Par l’entremise de cette invention [qu’est la MTA], Allah a fait du sermon du Calife une partie de cette affinité qui existe entre la Jummah et l’époque du Messie Promis (as).

Dans le deuxième verset, Allah annonce clairement que si vous êtes occupés alors terminez vos travaux avant ou après la prière du vendredi. Et lorsque vous y participerez en délaissant vos occupations mondaines ces dernières seront bénites par Allah. S’absenter de la Jummah sous prétexte que vos travaux mondains seront affectés est un concept erroné, voire, il est aussi nuisible à votre personne.

C’est la tâche de Dieu de faire fructifier une œuvre quelconque et de la bénir. Sachez donc que si vous désobéissez à Allah, Il ne bénira pas vos affaires. Ensuite Allah déclare que vos commerces ou divertissements ne doivent pas entraver votre [présence à la] prière du vendredi.

Cela concerne en particulier notre époque. Comme je l’ai déjà mentionné, il existe une relation particulière entre l’époque du Messie Promis (as) et la Jummah. Il vous est donc vivement enjoint de respecter l’office du vendredi tout en étant occupé dans des commerces, qui ne sont plus locaux à présent. Certes [à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.)] des caravanes commerciales ramenaient des marchandises : or celles-ci était destinées exclusivement à une ville. Le commerce, à présent, n’est plus local. Étant internationale, il vous occupe davantage. Il en est de même de vos jeux et des activités mondaines, qui étant d’ordre international, ne se limitent plus à un fuseau horaire spécifique.

Le croyant doit, en tout cas, respecter l’importance de la prière du vendredi. Car, sa priorité est d’acquérir le plaisir d’Allah. Le pouvoir sanctifiant du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait purifié ses compagnons. Le plaisir de Dieu était l’objet qu’il chérissait le plus cher. C’est pour cela qu’il est inconcevable que ces compagnons puissent abandonner leurs Jummah en raison de quelque commerce ou divertissement. De plus, l’heure où se déroulaient ces commerces ou ces divertissements pouvait très facilement être ajustée en fonction de la prière du vendredi.

Ce verset brosse, sans nul doute, un tableau de notre époque, celle du Messie Promis (as) au cours de laquelle le monde sera plus important que la foi. Les gens seraient occupés 24h sur 24h dans leurs commerces et leurs divertissements. Les distances seraient réduites. On aura constamment accès à la maison à tous ces divertissements et ces amusements à travers les médias. Dieu annonce que vous serez les récipiendaires de Ses bénédictions si vous avez de bonnes priorités. Assurément, ce qui est avec Allāh vaut mieux que le divertissement et le commerce, et Allāh est le Meilleur des pourvoyeurs. Si vous protégez vos Jummah en Lui vouant obéissance, vous mériterez des bénédictions dans vos provisions mondaines également.

Ainsi nous devons prendre en considération cette importance de la prière du vendredi. Il ne nous est, en aucun cas, approprié à nous qui avons accepté le Messie Promis (a.s.), d’être présent pour la prière du vendredi uniquement au cours du Ramadan ou à la Jummah-tul-Wida. Je cite d’autres hadiths expliquant davantage l’importance de la prière du vendredi.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) déclare : « Lorsque vient le jour du vendredi se tiennent à chaque porte de la mosquée des anges qui consignent le nom de la première personne présente. Et ainsi ils consignent la liste des fidèles selon leur venue. Et quand l’Imam termine son sermon, ces anges ferment leurs registres. »

Ceux qui se présentent à la prière du vendredi au dernier moment en raison de leurs occupations mondaines se retrouveront à la fin de cette liste. Et ceux-là mériteront une récompense minime. On en trouve mention dans certains [hadiths], à savoir que le dernier [présent à la mosquée] recevra la récompense [de la valeur] d’un œuf et le premier celle [de la valeur] d’un chameau. Ces analogies démontrent qu’on n’a pas perdu du temps si l’on attend quelques temps dans la mosquée. [Cette attente] fera mériter des récompenses à celui qui vient en premier, le distinguant ainsi du premier. Les premiers se consacrent au souvenir de Dieu à la mosquée : c’est une pratique qui les rapprochera certainement de leur créateur.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en a évoqué l’importance à une occasion : « Le jour de la résurrection les gens seront assis en compagnie de Dieu selon l’ordre de leur présence au cours de la prière du vendredi, c’est-à-dire le premier, le deuxième, le troisième et le quatrième. » Le rapporteur ajoute : « Le quatrième aura sa place dans la cour d’Allah et ne sera pas tenu à l’écart. »

À une autre occasion le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Soyez présents pour la prière du vendredi et asseyez-vous tout près de l’Imam. Celui qui vient à la fin de l’office du vendredi se retrouvera à l’arrière du Paradis, quoiqu’il fasse partie de ses habitants. »

Ainsi tous ces hadiths évoquent l’importance de la prière du vendredi : qu’il s’agisse d’un vendredi du Ramadan ou du dernier de ce mois ou d’un vendredi des jours ordinaires. Se trouver à l’arrière du Paradis signifie se priver du Paradis en raison de sa paresse et de sa négligence eut égard la prière du vendredi en dépit de ses autres bonnes qualités ou simplement s’éloigner d’Allah.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a émis un avertissement à ce propos [dans un autre hadith] : « Allah scelle le cœur de celui qui manque intentionnellement trois prières du vendredi successives. »

Il y a là un grand avertissement pour ceux qui accordent peu d’importance à la prière du vendredi. Avoir le cœur scellé signifie qu’ils n’auront pas, par la suite, l’occasion d’accomplir de bonnes œuvres, ni ne mériteront-ils l’amour divin. Ainsi grâce à tous ces hadiths l’on comprend que chaque vendredi est important. Et que nous devons faire de notre mieux pour y être présents. Or, certains subissent des contraintes. Allah en personne en a exempté d’autres, car Il n’est point injuste. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que l’esclave, la femme, l’enfant et le malade sont exemptés de la prière du vendredi.

Ceci sert d’explications à certaines femmes qui m’interrogent à ce propos, voire qui se plaignent auprès de moi à ce sujet, notamment du fait que parfois les responsables empêchent les femmes accompagnées d’enfants de venir à la prière du vendredi en raison du bruit occasionné par ces derniers.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en personne a exempté ces femmes et ces enfants. S’il n’y a pas d’espace réservé pour les enfants, les mères accompagnées de ces derniers doivent éviter de venir à la prière du vendredi. D’ailleurs, elle n’est pas obligatoire aux femmes, mais aux hommes.

On interrogea le Messie Promis (a.s.) à ce sujet. Il répondit : « Que puis-je ajouter à ce qu’enjoignent la Sunnah et les Hadiths ? Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a exempté les femmes de la Jummah. » Elle est obligatoire uniquement aux hommes : ils doivent y être présents s’ils ne sont pas malades ou s’ils n’ont pas d’excuses valables.

Le Messie Promis (a.s.) a évoqué l’importance de la prière du vendredi. Et à cet égard en 1895-96, il a voulu présenter une demande à l’État en faveur des fonctionnaires musulmans afin qu’ils aient deux heures de pause pour accomplir la prière du vendredi et il a commencé à recueillir les signatures des musulmans à cet effet. Or, Maulvi Muhammad Hussain Batalvi a publié une annonce dans laquelle il disait que c’était là une campagne très louable mais qu’elle ne devait pas être menée par Mirza Saheb (le Messie Promis (a.s.)). Le Messie Promis (a.s.) a répliqué : « Je ne désire point la renommée. Menez-la campagne si vous le désirer. » Il a cessé ses efforts. Par la suite, ni Maulvi Muhammad Hussain Batalvi, ni aucun autre érudit musulman n’a continué cette campagne. Or, à une occasion le Messie Promis (a.s.) a envoyé une pétition au Lord Curzon, le vice-roi de l’Inde, dans laquelle il a évoqué les qualités louables de ce dernier. Il lui a remercié pour les droits accordés aux musulmans, notamment la restitution de la mosquée impériale de Lahore aux musulmans afin qu’ils puissent l’utiliser comme lieu de culte. La compagnie des chemins de fers avait saisi une autre mosquée, et le vice-roi l’avait aussi restituée aux musulmans. « Ce sont-là de grandes faveurs accordées aux musulmans, avait-il écrit dans cette pétition. Or, il reste un autre désir inaccompli des musulmans. Ils souhaitent que celui qui a accompli leurs désirs puisse satisfaire un autre de leurs souhaits, notamment celle concernant le jour du vendredi, un jour de congé important en Islam. Une sourate du Coran y a été consacrée. Il y est dit : « Lorsque l’appel à la prière est lancé le vendredi, mettez de côté toutes vos occupations mondaines et réunissez-vous dans les mosquées. Et accomplissez la prière du vendredi en respectant toutes ses exigences. Celui qui n’agira pas de la sorte sera un grand pécheur, voire proche de l’apostasie. Le Saint Coran n’a pas mis autant d’emphase sur la prière de la Aïd que sur la prière du vendredi et du fait d’écouter le sermon du vendredi. Depuis le tout début, depuis l’avènement de l’Islam, le vendredi est un jour de congé chez les musulmans. Et pendant huit cents ans, c’est-à-dire tant que [l’Inde] était un État musulman, le vendredi était jour de congé. »

Le Messie Promis (a.s.) ajoute dans sa pétition : « Ce pays comprend trois nations : les hindous, les chrétiens et les musulmans. L’État a accordé aux deux premiers le jour pour célébrer leurs rites religieux, notamment le dimanche. C’est un jour de congé général. Or, la troisième nation, à savoir les musulmans, est privée de leur jour de célébration, le vendredi. Si l’État fait du vendredi un jour de congé général, cette faveur méritera d’être consignée en lettres d’or dans la liste des faveurs accordées par l’État aux musulmans. »

C’était là la peine que ressentait le Messie Promis (a.s.) à l’égard des musulmans, [afin qu’ils respectent] les préceptes islamiques, afin d’attirer [leur attention] quant à l’adoration divine.

Le Messie Promis (a.s.) ajouta : « Si l’État accorde aux musulmans un jour de congé le vendredi en raison de ses bénédictions, ou s’il leur accorde une demi-journée de congé, il n’y aura pas, selon moi, un plus grand effort pour plaire à la population [musulmane]. »

Aujourd’hui les musulmans, ou les prétendus oulémas, accusent le Messie Promis (a.s.) d’être une plante des Britanniques. Or, c’est le Messie Promis (a.s.) qui a attiré l’attention de l’État britannique concernant les droits religieux des musulmans. Aucun autre leader musulman n’a eu l’occasion de le faire. D’ailleurs cette œuvre lui incombait, car il avait pour mission à notre époque, de faire connaître l’importance de l’Islam au monde et de pousser [autrui] à mettre en œuvre les véritables préceptes de l’Islam. Cette tâche lui a été confiée par Dieu. Nous annonçons avoir accepté le Messie Promis (a.s.) ; chacune de nos actions et de nos paroles doivent refléter les véritables enseignements de l’Islam. Nous devons promettre d’intégrer dans notre vie ces bénédictions qui ont accompagnées ce Ramadan et celles qu’elle laisse derrière.Insha Allah. Nous ne devons pas être les exemples pratiques des préceptes de l’Islam uniquement pour un mois. Il faudra respecter pour toujours la promesse faite à l’Imam de l’époque.

Je présente quelques écrits du Messie Promis (a.s.) dans lesquels il évoque l’importance du lien entre son époque et la prière du vendredi ainsi que nos responsabilités [à cet égard].

Il déclare : « Cette religion qu’est l’Islam est la faveur parachevée par Dieu. Parmi ces faveurs, se trouve le jour du vendredi. C’est le jour où les faveurs ont été parachevées. Ceci est évoqué [dans le verset] : « afin de faire prévaloir [l’Islam] sur toutes les autres religions… ». La réalisation [de cette prophétie] aura lieu lors d’un vendredi grandiose. Et ce vendredi est venu, car Dieu a lié intimement le Messie Promis (a.s.) à ce vendredi. »

En nous prodiguant d’autres conseils, le Messie Promis (a.s.) déclare :

« Je le dis en toute vérité que [l’avènement du Messie] est une opportunité offerte par Dieu aux bienheureux. Béni est celui qui en profite. Vous qui avez établi cette relation avec moi ne devez point vous enorgueillir, croyant que vous avez acquis tout ce que vous deviez acquérir. Certes vous êtes plus proches de la félicité comparés à [ceux qui m’ont] rejeté et qui, en raison de leur farouche opposition et calomnies, se sont attirés le courroux divin.

Il est aussi vrai que s’étant fait une opinion favorable [de ma personne] vous vous êtes évertués à vous protéger de la colère divine, mais en réalité vous vous êtes contentés de vous rapprocher de la fontaine de la vie éternelle créée par Dieu en cette ère. A vous maintenant d’en consommer l’eau : implorez de ce fait la grâce et la faveur de Dieu afin qu’Il vous en fasse boire à satiété, car rien ne se fait sans l’apport du Très-Haut. J’ai la ferme conviction que celui qui boira de cette source ne connaîtra point l’anéantissement, car son eau offre la vie, elle protège de la destruction et des assauts de Satan. Comment se désaltérer à cette source ? Pour ce faire il faudra s’acquitter au mieux des deux obligations que Dieu vous a prescrites : celle que vous avez envers Lui et celle que vous avez envers Sa création. »

Nous devons tous faire la promesse que nous allons respecter notre serment d’allégeance et que nous tenterons de respecter nos obligations envers Dieu et Ses créatures, comme il le sied de la part d’un croyant. Tentons de rendre permanent les bénédictions du Ramadan au cours de notre vie. Qu’Allah nous en accorde l’opportunité.

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