Sermon du : 01.04.2016 prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

Droits et devoirs du musulman

Dans mon précédent sermon, j’avais cité le Messie Promis (a.s.) qui disait aux ahmadis qu’ils devaient se réjouir du fait qu’Allah leur a donné naissance en son temps, une époque tant attendue par de nombreuses nations qui ont quitté ce monde.

Les ahmadis sont certainement chanceux d’avoir prêté allégeance au Messie Promis (a.s.) et de pouvoir mettre en pratique les commandements de Dieu. Nous ne sommes pas de ces malheureux qui n’ont pas eu l’occasion de prêter allégeance au Messie Promis (a.s.) en dépit d’avoir connu son époque. Il en est d’autres qui sont emplies d’hostilité et qui sont privés de la direction de l’Envoyé de Dieu, qui sont se égarés et divisés.

Nous ne pourrons jamais assez remercier Dieu pour nous avoir guidés sur le droit chemin et de nous avoir présenté, par l’entremise de l’Imam qu’il a envoyé, les réponses aux questions de la vie, en accord aux préceptes de l’Islam.

Dans ses écrits, ses dires et ses rencontres, le Messie Promis (a.s.) a expliqué différents concepts en ayant recours à des analogies. Ceci a été rapporté par ses compagnons dans leurs récits. Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) est celui qui nous a accordé les plus grandes faveurs dans ce domaine : dans ses sermons et discours, il a mentionné des faits relatés par le Messie Promis (a.s.), des faits qu’il a vu de ses yeux, entendu de ses oreilles ou que les compagnons proches du Messie Promis (a.s.) lui avaient rapportés.

Ainsi, il est facile de saisir ces concepts grâce à des exemples. J’en ai fait mention depuis quelque temps dans mes sermons. J’ai d’ailleurs reçu nombre de lettres à ce sujet m’informant qu’il est aisé de comprendre ces concepts grâce à des analogies. Le sermon d’aujourd’hui s’inscrit dans la même lignée.

Dans un sermon, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) a commenté sur la légalité des grèves dont la cause fondamentale est le non-respect des droits [d’autrui]. Parfois les patrons ne s’acquittent pas de leurs obligations envers leurs employés. Et quand ces derniers ont l’occasion, ils en font de même. Ce qui engendre de la frustration. En certains cas, c’est l’État qui ne répond pas aux besoins des populations et parfois ces dernières ne s’acquittent pas de leurs devoirs envers l’État. Quand les patrons et l’État ne respectent pas leurs obligations envers autrui, la réaction ne saurait tarder. Or, lorsque employés et populations ne s’acquittent pas de leurs devoirs, ils sont vite châtiés. L’homme se retrouve dans un cercle vicieux quand il s’implique dans les œuvres de ce monde. L’Islam nous enjoint de ne pas nous traiter les uns les autres comme des étrangers, mais de se considérer comme frères et de nous acquitter de nos devoirs envers autrui. Ce faisant, l’ordre mis en place, qu’il concerne ce monde ou pas, ne sera pas affecté. Voilà en bref la direction qu’offre l’Islam à ce sujet.

Ceci n’est pas limité uniquement à l’état musulman. Les autorités de ce monde doivent s’acquitter de leurs devoirs dans l’exercice de leur fonction. Quand il est question de réclamer ses droits, il faudra avoir recours à des moyens licites, à la place des grèves ou des méthodes illégaux.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) déclare à ce sujet : « L’édifice de la société islamique repose sur les assises de la justice et de l’affection. Quand on réclame, ses droits il faudra avoir recours à ces deux principes. Lorsqu’un ahmadi participait dans une grève, le Messie Promis (a.s.) le punissait sévèrement et était en colère contre lui. »

Les pays musulmans sont secoués aujourd’hui par des grèves et la révolte. Hormis les lieux où les forces sataniques sont à l’œuvre, la frustration s’accumule généralement entre l’État et les populations en raison du non-respect des droits d’autrui. Si la gestion de l’État repose sur les exigences de la justice, les forces sataniques ou les puissances étrangères, qui fomentent des troubles, n’auront pas l’occasion de le faire. Quand on respecte ses devoirs envers la population celle-ci ne suivra aucun mollah, fauteur de troubles ou rebelle. Qu’Allah accorde le discernement nécessaire aux dirigeants des pays musulmans, en particulier à celui du Pakistan, afin qu’ils s’acquittent de leurs devoirs envers leurs populations.

Tout ahmadi doit aussi prier en ce sens. D’ailleurs, s’il est contraint à prendre part à ces manifestations, il ne doit pas nuire aux biens d’autrui ou aux propriétés de l’état.

Celui qui s’acquitte des charges de sa profession avec intérêt usera de toutes ses facultés pour ce faire : ceci est un principe général. Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) explique que tout soldat ou général, enseignant ou juge, avocat ou commerçant, secrétaire de l’assemblée ou ministre, qui accomplit ses devoirs de tout son cœur, qui y consacre tout son temps, se dira exténuer par son travail lorsqu’il rentrera chez lui le soir. Or, quel est l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) : il a accompli, plus que les autres, tout le travail abattu par toutes ces personnes dans leurs professions respectives. Il était à la fois juge, enseignant, chef d’État et législateur. Cependant, il aidait aussi ses épouses à la maison. Jamais n’a-t-il refusé de le faire se disant trop occupé. En expliquant cela, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) a déclaré : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’acquittait aussi de ses devoirs envers ses épouses. Il le faisait avec une telle attention, que chacune d’entre elles croyait qu’elle recevait la plus grande attention de sa part. Il avait neuf épouses [à un moment donné]. Après la prière d’Asr, il les visitait toutes, prenant en considération leurs besoins. Parfois, il les aidait dans leurs tâches ménagères. En sus de cela, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait des vingtaines d’autres tâches à accomplir.

Il n’était jamais oisif à aucun moment de la journée. Or, il habitait aussi un pays où sévissait le paludisme. Nombre de personnes qui résident en Afrique ou en Asie attribuent leur paresse au paludisme ou à d’autres infections. Ces maladies étaient aussi présentes là où vivait le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

Le Messie Promis (a.s.) était le reflet du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), raconte Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.). Quand nous fermions les yeux pour dormir, il était au travail et quand nous ouvrions, il l’était toujours. En dépit de toute cette peine qu’il se donnait, il avait une grande appréciation pour ceux qui corrigeaient ses épreuves. Si quelqu’un frappait à sa porte après la prière d’Esha lui annonçant : « Huzur ! Je vous apporte les corrections », il se levait de son lit et tout en marchant vers la porte il disait : « Jazakallah. Vous vous êtes donné beaucoup de peine. Jazakallah. Vous vous êtes donné beaucoup de peine. » Or, ce travail de correction était tout à fait insignifiant comparé aux œuvres du Messie Promis (a.s.). Ainsi, c’est de lui que nous avons appris comment travailler. Il nous a beaucoup étonnés. Parfois, il faisait des marches en raison de sa maladie, or cela ne l’empêchait pas de travailler. Quand il partait pour sa marche il évoquait, en cours de route, des points ayant trait à la religion et répondait aux questions. Telles étaient ses œuvres, en dépit du fait qu’il vivait dans un lieu en proie au paludisme.

Il ne faut point attribuer sa paresse à des maladies. Les paresseux qui négligent leurs devoirs ne sont pas affectés par le paludisme du corps par celui du cœur. S’ils se décident à travailler, ils pourront se débarrasser de leur paresse. »

Oublions un instant ces régions affectées par le paludisme. Ceux qui y sont originaires et qui se sont installés en Europe restent inactifs à la maison : ils passent leur temps devant la télé, à se disputer avec leurs épouses, ou à importuner leurs enfants. Ceci n’est pas une maladie, ce sont des prétextes. Ceci n’est pas une maladie, c’est de la paresse, de l’oisiveté. Ils ne se soucient pas de leur gagne-pain, car ils reçoivent des allocations de l’État. Ainsi ceux qui habitent en Occident doivent aussi se débarrasser de leur paresse.

Afin de protéger l’avenir de la femme, l’Islam prescrit qu’on lui accorde une dot au moment du mariage. D’aucuns croient, à tort, que c’est au moment du divorce ou de la séparation que l’on doit remettre la dot. Or, quel est son objectif ? C’est une somme qu’elle doit avoir à sa disposition afin d’en puiser quand elle sera dans le besoin et qu’elle hésite à demander l’aide de son mari. Parfois, ce dernier n’est pas à même de combler ses dépenses. Si elle dispose d’un capital, elle pourra combler ce besoin. Si le mari ne lui remet pas la dot, elle ne pourra se sortir d’affaire en cas de difficulté. À titre d’exemple, elle désira peut-être aider un proche sans en informer son mari. Il faut qu’elle dispose d’une somme qu’elle pourra utiliser en cas d’urgence ou dépenser à loisir. Certains maris, loin d’accorder à la femme sa dot, placent des conditions sur les revenus de celle-ci, lui disant : « Tu n’en dépenseras pas sans ma permission ou donne-moi tout ce que tu reçois ou verse autant dans mon compte en banque ». Pareille pratique est tout à fait condamnable.

Dans certaines familles défavorisées ou dans des pays pauvres les parents de la fille prennent, de coutume, prendre la dot remise par le futur mari ou les futurs beaux-parents. La fille, quant à elle, ne reçoit rien : elle reste les mains vides après son mariage. Pareille pratique est aussi condamnable. C’est comme vendre sa fille, une pratique que l’Islam interdit fortement.

Dans certains cas, les femmes remettent à leurs maris la dot qu’elles ont reçue de leur part. Or, cela est aussi sujet à certaines conditions : il faudra placer la dot entre les mains de la femme au préalable. Le Calife Umar (r.a.), certains juristes ou sages au sein de l’Islam ont décrété qu’il faudra remettre à la femme sa dot et elle doit en disposer pendant un an. Passé ce délai, elle peut retourner cette somme à son mari, si elle le souhaite. Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate un incident sur le remboursement de la dot par la femme. Il concerne un compagnon du Messie Promis (a.s.) du nom de Hakim Fazal Din Saheb, un des premiers membres de notre communauté : il avait deux épouses. Un jour le Messie Promis (a.s.) a déclaré que le paiement de la dot est une injonction de la Shariah et qu’il faut la remettre à la femme. Sur ce Hakim Fazal Din Saheb a répondu : « Mes femmes m’en ont exempté. » Le Messie Promis (a.s.) lui a demandé : « Est-ce que vous leur avez remis la somme entre les mains pour qu’ensuite elles vous en exemptent ? » Hakim Fazal Din Saheb a répondu : « Non. J’avais fait une déclaration verbale [concernant la dot] et elles m’en ont exempté [verbalement]. » Messie Promis (a.s.) a répondu : « Remettez-leur la somme entre les mains pour ensuite leur demander de vous en exempter. »

Or, c’est le degré inférieur. Il faut que la femme dispose de cette somme pour au moins un an : si passé ce délai, elle désire la retourner au mari, ceci sera acceptable.

Hakim Fazal Din Saheb a emprunté mille roupies pour remettre à chacune de ses épouses 500 roupies qu’il leur avait promises comme dot. Il a ajouté : « Sachez que vous m’aviez exempté de la dot. Retournez-moi la somme à présent. » Elles ont répondu : « À l’époque, nous ignorions si vous alliez nous la remettre ou pas. C’est pour cette raison que nous vous en avions exempté. La somme est à présent entre nos mains. Nous n’allons pas vous la remettre. »

Hakim Fazal Din Saheb a relaté l’incident au Messie Promis (a.s.) qui en a ri et a déclaré : « Il faudra tout d’abord remettre la dot à la femme. Elle pourra la retourner au mari après quelque temps si elle le souhaite. S’en faire exempter sans rien offrir au préalable sera comme faire étalage des faveurs [imaginaires] sans endurer aucune peine ou labeur. La femme se dit qu’on ne lui a rien donné ou qu’on ne lui remettra rien. Puisque le mari lui a demandé de l’en exempter, pourquoi ne pas le faire ? C’est une faveur qui ne coûte rien. Il sera acceptable qu’elle retourne, de son propre gré, la somme qu’elle a reçue. Si la dot a été fixée à un million de roupies, mais qu’on ne lui a rien remis, elle la remboursera certainement, car elle sait que rien ne sortira de sa poche. Ce ne sont que des paroles en l’air. Avant [que le mari] ne demande à la femme de l’exempter de la dot, il faudra la lui remettre. On remet à la femme cette somme à un moment où elle ignore parfois ses nécessités. Des fois, ses parents veulent faire main basse sur la dot. Pareille pratique est condamnable. C’est un commerce d’être humain et cela est tout à fait condamnable.

Le paiement de la Zakat est obligatoire à toute personne qui remplie les conditions y afférentes. Or, il y a ceux qui dépensent tous leurs revenus dans la voie d’Allah. Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate l’histoire d’un sage à cet effet.

Il raconte : « Il n’y a pas de doute qu’il existe, en ce monde, des gens qu’Allah a créé afin de servir d’exemples aux autres. J’ai entendu le Messie Promis (a.s.) raconter que l’on avait demandé à un sage : « Sur quel montant la Zakaat est-elle prélevée ? » Il a répondu : « Dans ton cas, une roupie de Zakaat est due sur un capital de 40 roupies en ta possession. » L’autre a demandé : « Pourquoi avez-vous dit « dans mon cas » ? Le taux de la Zakaat est-il différent pour chaque individu ? » Le sage a répondu : « Si tu possèdes quarante roupies, tu dois payer 1 roupie comme Zakaat. Si je possède 40 roupies, je dois payer 41 roupies. Car, dans ton cas, Allah te recommande de travailler et de consommer ce que tu gagnes. Or, dans mon cas, c’est Allah en personne qui subvient à mes besoins. Si par sottise j’ai pu amasser 40 roupies, je dois payer 40 pour la Zakaat et 1 roupie comme amende. »

Telle est la condition de ces saints hommes. D’aucuns ont pour obligation de consacrer toute leur attention aux questions ayant trait à la foi : Allah les a créés pour cette cause. Les autres doivent travailler pour leurs revenus : ils doivent ensuite sacrifier une partie de leurs biens et de leur temps pour la cause de Dieu. Et aussi consacrer du temps aux œuvres de la foi, accomplir l’istighfar et adorer Dieu. L’honneur, les richesses, la renommée qu’Allah leur a accordés sont autant de faveurs. Prouver sa reconnaissance signifie se soucier des autres.

D’aucuns ont un esprit très mercantile ou ils imitent certaines pratiques contraires aux traditions de la djama’at ou aux préceptes de l’Islam. Cette catégorie de personnes existe aussi chez certains responsables de la communauté. Certains membres des comités administratifs locaux prennent certaines décisions de ce genre. Celui de Qadian l’avait une fois publié un formulaire et quelqu’un avait mis en vente pour 4 sous. C’était probablement un formulaire de rapport. Aujourd’hui encore d’aucuns au recours à des innovations et oublient leurs traditions. Je vous présente ici les explications fournies par Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.).

Il déclare : « Je prodigue le conseil suivant aux membres de ma djama’at : leurs œuvres doivent se conformer à la Shariah. Suivez le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et le Messie Promis (a.s.). On m’a montré, quelques jours de cela, un morceau de papier qui ressemblait à un formulaire : on le mettait en vente pour une Anna. J’ai su que c’était l’Anjuman local (le comité) qui l’avait lancé. En voyant les documents officiels de l’État, ils ont décidé de lancer un formulaire pour le mettre en vente. Le corbeau a voulu imiter la démarche de la perdrix et il a fini par oublier la sienne. Je ne pourrai faire pareille affirmation : or, je dirais que la perdrix a voulu imiter la démarche du corbeau et a fini par oublier la sienne. Quelle relation entretenons-nous avec les gouvernements d’ici-bas pour tenter de les imiter ? Ni le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), ni le Messie Promis (a.s.) n’avaient lancé pareils formulaires. Pourquoi donc accorder l’occasion à l’ennemi de lancer des objections ? Il se dit : « Ils ne savent même pas ce qu’ils font. » C’est l’image de la djama’at qui est ternie par l’action d’un individu.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) cite ici-bas un autre exemple. Vivait à Gurdaspur un vieillard de grande taille qui portait une longue barbe. Quand il voyait un ami au loin, au lieu de dire Assalamoalaikum, il lançait des Allaho-Akbar. Quand l’autre s’était approché de lui, il lui attrapait le pouce, lançait des Allaho Akbar et sautait. Il venait souvent rencontrer le Messie Promis. À l’instar de notre président local, il aimait imiter les autres. D’aucuns imitent les autres, commettant ainsi des actes condamnables. Le vieux aimait faire des imitations : quotidiennement il entendait parler des dossiers. Il écrivait les pétitions au tribunal, voulait aussi se faire magistrat et émettre des ordres qu’on lui présente tel ou tel dossier. Étant donné qu’il ne pouvait assouvir ce désir, il s’était fait, à la maison, des dossiers pour le sel, le beurre clarifié, le piment et les combustibles. Quand il rentrait chez lui, il retournait un pot en terre et s’asseyait dessus. Quand sa femme lui disait qu’on avait besoin de sel, il lançait : « Présentez-moi le dossier du sel. » Sa femme le lui apportait, il le lisait, réfléchissait et déclarait : « Inscrivez : j’autorise [l’usage d’autant de] sel. »

Un jour, malheureusement [pour lui], on vola quelques dossiers du tribunal. L’enquête débuta et un de ses voisins informa la police qu’il pouvait leur indiquer leur emplacement à condition qu’on lui remette une récompense. Étant donné qu’il entendait parler des dossiers quotidiennement de la maison de son voisin, il donna le nom de ce dernier. La police, toute équipée, entoura la maison du vieillard et procéda à une fouille : mais on y découvrit le dossier du sel, du beurre clarifié et des épices.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) commente : « Je vois la même chose aujourd’hui. Nos amis croient que tout ce qui est originaire de l’Occident mérite d’être imité sans se soucier de son importance. »

Il n’est pas question ici d’un formulaire ou de son prix. Si une pratique est contraire à nos enseignements et à nos traditions, nous devons l’éviter : voilà le principe à suivre. Aucune [pratique] en ce monde mérite d’être imité : selon Allah, c’est le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) qui nous sert de modèle. C’est lui que nous devons imiter. D’ailleurs, à notre époque, Dieu nous a présenté l’exemple du Messie Promis (a.s.), qui nous a enseigné ce qu’il a appris de son maître. Nous devons y conformer nos actions.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) raconte : « C’était peut-être au cours de la dernière année du Messie Promis (a.s.) ou au cours du Ramadan du premier Califat. En tout cas, en raison de la chaleur, ou peut-être parce que je n’avais pas bu d’eau lorsque j’avais pris le repas du matin, j’avais très soif au cours de la journée du jeûne. J’avais peur de m’évanouir et il restait encore une heure avant le couché du soleil. Exténué, je me suis jeté sur un lit : dans une vision, quelqu’un avait placé du bétel dans ma bouche. Au fur et à mesure que j’en aspirais, ma soif disparaissait. C’est ainsi qu’Allah a étanché ma soif jusqu’à la faire disparaître. Ainsi, il faut soit assouvir son désir soit s’en libérer, afin qu’il disparaisse.

Quelqu’un avait requis des prières aux Messie Promis (a.s.) afin de se marier avec telle ou telle femme. Le Messie Promis (a.s.) répondit : « Certes je prierai pour vous, mais je ne promets pas que le mariage aura lieu. Soit que vous vous marierez avec elle, soit qu’elle vous déplaira. » Le Messie Promis (a.s.) pria pour l’intéressé qui déclara après quelques jours : « J’ai de l’aversion pour cette femme. »

« Quelqu’un m’a fait une requête similaire, dit le deuxième Calife. Suivant la pratique du Messie Promis (a.s.), je lui ai donné la même réponse. Par la suite, il m’a informé qu’il ne pensait plus à propos de cette femme. Tout désir à son propos avait disparu par la suite. »

Voilà le principe à suivre dans ses prières. Le plaisir de Dieu doit primer. Il faudra prier en accordant de l’importance à Sa décision. Certains m’écrivent à ce sujet : « Je veux me marier avec telle ou telle personne. Priez pour que le mariage ait lieu. Faites aussi des démarches à cet effet, convainquez ses parents, et informez aussi la djama’at, sinon je mourrai et l’autre aussi. »

Ce sont-là autant de futilités. Le but réel du mariage est la sérénité du cœur et la continuité de la descendance. Il faudra demander la grâce d’Allah : si cela est meilleur à Ses yeux, que le mariage ait lieu, sinon que ce désir disparaisse du cœur. Ces amours ne concernent que ce monde d’ici-bas et sont éphémères. L’on doit quémander les amours de ce monde dans le but de mériter l’amour divin : si cela se réalise, ces amours de ce monde seront des actes de vertus et accorderont une tranquillité et une sérénité éternelles au cœur.

Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) nous explique qu’aucune chose en ce monde n’est nuisible en soi. La strychnine est un poison : celui qui en consomme en meurt. Or, elle est aussi un remède et sauve la vie de centaines de milliers de personnes. L’opium est un autre produit mortel. Or, sa dangerosité est moindre comparée à ses avantages.

Le Messie Promis (a.s.) explique : « Selon les médecins, l’opium est utilisé dans la moitié des médicaments, tant est si bien qu’il est impossible d’estimer tous les avantages qu’il comporte. On n’a qu’à administrer une piqûre de morphine à celui qui est anxieux ou qui a des insomnies ou qui est perclus de douleurs ou qui est suicidaire pour qu’il retrouve immédiatement son calme. Ainsi aucun produit au monde n’est nuisible en soi. Ils sont néfastes quand ils sont utilisés à mauvais escient : ce qui résulte en fait des manquements de l’homme. C’est pour cette raison qu’Abraham a attribué la maladie à sa personne et la guérison à Dieu. Or, chez nous, quand musulman, qui croit en Dieu, subit un échec il déclare : « J’ai fait de mon mieux, mais Allah m’a privé du succès. » En d’autres termes, il attribue à sa personne les vertus et le mal à la personne de Dieu.

Or, quand le véritable croyant voit le résultat positif d’une de ses œuvres, il déclare : « Alhamdollilah ! Allah m’a accordé du succès. » Quand il constate un résultat négatif il déclare « C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons », attribuant son échec à ses manquements. Celui qui avoue ses lacunes reçoit des bénédictions divines et attribue toutes les louanges à Dieu quand il remporte du succès. Allah accorde Sa grâce à ceux qui agissent de la sorte. Il affirme : « Mon serviteur m’attribue ses réussites : je lui accorderai davantage de succès. »

Certaines actions insignifiantes engendrent de grands résultats. Dans un de ses sermons, Hazrat Mousleh Maw’oud (r.a.) relate ceci à ce sujet : « Le Messie Promis (a.s.) racontait l’histoire d’une femme ayant un fils unique qui partait en guerre. Le fils demanda à sa mère : « Quel cadeau voudrais-tu que je rapporte si je retourne vivant ? Dis-moi un cadeau qui te fera vraiment plaisir. » La mère répondit : « Ma plus grande joie sera que tu retournes sain et sauf. » Sur l’insistance du fils, la mère ajouta : « Apporte-moi autant de morceaux de pain brûlé que tu pourras. J’en serai certainement très ravie. »

Le fils disait que cela ne valait pas grand-chose et lui demanda si elle voulait autre chose. La mère répondit : « C’est ce qui me plaira le plus. » Ainsi, quand il préparait le pain, il en brûlait sciemment afin de pouvoir en rapporter le plus grand nombre. Il mangeait une partie du pain et remplissait des sacs des morceaux brûlés qu’il plaça devant sa mère à son retour. Celle-ci était très contente de voir cela. Il dit : « Mère ! J’ai suivi ton conseil. Mais je n’en ai pas compris, jusqu’à présent, la raison. »

La mère répondit : « Il n’était pas approprié pour moi de t’en informer lorsque tu partais. On tombe souvent malade en consommant des repas mi-cuits. Pour me rapporter ces morceaux, tu allais devoir préparer des pains bien cuits, mettant de côté les parties brûlées et consommer le reste. Ce faisant tu allais préserver ta santé. » Et il en fut ainsi.

Apparemment, c’était quelque chose d’insignifiant. Si la mère demandait à son fils de bien cuire le pain, il aurait pu répondre qu’il n’était pas un imbécile pour consommer du pain cru. »

Or, je constate que nombre de personnes commettent la sottise de se délecter de pain mal cuit. En tout cas, le conseil de la mère a préservé la santé du fils.

Le deuxième Calife (ra) continue : « J’ai mentionné [cette histoire de pain] en guise d’introduction pour le sujet de l’exaucement des prières. D’aucuns croient connaître ces conseils de base, mais n’agissent pas en fonction. Allah a décrété deux conditions essentielles pour l’acceptation des prières. Il ne faut pas les oublier. Elles sont :

فَلْيَسْتَجِيبُوا لِي وَلْيُؤْمِنُوا بِي

« Ils doivent donc M’écouter et croire en Moi. »

Il existe aussi d’autres conditions, à l’instar des salutations sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et l’aumône. Le Coran évoque ces deux conditions : certains affirment qu’ils les connaissent, mais ils ne les appliquent pas. »

D’aucuns m’écrivent m’informant qu’ils ont beaucoup prier mais que leurs prières n’ont pas été exaucées. C’est là une accusation contre la personne de Dieu. En réalité, c’est un signe de faiblesse dans leur foi. Quelques jours de cela un individu m’a dit : « Je prie beaucoup. Mes prières ne sont pas acceptées. Quelle en est la raison ? » Je lui ai répondu : « Dieu déclare فَلْيَسْتَجِيبُوا لِي c’est-à-dire de Lui obéir. Respectes-tu tous les commandements divins ? » « Non », m’a-il répondu. Nous devons analyser notre état et voir jusqu’à quel point nos actions sont conformes aux injonctions de Dieu.

D’ailleurs, on n’agit pas en fonction de وَلْيُؤْمِنُوا بِي. On croit que ses prières n’ont pas été exaucées : c’est là que la foi s’affaiblit. Tentez d’avoir une foi à l’instar de celle du Prophète Ibrahim (as). Il attribuait ses faiblesses à sa personne et le succès à Allah. Allah affirme qu’Il répondra à celui qui agit de la sorte et qu’Il acceptera ses prières.

Qu’Allah nous permette de respecter Ses injonctions, qu’Il renforce notre foi et que nos prières soient agréées auprès de Lui.

Après la prière de Jummah, je dirigerai la prière funéraire de Sayyed Asadul Islam Shah de Glasgow, fils de Naeem Shah Saheb. Le grand-père du défunt appartenait à une ancienne famille qui a rendu des services à la communauté. Le 24 mars 2016 il est décédé des suites d’une attaque à l’âge de quarante ans. Inna Lillahi Wa Inna Ilaihi Rajeoune.

Il avait été découvert gravement blessé devant son magasin et a rendu l’âme avant d’arriver à l’hôpital. Il est tombé en martyr parce qu’il était ahmadi.

Les médias et les autorités ont exprimé leur peine et leur tristesse suite à ce tragique incident. Il incombe à l’Etat d’arrêter ces extrémistes : s’ils accordent la liberté aux mollahs, ils fomenteront les mêmes troubles qui sévissent dans les pays musulmans.

Le défunt est né en février 1974 à Rabwah : ayant complété son F.S.C à la Nusrat Jehan Academy et il s’était établi à Glasgow en 1998, pour aider son père dans son business. Le défunt avait fait sa Wasiyyah et payait sa Chanda régulièrement. Selon les rapports de la Khuddam-Ul-Ahmadiya, il participait régulièrement dans les Ijtema de la Khuddam, et payait ses cotisations. Il était aussi régulier dans ses prières du vendredi et participait dans la plupart des Ijtema.

Le défunt était le gendre du docteur Nasir-Ud-Din Qamar, ancien employé de la Sadr Anjuman Ahmadiyya de Qadian. Il était atteint depuis, quelque temps, de certains troubles mentaux, qui l’affectaient par phases et qui le rendaient irritable. En tout cas, selon l’Amir régional, lors de sa dernière rencontre avec le défunt, celui-ci avait évoqué sa relation avec le Califat. D’aucuns croyaient qu’il avait peut-être abandonné la djama’at. Ceci est inexact. Il était ahmadi et est tombé en martyr, parce qu’il était ahmadi. Il participait dans tous les programmes de la djama’at régulièrement.

Shamsudin Saheb, le missionnaire de Kababir écrit à son sujet : « L’épouse de Asad Saheb est originaire de Qadian et est la cousine de mon épouse. Je lui avais rendu visite à deux reprises et j’avais même passé une nuit chez lui. Lors de ces deux occasions, le défunt m’a posé des questions sur les travaux de la djama’at et le Tabligh. Il n’avait point parlé des affaires de ce monde. Ces deux nuits, il avait accompli la prière Tahajjud . »

Qu’Allah accorde sa clémence et sa miséricorde au défunt. Qu’Il accorde patience et soulagement à la famille endeuillée, à ses parents et son épouse.

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